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21/02/2013

Je me sauve!

 

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Voilà, demain je me sauve. Je m’en vais. Je pars voir aux antipodes si la tête est vraiment à l’envers. Trois semaines pour saisir le pays du long nuage blanc. Trois semaines pour embrasser quelques amis et leurs horizons. J’essaierais en route de poser ici quelques images, quelques vues et quelques mots pour raconter mes pas. Pourtant, étrangement, j’ai toujours eu du mal à photographier mes voyages, comme si vouloir se saisir de l’instantané me privait d’une part de rêve. Le souvenir des gens et des lieux est bien plus précieux planqué tout au fond du disque dur de votre souvenance…

 

A très vite !

19/02/2013

Quand les piliers se marrent...

 

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Tu sais, c’est de ces instant où les frimas colle aux doigts, où les essais sont givrés, où la terre comme le moral se détrempent.

Tu sais,  c’est toujours à ce moment là que les piliers s’en mêlent, que les talons font front, que les fronts s’affrontent. Que le bel esprit en mêlée nous le démêle, que les premières barres se marrent, et que la victoire les drague.

Tu sais, il s’agit de ces joueurs cubiques, de ceux à qui d’habitude les beaux gosses font la nique. Et bien, c’est dans ces fameux soirs thermomètres dans ces nuits refroidies que les piliers libérés te réchauffent et accrochent enfin le sourire des demoiselles.

 

 

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Photo, Jacques ROBERT. fcgrenoble.com

 

12/02/2013

Tu sais Fabrice...

 

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Bon. Tu sais Fabrice. Je ne vais pas m’amuser à tatouer sur la couenne  de ton moral amaigri toute la litanie des chagrins en tribune. Je ne vais pas non plus te filer la liste et son caddie pour que tu fasses volontaire toutes les commissions attendues par toute la smala des rombières ovales. Je ne dégueulerais pas le moindre procès verbal. Je ne vomirais pas sur mes godasses pas très reluisantes toutes les sentences dont je me suis pourtant goinfré…

 Non. Ma requête bien que sportive, à pourtant un caractère personnel et familial. Tu le sais, depuis quelques années, mes coïts amoureux se conjuguent en rouge et bleu. Ma douce moitié, le soleil de mes aurores, la prunelle de mes doubles foyers, l’astre de mes nuits sans étoiles, a pris la gourmande habitude que je l’honore, vaillant comme un pilier, à chaque fois que ton équipe marque un essai. Et là, mon cher manager, je dois bien reconnaître que depuis plus de deux saisons, tu as eu l’embut prolixe. Tu as gâté ma dulcinée au-delà de toutes ses humides espérances. Au détriment d’ailleurs d’un prépuce que je sens l’âge venant un peu moins enclin aux multiples voyages…

Je disais donc que mon accorte et moi  nous étions en accord !

Tout allait bien jusqu’à ces dernières semaines. Bon pour moi cela était un peu comme des vacances. Ma raideur soufflait, son derme échauffé reprenait son teint d’adolescente.

Mais tu sais comme sont les femmes (enfin surtout la mienne…) Madame a ses habitudes. Son biorythme orgasmique est maintenant aussi bien réglé que la botte de Wilkinson. Elle transforme, elle valide tous les plongeons victorieux. Moi je ne suis que sa chose, son instrument. Tu comprends bien qu’aujourd’hui nos rapports, grâce à toi, sont un peu distendus.

Alors Fabrice, je t’en prie, fais quelque chose !

Menace. Punis. Rabiote les salaires. Supprime les primes. Renvoie dans les talenquères. Ou bien même chez leurs mères. Mais diantre ! Fichtre ! Que tes joueurs. Que nos joueurs, rendent à ma femme le bonheur !

 

Tu sais Fabrice, bien plus que les essais, bien plus la félicité de mon aimée. Et peut-être même bien plus que la victoire. Ce sont les têtes levées, les corps fourbus, la fierté partagée, le maillot mouillé, et quoiqu’il arrive, le devoir accompli qu’il ne faut pas laisser s’envoler. Toutes ces choses qui sont aussi précieuses que fragiles, aussi difficiles à construire qu’à conserver…

 

PS. Elle compte sur toi contre Agen.

 

Bien à toi.