20/11/2011

Aux brumes de l'enfance

 

Christophe Couffinhal.jpg

 

Il était un petit bandit de grand terrain,

Un tire-laine aux mille pelotes dérobées.

Il était de ces cravateurs sans bords à reluire,

De la race des rosses à peignées.

Il était de ces destins sans poignées,

De ces mâles que personne ne réclame.

Il était de ces vies sans fil à couturer,

De tout un tas de petits comptes sans clôtures.

Mais lorsque son soleil était au plus noir,

C’est aux brumes de l’enfance qu’il aimait à se voir…

 

Photo, Christophe Couffinhal

16/11/2011

Moi mon pays

 

3589295003_2b434d7fb7.jpg

 

Moi mon pays, c’est un drôle de pays où les frontières sont franches  et doivent leur rectitude poétique à la prose géométrique et anguleuse de ce bon sieur Pythagore.

Moi mon pays, c’est un tout petit ciel où les enfants s’accrochent à un drôle de soleil pour décrocher quelques rêves qui trempent  dans les jolis espoirs de tous leurs temps forts.

Moi mon pays, c’est un étrange port où quatre misaines à l’ancre font voyager l’instant que l’on voudrait voir durer encore.

Moi mon pays, c’est cocagne ! Les montagnes s’y castagnent, les cœurs s’entre-corps alors que les bras s’en alarment tout en se mêlant très fort.

Moi mon pays, c’est un pays cocasse, ce sont les Présidents qui en restent aux bords. Alors qu’il ne faut aucuns droits de passage, pas même une carte identitaire pour tenter quelques jets qui ne seront pas toujours vains et morts.

Moi  mon pays, c’est un drôle de pays, ce sont les poches qui  s’endettent et le sourire des filles qui remboursent bien plus fort. Et les soirs de victoires, les nuits de liesse, les heures de fieste  on verse encore…

 

Mon pays n’est en déficit de rien, il n’y a pas de Banquiers de Marchés ou quelques autres Agences « notifaires » Il y a juste un tableau de marque où je dois bien l’avouer, mes défauts de paiement furent, quelquefois, bien plus abyssaux  que la dette européenne…   

 

03/11/2011

Le bon lait du pré

 

IMG_0084.jpg

 

Moi je connais des piliers en maternité,

Des ouvreurs procréateurs,

Des arrières bonnes mères,

Des mamans ovales nourrissant leurs tendres marmailles au bon lait du pré !

 

Photo, Sébastien Pultrone (l’aide précieux, de la dame ci-dessus, dans la réalisation de leur admirable dessein, assis avec elle)  

01/11/2011

Les Kiwis sont enfin gavés...

 

DSC_6981.JPG

 

Ultime nouvelle d’Auckland !

Après 24 ans de disette et une terre tremblante d’inanition, les kiwis sont enfin gavés… Promis ! On ne leur mangera pas le foie

 

Photo, Guy Pachoud

30/10/2011

Black idea in Auckland...

 

DSC_6358.JPG

 

Il y a comme ça, un drôle de pays du bout du monde, où pour ne plus avoir d’idée Black en tête, on déshabille les filles…

 

Photo, Guy Pachoud

24/10/2011

Le coeur de Dusautoir.

 

DSC_6982.JPG

 

A croire que Dusautoir n’aura pas voulu faire pleurer les fougères sur les joues de quelques enfants…

 

Photo, Guy Pachoud

18/10/2011

Miracle à l'Eden...

 

vie_miracle.jpg

 

Entre les moments de gloire et les sales moutards,

Entre les essais sublimés et les drôles de l’histoire,

Entre les rais de quelques lumières et le deuil de leur flair,

Entre le bleu de leur devoir et le noir de leurs tortionnaires,

Il faudra des tripes,

Un peu plus que de la simple colère,

S’inventer un Haka,

Croire en quelque Déesse,

Imaginer un jeu,

Et pisser sur l’enjeu,

Hurler à la mort,

Tout en  restant vivants,

Et alors, peut-être !

Le miracle se produira…

 

02/10/2011

Faites le!

 

rugby.jpg

 

Un peu marre de voir des types glabres et bien « customisés »  s’afficher en pleine ou demi-page pour des réclames de Dim, de toc et d’escroc. Marre de voir et d’entendre les discours bien policés des tops et des modèles qui ne vaudront bientôt pas plus cher que l’élastique de leurs slips pourtant bien ajustés. Loin de moi l’idée de tirer sur l’ambulance. Pas mon genre de flinguer les gaziers déjà touchés. Pas ma tasse de pisser dans le thé délavé de quelques pékins sans âmes. Je suis un tout petit vieux rugbyman. Je suis un gamin de ces cours sacrées où le rugby était la seule et dernière  matière vitale enseignée. J’ai encore le sang de Jean-Pierre Rives qui tache mon maillot. J’ai encore la voix de Couderc dans le ciboulot.

Alors messieurs je vous en conjure, foutez un coup de pied au cul de vos agents qui ne sont même pas de police, et ne vous veulent que le bien que vous leur apporterez… Déchirez-moi touts vos contrats mirifiques ! Balancez-moi par-dessus bord toutes vos fausses contraintes inutiles. Rassemblez-vous en meute. Mordez dans la chance que vous avez. Faites moi quelques razzias de comptoirs. Balancez-vous à la gueule quelques bonnes vérités.

Serrez-vous !

Embrassez-vous !

Morniflez-vous !

Faites quelque chose…

Et après, peut-être que vous irez retremper vos mimines et votre sueur dans la terre que vous avez pourtant oubliée…              

29/09/2011

4 ans!

 

101010_GUC_F_-_Pontarlier_Besancon_40.jpg

 

Voilà, cela fait maintenant quatre ans que ce blog existe. Quatre années à divaguer au fil de mon esprit, sur et à travers la chose ovale. En ce jour anniversaire, je publie à nouveau le texte qui est un peu à l’origine de la création de cet « Esprit en mêlée »

 

Passe croisée...

 

La passe pour les alcôves, trottoirs humides ou autre bois sombre parisien est très souvent payante…Au rugby bien que tout aussi intéressée, la passe est toujours offerte !

La passe ovale est un don, une offrande de soi même. Une obole répétée dans la quête dominicale des jubilations sportives…D’ailleurs sur le pré la passe est changeante. Elle peut-être tour à tour, dans l’axe, à hauteur en profondeur, voire vrillée ou même…sautée, ce qui nous amène par inadvertance à croiser notre passe avec la susdite initiale et payante…

Du reste au rugby, la passe n’est pas éjaculatoire, ce n’est pas un but, une fin. Elle est tout simplement la continuité d’une action, d’un mouvement, le prolongement de soi-même…Seule la transmission est importante, qu’importent les sacrifices, quels que soient les tourments, la Passe doit ricocher, rebondir et continuer jusqu’à atteindre le lieu divin et espéré de l’entre pagelles…

Comme quoi l’écart n’est pas si grand entre la passe sportive  vertueuse et celle moins athlétique et glorieuse dispensée dans des « stades » aux tribunes moins garnies…

 

Photo, Philippe Durand

26/09/2011

Les dents des regards.

 

 

Muddy line-out.jpg

 

Il y a des terreaux où les culs-terreux mangent la terre avec les dents de leur regard.

Drôle de mine, où la même pépite anime toujours les mêmes fards…

 

Photo, Peter Bush. (Découvert par l’entremise de Sophie)

18/09/2011

Les Elans in New Zealand.

 

1322047041.jpg

 

 

Tu sais, il y a comme ça des ciels où je voudrais être.

Un nuage sous lequel j’aurais aimé être douché.

Sentir mon sang aux antipodes battre.

Renverser mon cœur vers ces îles inversées.

Partir là bas rien que pour seulement pouvoir y courir.

Y aller simplement pour continuer à jouer…

 

Mais je n’y suis pas et je dois me contenter de rêver tout cela. Rêver ou regarder mes frangins aux vieilles aiguilles, me tricoter sur le pré ou sur les zincs malfamés l’histoire d’une belle tournée. On a toujours de bonnes raisons pour ne pas faire les choses que l’on désire pourtant vivre… Aujourd’hui, ces prétextes me semblent quelque peu futiles. Je vous livre donc ces photos sur lesquelles je voudrais pouvoir rajouter ma face, et être tout à côté de mon ami Ross(le premier en bas à gauche, sur la première photo) qui a su si bien recevoir mes vieux,  mes gras, et Gros Élans. 

 

1226899091.jpg

       

13/09/2011

Les Contes à la Coupe...

 

pghp-print[1].JPG

 

Avec mon ami Salvi.

Comme l’équipe de France.  

je serai, modestement, un peu, moi aussi à Napier ce week-end…

05/09/2011

KAPPA.BLE

 

2011 07 08 FCG Alpe Huez 0002.JPG

 

 

K

A

P

P

A

B

L

E

 

Des fois la réussite ne tient qu’à une seule syllabe…En même temps, quand c’est à :

 

G

R

E

N

O

B

L

E

 

Cela devrait être un peu plus facile !

 

Photo, Matthieu

03/09/2011

Du poids des bagages...

2011 07 08 FCG Alpe Huez 0010.JPG

 Etrange ! Alors que l’actualité est au rugby, j’ai du mal à me remettre à la pratique du blog. Je crois bien que mon esprit continue à faire de jolies boucles avec les méandres verdoyants et sinueux de la vallée du Lot. Ou alors mes pensées sont restées au sommet des Glandasses, à l’extrémité sud du Vercors. Sur ce balcon où tu peux voir toute la Provence déliter ses couleurs dans les brumes du soleil d’août.

Jai posé mes valises. Alors que d’autres vont s’embarquer pour un tout autre voyage. Pour certains c’est une croisière au long cours qui s’engage aujourd’hui, pour le bleu et le rouge de mes grenoblois, la traversée durera près de dix mois. Pour les bleus tout court, l’envolée australe est beaucoup plus courte… Mais pour les uns comme pour les autres, je crois bien qu’au départ, les valises peuvent être aussi lourdes que de la fonte…

Pour mon plus grand bonheur, et aussi pour le votre, j’espère tout au fond de mon cœur, que les cartes postales seront des plus belles…

 

Photo, Matthieu    

 

22/07/2011

C'est campos!

 

181538_132196940183354_127498413986540_200594_5081152_n.jpg

 

Voilà, c’est campos,

Je range le matos,

Je parque les engins,

Je dégonfle les baudruches,

Je démaquille mes lignes,

Je laisse la folie aux herbes de mon pré,

Je colle un mouchoir sur mes chagrins,

J’embrasse mes espoirs et toutes les jolies filles qui le veulent bien.

Je pars faire ricocher sur les eaux du Lot et de la Garonne tous mes rêves oblongs qu’elles voudront faire chanter.

 

A bientôt !

 

Photo Salvi

 

PS : L’expo « Contes de Pagelles » devrait faire un petit voyage jusqu’en Nouvelle Zélande. Je vous en dirai plus à la rentrée…   

07/07/2011

Rien qu'une seule...

PEPPINO.jpg

Voilà, Peppino est en terre. Je pourrais essayer de faire un diaporama éclectique  de toutes ses heures passées à défourailler au bord du pré pour capturer l’esprit, le vrai ou l’indicible de ce jeu merveilleux. Mais j’ai préféré choisir une photo, une seule ! Une photo que j’avais publiée il y a plus de deux ans déjà sur mon « Esprit en mêlée ». Une simple prise, une capture de trois moineaux accrochés à  la main-courante un soir de pro D2 à Lesdiguières. Il y a dans ces trois serins toute mon enfance, tout mon amour pour le rugby, toute l’affection que depuis plus de quarante ans je transpire pour lui. Et mon Peppino, ce soir là, en un seul clic, avait su saisir tout ça….      

03/07/2011

Ciao Peppino!

 

PEPPINO.jpg

 

Tous les jours il y a des cœurs qui s’arrêtent. A chaque instant il y a des âmes qui s’envolent, des destins qui s'achèvent. En ce samedi 2 Juillet, sur la marge du FCG, sur les bords de Lesdiguières, c’est un regard qui nous a quitté. Ces yeux qui se sont fermés, étaient bien plus que les pourtant précieuses pupilles à l’iris délavé qui s’éclairaient à chaque évocation des batailles légendaires de la maison eu rouge et bleu. Ce regard focus capturait avec ses sentiments numériques toute la jeunesse et toute la fierté du rugby grenoblois. Il immortalisait la marmaille, les rêves et les pleurs, les gloires et les larmes. Il enrichissait les victoires, et saisissait les sueurs d’avant et après les combats. C’est tout son amour pour une ville, pour un club, pour une famille qu’il offrait à travers ses photos. Il était de ces hommes qui sont de l’endroit où ils vivent. De son Italie natale, il avait gardé son magnifique accent, et pourtant, sa moustache gauloise et rieuse nous laissait croire que c’est dans l’entre Chartreuse et Vercors qu’avait grandi son âme d’enfant.

Peppino était de ces garçons que l’on aime tout simplement, car il goûtait à la vie, au jeu et aux instants présents. Comme l’on goûte à l’ovale, à l’amitié et aux hommes qui vous y invitent…

 

Antonio Contorno,  dit Peppino était le photographe officieux le plus officiel de toutes les équipes du F C Grenoble rugby. J’ai moi même tout au long de ce blog publiait plusieurs de ses superbes photos. Il s’en est allé samedi matin au bord du pré où s’entraînait le groupe professionnel. Il est parti au milieu des joueurs, terrassé par un arrêt cardiaque.

Je lui rends ici un vibrant et affectif hommage et lui dit :

« Ciao Peppino ! »   

21/06/2011

La première ligne de Clémentine!

 

179.JPG

 

Voilà une première ligne de bras et de sang mêlé. Quelque chose d’ovale et de chromosomique nous relit un peu plus loin que la simple fraternité. Je suis là, pilier un peu gauche de cette émouvante tête de mêlée. Nous fêtions les 80 ans de notre mère avec les deux frères qu’elle m’a généreusement donnés. Au milieu, mon gros, mon vieux, mon généreux et revêche ainé.  Et de l’autre côté, Titus, le petit dernier, le play-coach, le rugby-boy, amoureux et passionné de ses équipes de jeunes qu’il emmène bien plus loin qu’elles ne pouvaient l’imaginer. Sur nos épaules, des paletots de l’ASM offerts par Guillaume, l’engeance de  notre frangine depuis longtemps émigrée au pays des volcans et des hommes vulcanisés.

J’aime cette photo, et je souhaite pouvoir la refaire dans dix ans, pour les 90 ans de notre Clémentine.       

 

16/06/2011

Entre les cornes...

 

lvd04vv.jpg

 

Des regards, des peurs, des rêves et l’autographe des cornes sur les dermes émaciés… On aime ou on aime pas la corrida, mais on peut essayer d'entrevoir ce monde en découvrant ce livre

 

Un livre d’Antonio Aravelo, photos de Bruno Lasnier.

Aux éditions Culture Sud

06/06/2011

Le Brennus et la couleur des frontons...

 

254076_154004501335931_127498413986540_322973_2439459_n.jpg

 

En fin de batailles,

Tout au bout des mi-temps,

Les guerriers en rupture de chamaille,

Laissent aux mains des enfants,

L'écu où s’accrochent encore,

Leur sueur,

Leurs larmes,

Leur sang.

 

A croire que dans cette ville de briques, c’est le cruor de toutes leurs victoires qui a coloré tous les frontons !

 

Photo, Salvi