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05/12/2012

Lucas m'a "tué"!

 

 

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 Lucas m’a tué !

Ou bien alors si vous me trouvez un peu excessif, on dira qu’il m’a mis à « oilpé ». Qu’il m’a découenné le slibard, déshabillé les frangines, fendu mon restant d’âme et écorché tout net ma belle sentimentalité fleurant à l’envie les relents de cerneaux moisis et la pétafine aussi négligée qu’une vieille demoiselle n’ayant eu pour tout amant que le bâton sec et rugueux servant à tourner dans des gamelles pas non plus jeunes la bonne polenta de nos frères bergamasques !

Oui il m’a tué !

Ho non, il ne m’a pas saigné comme un goret, mais plutôt tué à la manière freudienne… Il m’a tué obligé comme un fils tue son père pour pouvoir grandir. Il a tiré un trait sur ces belles années où je l’ai vu se mettre debout, campé sur ses deux jambes et sur son joli mental, où je l’ai vu avec les yeux de l’amour, où je l’ai vu avaler quelques montagnes, où je l’ai vu cravater quelques essais et oindre à qui de droit quelques jolis placards.

Depuis la reconquête, il était comme mon gamin, lui et son frangin, je les avais adoptés !

Il était mon petit gars ovale, toujours fier et valeureux, toujours en rouge et bleu. Il était le baromètre de mon trouillomètre. J’sais pas pourquoi, mais rien qu’à le voir, j’avais l’impression que rien ne pouvait arriver. Qu’avec lui, le FCG, c’était mieux que la sécurité sociale !

Et puis voilà, tout d’un coup, tout de go ! Voilà que le moufflet veut s’en aller.

Putain ! J’en ai les larmes au groin, j’en ai les crampons à l’estomac et l’huile camphrée ne lubrifie plus que mes vieux viscères.

J’ai comme une envie de le maudire, de le renier, voire de le bannir ! D’arracher sa belle gueule de la porte vermoulue du placard décati de mon affect.

Et puis tu sais quoi ?

Et bien je n’y arrive même pas ! Je n’arrive pas en en vouloir à ce foutu gamin. Parce que son rugby, ce n’est plus le mien. Ce n’est plus le rugby de l’amitié, le rugby à jamais, le rugby des virées, et des frères d’armes.

Aujourd’hui, le  rugby : c’est surtout son avenir, c’est sa carrière, c’est son boulot, c’est savoir choisir, et peut-être se tromper aussi…

Alors Lucas, je vais juste te souhaiter bon vent. Je vais juste espérer pour toi le meilleur. Je vais te voir partir avec l’espoir de te voir grandir encore… Mais je ne peux m’empêcher d’espérer aussi, que ceux qui vont rester te feront regretter de n’être pas resté attaché au décor de Lesdiguières…

 

 Photo : Lucas Dupont, jeune joueur emblématique et en devenir du F.C.G, qui devrait porter la saison prochaine les couleurs de Montpellier.

 

                       

Commentaires

Si c'est toujours les meilleurs qui s'en vont, qu'est-ce qu'on fout encore ici ? ;)

Écrit par : Christian | 09/12/2012

Je me le demande mon cher Christian!
Mais étrangement, personne ne nous appelle....

Écrit par : pierrot la tombal | 10/12/2012

J'aime beaucoup ton texte, Pierrot. Oui. Beaucoup. Je t'embrasse. benoit (rugbymane)

Écrit par : benoit | 24/01/2013

Ca fait plaisir Benoit! Je t'embrasse aussi.

Écrit par : pierrot la tombal | 24/01/2013

Les commentaires sont fermés.