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11/04/2012

Sept ans après...

 

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Il y a sept ans, le matin d’un match qui devait être vital, je postais sur le forum du F,C Grenoble, un message qui allait m’amener à écrire un peu plus que je ne l’aurais cru… A ma grande surprise, le lendemain, ce message fit l’introduction de l’article de  Michel Garcin dans le Midi Olympique sans pour autant avoir réussi le miracle qu’innocemment je l’avais chargé. Notre équipe avait perdu. Le FCG partait à vau-l’eau. Et son futur ex président continuait à confondre son bourru de  manager british avec le sourire ultra brite d’un défunt crooner hollywoodien…

          

Ce message était celui-ci :

 

« Voilà les gars, je ne sais pas si vous êtes des professionnels avec des contrats aux closes libératoires, aux alinéas carcéraux, primes de maintien ou intéressement de descente. Je ne sais pas si les quinze qui vont entrer sur le terrain sont les meilleurs ou les copains de l’entraîneur, que peut-être on aurait dû mettre untel parce qu’il va plus vite ou un autre parce qu’il est de la région (si ce n’est que ça, je vais leur trouver des mémés et des pépés qui ont inventé la noix, la houille blanche et le remonte-pente). Tout ce que j’espère, c’est que comme moi le matin d’un match où tu joues la descente. Tu te lèves avec la boule au ventre et t’as l’impression d’avoir avalé toute la mauvaise foi des présidents du monde. À midi, la première bouchée, tu l’as dans la entre les dents mais elle ne passe pas. Du coup, tu ne bectes rien et même ce rien tu le dégeules dans les douches trois minutes avant le match, t’as envie de dire allez-y sans moi, je ne peux pas, je suis une merde, un incompétent, je vais rester là à ranger vos petites affaires, à faire un peu de ménage. C’est à ce moment-là que ton pote Jojo, il te tire un coup de tronche de tueur d’abattoirs, te dit que t’es le meilleur, que tu vas faire gagner le match. Tout à coup, tu fais deux mètres de haut, t’es Conan le barbare. Le premier gus qui se présente, tu le pulvérises, il part en orbite, t’es pas un plaqueur, t’es la muraille de Chine et ton type en face, pour lui, ton embut n’est plus qu’un vague souvenir, une terre inconnue, un truc inaccessible.

Là, tu fais un match à faire mettre à genoux les pesages, mettre au garde à vous les tribunes, pleurer les jeunes filles, se signer les grands-mères. Une clameur monte si haut que même dans le Vercors ils applaudissent, du coup la Chartreuse est jalouse. Tu fais rougir les Trois Pucelles, elles n’ont qu’une envie, c’est de descendre t’embrasser. Tu sors du terrain, t’es plus qu’un gagneur, t’es plus qu’un vainqueur, t’es un torero, t’as les deux oreilles. Et le soir à la bière pas besoin de se parler, juste boire un coup, rire et chanter. Tu voudrais que ça dure toujours, que la nuit ne s’arrête jamais, toi et tes soudards, vous êtes les plus grands, vous êtes les plus beaux. »

 

Sept ans plus tard, je réalise le chemin parcouru. Bizarrement, j’en suis à me demander si je ne devrais par remercier le destin qui nous fit basculer dans la fédérale humilité et dans les joutes anonymes de ces enceintes fanées où l’on réapprend à respirer ovale sans les appareils incertains de la ligue hôpital qui entretient les fragiles équilibres sur le fil ténu des droits télévisuels et autres règlements aléatoires… Et j’aime à croire aussi que ce message lancer avec le désespoir au cœur un matin de tristesse aura fini par rester accroché aux limbes éternelles, aux esprits bienveillants qui imprègnent à jamais les matures et les vergues de ce bon vieux Lesdiguières. Je crois sincèrement que nous sommes repartis de la base, avec les hommes et les projets tous imprégnés d’une bonne dose d’humilité. Avec l’ambition de ne pas voir plus loin qu’un certain horizon. Avec quand même un vrai désir de rebâtir plus haut et plus fort qu’autrefois, de reconquérir prudents toutes les territoires perdus dans les illusoires desseins aux lignes approximatives…        

Alors, je voudrais ici,  remercier sans forfanterie aucune, ce bon président Chérèque. Ce lascar avec qui j’ai partagé le maillot sous quelques joutes arthritiques, et autres parties rhumatisantes. Cet ami, à qui je dois avouer, qu’il m’impressionne bien plus par sa conduite sereine des affaires professionnelles et sportives, plutôt que par ses charges « rageuses » qu’il essaya de me faire admirer au sein de notre horde des Gros Elans. Troupe qui survit sans lui, qui grossit avec lui, et qui vieillit aussi avec lui-même… Je mets dans le lot, Landreau et ses deux compères de bord de lignes. Et bien sûr, tous les joueurs qui firent sept ans durant le si beau « métier » de passeur d’ovale.

Il faut évidement que j’exprime là ma seule réserve. J’ai toujours aimé le rugby de la jeunesse. J’ai toujours cru en la salvatrice formation. Et il faut le reconnaître, celle du F.C.G. est tout à fait remarquable. Il me semble aussi que l’on a peut-être pas toujours donné à quelques éléments en devenir la chance qu’ils auraient méritée. Je pense à John Quinnez, à Hugo Dupont bien sûr, et à quelques autres aussi… Je crois qu’avec un peu plus de confiance, ils auraient pu passer le cap. L’avenir est certainement à eux, mais sous d’autres horizons…Je le regrette !

Je ne pourrais pas terminer ces quelques mots sans évoquer mon cher Peppino. Je crois dur comme fer que de son paradis rugby, il a aidé à forger de toute son âme les belles et brillantes victoires de ses « petits ». Il faudra au bout de l’aventure, lui dédier la belle histoire que furent ces sept magnifiques années.   

 

               

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