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01/03/2011

Tournoiement à Edimbourg: The End!

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Décidément, cette journée semblait placer sous les meilleurs MAPA (synonyme d’auspices ou plus précisément d’hospices en ce qui nous concerne…) deux victoires françaises accrochées à notre tableau -Là je t’arrête lecteur ! Je vois bien que tu ricanes. Dis-toi que notre victoire est largement aussi importante que celle des bleus. Car c’est un succès authentifié ! Acquis dans des conditions d’ébergement déplorables ! Financée par une carte bleue muette, sans code, ni cryptogramme, autant dire inutile ! (bon là, c’est vrai je charrie un peu, car nous en avions une autre beaucoup plus efficace et généreuse, ce qui compensa largement la pingrerie d’un certain trésorier qui ne devrait pas le rester longtemps d’ailleurs…)  Sous la houlette d’un triste sire aussi compétant que Georges le fantôme ou un pet de cet in-con-pétant de président  Pino- Donc je me répète, DEUX victoires brillaient dans notre ciel pas encore étoilé (à ce moment là, il n’était que 17 heures environ…) Nous prenions donc congé de nos hôtes, qui voulaient à tous prix que l’on emportât les restes mortifiés de leur buffet sans vie…poliment nous refusâmes avec tact et doigté. D’ailleurs Fabrice notre coach bilingue (ses nombreuses conquêtes peuvent en témoigner…) Suggéra avec beaucoup d’à propos que la SPA locale devrait être très heureuse de nourrir son chenil avec ces restes royaux. Et moi, je conseillais quand même, d’en garde deux ou trois sachets pour mon morfale de Béru qui depuis sa plus tendre enfance se nourrit toutes les deux heures de tout ce qui lui tombe sous la canine (oui, oui ! au singulier, il n’en a plus qu’une…)  Nous serrâmes les  louches des vaincus et embrassâmes les plus belles de leurs femmes (privilège des vainqueurs…) et nous partîmes sans tambours ni trompettes voir si les bocs sonnaient mieux ailleurs.

Tu sais comme moi, fidèle reader, que les triomphes se fêtent.  Il nous tardait de bénir notre apothéose dans une chapelle des plus ardentes. De faire à l’envers le parcours divin que les saints d’ici avaient dessiné tout au long des étapes bénies que sont les pompes à bières (mais pas funèbres) distribuant pourtant à longueur de vies les extrêmes onctions de fin de nuit (putain ! elle est pas belle cette phrase !). Donc pour faire court, nous montâmes à l’abordage du premier pub mal défendu que notre équipage de pirates pilla sans aucune retenue…

A 20 heures notre excellent Nigel, nous avait réservé une table au Maxi’s. Restaurant réputé de bonne tenue, proposant une cuisine écossaise d’excellente qualité, chic mais pas guindé, où d’après lui, notre tempérament latin pourrait exprimer toute les déclinaisons de notre savoir vivre fleuri…

Seulement, à 19 heures 30 précisément, le financement de cette étape gastronomique nous claqua entre les doigts. The plastic money card de notre Nicolas bien aimé poussait son dernier soupir entre les lèvres pas tellement pulpeuses de son ultime amant de passage. Cet enfoiré de distributeur de billets refusait obstinément de nous livrer quelques livres… Il faut dire qu’il avait déjà beaucoup donné, trois mille pounds en deux jours, il fallait bien reconnaître que nous avions fini de traire la bête… Heureusement, le Mich de chez Perrin, notre excellent ex-coach, travailleur méritant de France Télécom, le Mike Giver de l’anti dépression et de la transmission numérique séminale, eut la sublissime idée d’appeler Pino, notre cher président déficitaire et immuno-déficient en science comptable et gestionnaire…

A genoux sur le trottoir, notre spécialiste en bigophonie expliqua dans les grandes largeurs l’ampleur de notre désarroi à la gouvernance sérénissime. Celui-ci, généreux et prolixe (quand il ne s’agit pas de sa propre bourse…) fidèle à ses origines mafieuses et trafiquantes nous délivra sans broncher le code de la cassette grosélandaise. La totalité des genoux de la bande rejoignirent ceux du négociateur sur le pavé détrempé, un immense « Alléluia » résonna entre les walls de la stree et nous partîmes ragaillardis vers notre dîner espéré.

Resto feutré, décor cosy, haggis de bonne éducation, saumons et agneaux estampillés Scotland, nous avions ici une bonne adresse. A part pour le vin, dont l’origine clandestine semblait plus obscure que les fondements de l’église anglicane tout entière.

Pour tout te dire mon cher anagnoste (bon là, les moins burnés au niveau du savoir prennent un dictionnaire…) il n’y avait pas foule dans notre auberge. Deux ou trois tables galloises nous accompagnaient dans nos agapes, l’ambiance  était un peu morose, voire mélancolique comme une amoureuse un matin de chagrin. Tu nous connais mon bel esclave (seuls ceux qui auront pris leur dictionnaire un peu plus haut, peuvent suivre…) quand il s’agit d’ambiance, le Gros Elan s’agite ! On a commencé par un Flowers of Scotland de bonne tenue, et puis Max, notre légionnaire légendaire, soixante quatre ans de conflit avec lui-même, membre émérite du front de libération de la croix de Savoie et de quelques unes de ses frangines, Chevalier du taste-vin des Abymes et des enfers, se mit au garde-à-vous pour nous pousser une émouvante Marseillaise. Quand un légionnaire monte au front, la troupe le suit ! Et là, entre ces murs historiques et une bouchée pas encore avalée, nous avons fait vibrer les cordes de nos armes vocales, nous avons rempli les sillons profonds de cette rengaine révolutionnaire et nationale du sang pas très frais de nos voix pas très justes, ce qui nous amena quand même, à faire suivre tout le répertoire… Les tables galloises nous applaudissaient de tous leurs poireaux. Les cuistots venaient même nous embrasser. La serveuse faisait un œil de velours à  ce grand fou de Claudius qui l’avait émoustillée dans un solo vibrant d’une version naturaliste et érectile de la célèbre comptine « L’homme, la femme, le chien ». Il n’y a que l’aubergiste qui décidément n’arrivait pas à apprécier nos belles chansons réalistes et imagées… A maintes reprises il vint pour arrêter cette représentation magnifique et spontanée. Et à chaque fois, mon Béru lui faisait sentir la grosse verrue qu’il arbore en bord de lèvres en lui faisant, sans respirer, un baiser des plus énamourés… Le type était devenu fou. A la fin, il nous a jeté l’addition sur la table, sans que nous n’ayons pu prendre le moindre entremet final.

Tu sais bien lecteur assoupi, que le vieux rugbyman sait toujours remercier la gent généreuse. Nous décidâmes donc sans façon de gratifier ce goujat hôtelier de la plus belle des sortes. Tout le bataillon prit de concert sa chaise sur l’épaule. A peine un instant pour accorder nos sièges musicaux. Une main sur la glotte et l’autre au maintien de notre cornemuse empaillée, et nous étions parti pour le défilé de la garde royale. Nous fîmes trois fois le tour du resto, saluant au passage toute la gentry Wales présente. Public qui était d’ailleurs au bord du décès tellement le rire les étouffait. Nous décampâmes ainsi au son si doux de nos musettes organiques…

« Woin woin woinwoinwoin Woin woiiiinnn…”    

Nous avons empilé nos assises sur un trottoir, 50 mètres plus loin, quand notre morceau folklorique prit fin… Sur le pas de sa porte, le patron atrabilaire hurlait à la mort !

 

Dis lecteur béni tu veux connaître la suite ? Bon d’accord ! Je te la fais présentement…

Tu ne me croiras pas, mais dans cette calédonienne capitale, c’est un pub irlandais qui nous tendit les bras. C’est la musique tout d’abord qui nous attira dans ses entrailles. Trois jeunes gaillards, officiaient aux instruments, des pointures,  aux classiques airs de l’Erin, d’autres plus pops, et certaines chansons des Pogues. Et pour les écouter toute une belle assistance variée et intergénérationnelle. Moi tu sais, je les sens bien ces doux instants. Je les hume ces moments sacrés et vénérables où l’on va pouvoir mettre le feu au décor… Et là, je dois dire que mon instinct naturel de chasseur d’émotion ne me trompa point.

L’anglo-saxon est un garçon plutôt stoïque, qui ne sait pas faire deux choses à la fois. Quand il y a de la bière de la musique et des demoiselles, il s’occupe avant tout de la première… Il est accoudé avec sa brune ou sa blonde gazéifiée, et les femmes pourtant sans barbe se rasent… . Je n’ai jamais pu supporter la mélancolie féminine, et ce soir là, il y avait pas mal de spleen à recolorer. En quelques notes et deux ou trois mesures, nous avions déjà remaquillé de la donzelle. Nous allions chercher les gamines, leurs mamans et quelques grand-mères. Une poignée d’étudiantes espagnoles un peu perdues sans les trompettes de la faena, finirent avec nous sur le sable de l’arène au milieu de notre corrida ! Les filles tournaient à bras rompus. Les chopes tintaient à nos oreilles émues. Nous étions biens ! Nous étions heureux ! Nous étions vivants ! 

La piste brûlait, les musicos se régalaient, la transe tournait au paroxysme… Quand une nana m’attrape par l’épaule et me dit :

« It’s funny, for a Welsh, you dance as French!”

Et moi de lui répondre :

« It’s normaly, ma chérie, I’m born dans les genets de ma douce Lozère ! D’ailleurs tu vas voir, je vais te montrer ma spécialité Folklorique… »

Et je grimpe sur le comptoir ! Ça tombe bien, la musique est lascive…Jeu de hanches suggestif et je vire mes deux godasses. Les filles se mettent à hurler. J’envoie ma chemise au pressing ! Merde les filles redoublent ! Bon dieu, c’est bien parti, je vais faire un triomphe !

Seulement là, il y a les deux sbires de l’entrée, harnachés comme des héros des forces spéciales, qui se pointent.

« Come down, and fast ! »

Moi :

« Attends grand, je peux pas faire ça aux demoiselles, laisse moi juste deux minutes, tu vas rigoler ! »

 L’autre :

« DOWN !! »

Et il me choppe le mollet à me faire péter les veines… Là j’ai compris qu’il valait mieux que je descende d’un étage… Mon public était déçu, et ma bande morte de rire. Ma questionneuse qui s’était égarée sur mes origines me ramena mes frusques, et le sbire me fit la bise…

Puis on remit le fire au floor, jusqu’à la fermeture, à deux plombes du mat’ !

Une mamie, qui trois heures avant m’avait juré qu’elle ne pouvait pas danser à cause de ses vieux genoux, ne voulait plus quitter la piste. Elle a fini par partir, tirée par son mari incrédule. En nous quittant, elle nous envoyait des baisers à pleines mains !

C’était la fin d’une journée bien remplie. Mon Béru me soutenait pour le retour. Nous étions contents comme des enfants.

Tu sais mon doux lecteur, c’est un peu cela que l’on recherche avec ma tendre bande. C’est retrouver le bon air de l’amitié, et les heures heureuses de nos âmes de potaches. C’est rire, c’est manger, c’est boire, et courir encore un peu…Et surtout croquer à pleine dents les moments joyeux que nous accorde le temps…

 

Le lendemain, alors que mon esprit et mon foie hésitaient entre l’Alka et le Seltzer, nous vécûmes les heures obligées de l’attente dans le no man’s land aéroportuaire où seuls survivent quelques sandwichs sans patrie…

 

The End !

 

N B. les faits de ce récit ne sont en rien fictionnels. Il s’agit de faits bien réels, vécus et bus jusqu’au fond du verre et à peine déformés par ma vision un peu troublée... Toute ressemblance avec une quelconque histoire inventée ne serait être que fortuite…

 

Remerciement : A Francis pour son organisation qui fut malgré mes dires…Irréprochable. A Nigel pour son extrême gentillesse et son accueil. A la bande de vieilles cornemuses en shorts pour nous avoir permis de courir encore un peu, et pour leur sympathique réception d’après match… Enfin à tous les participants de cette escapade joyeuse et délirante !              

Commentaires

Les textes trop longs ....

Écrit par : BétéBorné | 04/03/2011

mort de rire… excellent!^^
je peux venir au prochain tournoiement? :)

Écrit par : Christian | 09/03/2011

Je sais bien que c'est un peu long mais cette prose est avant tout destinée à ma bande aux dents et aux crampons élimés... Après, seuls ceux qui sont assez courageux pour lire mes mots un peu gras et épais aprécieront ou pas cette "envolée"...
Mais je dois dire que ce feuilleton à quand même fait grimper les visites journalières, tout en faisant débander les commentaires... Etrange non?

Quand tu veux, tu viens Christian! Mais je dois te prévenir que l'intronisation est terrible...

Écrit par : pierrot la tombal | 09/03/2011

J'espère bien! =)

Écrit par : Christian | 09/03/2011

Merci Pierrot !
J'ai bien rigolé : vous avez foutu un sacré bordel là-bas !... arrivé au bout de la lecture j'avais l'impression d'avoir mal à la tête et la langue en carton... (Pourtant je rentrais tout juste d'une rando 100% halal dans le désert du sud marocain :o)

Écrit par : Pascalou | 09/03/2011

Pour un peu, tu étais en Lybie avec le véritable espoir d'avoir la langue en carton sans avoir mis un seul pied dans un derrick de bière..

Écrit par : pierrot la tombal | 10/03/2011

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