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26/03/2013

Dessine-moi un Champion!

 

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Merde ! Je n’y suis plus…

J’sais pas vous, mais moi samedi soir je n’y étais pas. C’est à croire que j’avais encore la tête dans le long nuage blanc de cette terre ou les rugbymans sont tout en noir.

Non ! Je t’assure, je crois bien que j’ai fais semblant. J’étais là, mais ma gueule n’y était pas. Bien sûr que j’ai posé mon cul dans la tribune, mais pas une fois il ne s’est bougé des gradins. Et je ne te parle même pas de mes trippes, pas un seul spasme, pas même une petite colique. Pas la boule des soirs de grande fortune. Pas l’impatience qui d’habitude me va si bien.

Tu sais, de ces soirées perpignanaises, de ces flamboiements toulousains. De ces soirs dantesques où le navire chavire quand la barque tourne bien. Les poings levés et la tête à l’envers,  le corps en embut et la fête à la bière. Etre tout simplement content, quand tout va bien…

Non, je t’assure ! Il manquait quelque chose, il n’y avait pas l’effluve des grands soirs, l’odeur de la peur, l’odeur des chasseurs. Il n’y avait pas le truc magique, la poudre de perlimpinpin…

 

Bien sûr, que je me suis pointé à la buvette tennis, que j’ai serré les mains. Mais tu sais, au bord de ce vieux comptoir historique, là où il fait toujours beau. Les tronches y étaient, mais pas les mots. Il n’y avait pas les fantômes, les oiseaux. Et je te dirais même que je n’ai pas senti Peppino. Même les coureurs de la main-hurlante ne me semblaient pas chauds. Pas le feu non plus sur les bancs, sur les tréteaux. Et je ne te parle même pas de la froideur des souliers vernis, là-bas, tout en haut…

 

Je crois bien qu’il faut que je me l’avoue, jusqu’au maintien j’ai tout donné ! Après, tu crois qu’il suffit de se pointer pour que la musique recommence… Mais tout doucement, sans que tu te méfies, la partoche s’effiloche, ça cacophonise, tes instruments non plus le La et tes solistes t’abandonnent.

 

Il me semble qu’aujourd’hui, j’ai besoin d’un autre rêve. Tu sais un truc collectif, une utopie, une fable, une chose mythique. Il y a quatre ans on n’imaginait rien de tout ce qui est arrivé. Alors modestement, comme le Petit Prince, je te le demande Fabrice !

« Dessine-moi un Champion ! »

 

Grenoble 9 / Montpellier 16                      

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