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28/02/2011

Contes de pagelles: L'expo!

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Voici l'affiche de l'exposition de Philippe Roussel, alias Salvi. Qui me fait l'immense honneur d'exposer mes mots accrochés à ses vues...

27/02/2011

Au jardin...

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Entre les choux,

Entre les fleurs,

Entre les choux-fleurs,

Il y a toujours un talonneur qui pousse…

 

Photo, Salvi

26/02/2011

Tournoiement à Edimbourg: part 5

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Nigel !

 

Dimanche matin : La tintaine dans le ciboulot et l’haleine plus chargée qu’un triporteur de la banlieue de Beyrouth, nous étions pourtant, avec mon alambic vertébré de chambrée, dans les premiers sur la ligne de départ pour le grand prix du breakfast. Moi je suis assez tartines et confitures, alors que mon lascar fait plutôt dans l’exotique.

Genre : Crêpes roulées de poitrine fumée avec crème de marron et Nutella à cœur.  Ou encore, haricots locaux sur canapé, couverts d’un drap de confiture de myrtille…

Putain ! Si t’es pas bien, ne viens jamais breakfaster avec mon zig. Sinon tu te retrouves direct au water, à genoux dans le zag. C’est un truc terrible ! A faire chialer l’ami Ricoré…

Une fois le buffet dévasté, nous avions Culture. Le château d’Edimbourg attendait notre assaut. En parlant d’assaut, pour grimper jusqu’aux vieilles pierres, il fallait subir ceux du weather. Un vent à te coller un slip sous le kilt, et un crachin poitrinaire tombé d’un ciel tuberculeux. Il fallait être motivé pour rendre visite à toute la dynastie des rois en-tartanisés. Une vraie pagaille dans l’arbre gynécologique calédonien, entre les Alexandre, les Robert, les jacques et leurs libellules…Sans parler de ces foutus angliches et leurs rois Edouard qui voulaient à longueur d’histoire crever les baudruches musicales de leurs voisins avaricieux et revêches. D’ailleurs, aujourd’hui encore le bazar continue ! Les anglais font du business et ce sont les écossais qui encaissent…Et de temps en temps ils se mettent sur la gueule !

Fin de l’aparté culturel. Et retour aux choses essentielles :

Ce midi, nous avions rugby !

Attends mon grand, te moque pas !

Un match international !

Les old boys de la Rugby Trinity Academy nous attendaient de bières (non pas de cercueil…)  fermes en ce dimanche midi. Nigel nous recevait dans son club, son fils officierait au sifflet (je sais ! je l’ai déjà dit…) Notre motivation était en panne d’érection. Il faut dire que le temps ajouté à notre effectif quelque peu fluet n’engageaient pas au corps à corps à la baïonnette. A peine 14 que nous étions, et une majorité pas de la dernière rosée… heureusement, malgré la légende, l’écossais est prêteur, et ce sont deux beaux gaillards qui vinrent faire regrimper nos actions, ou plus surement, notre moyenne d’âge…

Composition annoncée. Echauffement esquissé. La bataille écosso-grosélandaise pouvait commencer ! Alors là, il faut que je te dise tout de suite mon vieux lecteur (ouais ! je considère que le lecteur m’ayant suivi jusqu’ici sera dorénavant considéré comme un vieux pote liseur…)  Pour la plupart d’entre nous, il s’agissait de notre première expérience caléd’ovale. First game au pays du biniou. Dépucelage encollé au pays du scotch ! Mazette, on n’a pas été déçu. L’écossais est un garçon (même âgé) pragmatique, pour qui la ligne droite est le chemin le plus court pour péter dans la gueule de ces félons de frogs. Je dois dire que ces messieurs nous donnèrent un bon quart d’heure durant, une grande leçon de géométrie… 25 temps de jeu, pour autant de pick and go. Un cornemusier lancé en appelait toujours un autre, avec quelques déblayeurs pour faire joli sur la photo. Nous qui étions entrés sur le terrain avec des intentions de Bolchoï, il a fallut que nous quittions nos collants pour passer fissa le permis de bulldozer. Les poumons en zone rouge et les épaules brûlantes nous résistâmes, on se demande encore comment… C’est au moment où l’apoplexie était à son comble que survint l’événement du match.

Nous venions de récupérer le ballon (on ne l’avait même pas fait exprès…) Une envie de rendre tous les pick et tous les go à nos zozos nous animait, quand au détour d’un ruck, pollux, le mime mêlée, hurle dans ma direction :

« Georges à hauteur, viens,  lancé ! »

A côté de moi, Roger (un peu essoufflé) me regarde.

L’autre hurleur de plus belle :

« Mais putain tu vas y venir espèce de burne, faut que j’te pousse »

Roger me dit :

« Mais à qui y parle ? »

Moi :

« Euh là Roger tout de suite je vois pas… »

Et je te passe en un éclair tout le bottin de la grosélande. Mais pas de Georges à l’appel.

Le nabot avec un 9 dans le dos nous fait carrément une crise de nerf :

« Mais y vas y venir cette enclume ! Vas falloir que j’aille le chercher avec des baffes dans la gueuuuuuleeee !!! »  

Moi à Roger :

« Fais pas attention Roger, je suis sûr que c’est un coup des scottishs, y nous ont refilé un fantôme en plus de leurs deux players. Les fantômes ce n’est pas ce qui manque dans ces contrées. Encore un vieil international décédé qui avait envie de rejouer. J’l’ai toujours su, le pollux, il a un don pour ces choses là ! c’est pour ça qu’il est le seul à le voir »

Bon sur le coup, le pollux a fini par ce prendre un gros caramel, vu que son fantôme lui a posé un lapin… »

Et puis tant bien que mal, on a résisté aux mangeurs de haggis. Il n’y a que Marc sur son aile qui s’est fait un claquage à un ischio pourtant calcifié. Claquage survenu sur son vingt septièmes en-avant… Bon pour l’élongation, ça devrait aller. En revanche pour son cancer des mains, même la chimio ne peut plus rien…

 

Pour la petite histoire, nous avons atomisés les mangeurs de panses 3 essais à 2 !

Et l’explication pour le fantôme de notre demi, c’est tout simplement de la dyslexie. En effet pour notre cornaqueur énervé,  Roger s’était transformé en Georges. Va comprendre Charles !

Toujours est-il que Georges, le fantôme, continue de nous accompagner. Et s’il reste encore un peu avec nous, je crois bien qu’on le fera naturaliser…

 

Après cette splendide victoire nous regardâmes au club house de nos hôtes, la difficile victoire française à Dublin. Quelques bières précieuses nous aidèrent à faire passer une collation pour le moins surprenante…Tu m’étonnes que les britanniques aient été les plus grands colonisateurs du monde. Ils voulaient tout simplement fuir le plus loin possible la bouffe que leurs bourgeoises s’évertuaient à leur préparer…

 

A suivre…                                                                            

23/02/2011

Tournoiement à Edimbourg:part 4

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Bon, vous allez me dire que je m’acharne sur le programmateur. Vous allez même peut-être penser que je lui en veux, qu’il m’a surement fait quelque chose : Que possiblement, jamais il ne me donne le ballon, qu’il me saute toujours lors de nos plus belles actions, et que peut-être même il le fait avec nos femmes… Et bien là, je vous répondrais que vous avez l’esprit bien mal placé. Que je n’ai rien contre lui personnellement, mais que j’en ai surtout après ses nombreux atermoiements.

 

Ce garçon est étourdi,

Voir même un peu absent.

Qu’il erre,

Qu’il divague,

Oubliant les petits’dej’,

Se gourant aux réservations,

Son budget est élastique,

Nos bourses pour lui sans fond…

 

N B. Passage mis en mode poésie car ce garçon est lunaire, un rien  évanescent…

 

Et puis il faut dire que ce fameux samedi soir n’a pas aidé à me le faire aimer. Car notre planificateur chéri, n’avait rien planifié : Même pas listé une cambuse avenante, ni même validé un sombre bouge, encore moins coché une église, voire un estanco ou même un mobil home, où quelques soubrettes édentées au teint de Ale livide et au regard de Leffe éventée auraient permis à une horde aux abois de mordre dans quelques fricots d’arrière cuisine et de se tremper les dents dans divers lambics frelatés. Alors que personne ne l'ignore, les soirs de 6 nations à Edimbourg, nous ramènent aux plus belles heures de l’union soviétique où les magasins d’état avaient essentiellement comme étale, sur leurs trottoirs efflanqués, la queue éternelle de ses clients plantés. Oui mon cher lecteur, dans la capitale kiltée, et dans le déclin d’une journée ovale, il est plus difficile de s’accrocher au coup d’une pompe à bière qu’à celui de la princesse Anne. Et je ne te parle même pas de l’exploit de se sustenter…

C’est pourquoi et contre notre gré, que nous divaguâmes dans les rues luisantes, au son des chants étouffés s’échappant des gargotes où nous ne pouvions pénétrer. Au fil du temps, nous perdîmes des âmes, laissant moult compagnons dans l’huile indécise de friteuses surannées ayant fris toute la mer d’écosse et ses patates associées… Nous nous retrouvâmes qu’une poignée à battre le pavé devant une trattoria en vapeur, boursoufflée de ses tables par trop enlacées… Une négociation sévère, au front d’un patron volubile nous avait laissé l’espoir d’une table prochaine. Frigorifiés mais déterminés, nous attendions pires que des horse guards de la Queen, dévisageant le moindre suspect  susceptible de dynamiter notre futur casse-dalle. Quand arrivèrent deux types, dont un, en fauteuil roulant,  et leurs donzelles souriantes et emmitouflées. Sans moufeter, ils nous font un splendide cadrage-débordement (en sofa roulant ce n’est pas fastoche…) et s’engouffrent dans le palais à pasta. Le patron les embrasse, et les installe pile poil à l’endroit de nos auges. Coup de mou dans la garde royale, morale en mode inanition, estomacs dans le goudron. Alors que nos regards faisaient du gringue à nos pompes, un cri terrible secoua l’Ecosse. C’était notre Papy, l’ancêtre corse, soixante et quelques années de trafiques en tous genres (et pas des plus jolis…) qui venait de péter un câble. Il hurlait à la mort, ou plutôt à la faim (et pas la fin…) L’injustice que nous venions de subir, l’anéantissait. Il frappait contre la porte. Braillait qu’il voulait tout faire sauter, qu’on ne le connaissait pas, qu’il était d’une île de frapadingues. Qu’il allait crever les pneus de l’autre crevure, et que si c’était des roues pleines, il les lui ferait bouffer.

On sait mis à trois ou quatre pour le maîtriser. Il a fallu le camisoler avec nos écharpes. Béru l’a bâillonné avec un vieux string de sa chère Berthe qui traînait dans ses poches (il a toujours un fétiche d’elle sur lui, c’est rapport à son odeur qu’il adore…) Un moment après, une autre table s’est libérée. On a pu calmer nos hypoglycémies. Pour l’ancien, c’est une autre histoire. Assis sur sa chaise, toujours saucissonné dans nos fichus, on l’a nourri à la petite cuillère, et c’est pas facile avec une ficelle de string coincée dans les dents…

 

Une heure du mat’, nous sommes tous rentrés à l’hôtel. Devant notre chambre, la 102, mon gravosse me dit :

« T’irais pas t’enfiler le dernier… ? »

Moi:

« Why not my friend!”

Et bras dessus, bras dessous, on a pris la direction du bar !

« Two whisky please ! »

« Which one ? »

Et là mon sublime compère de répondre :

« N’importe ! Tu peux même les mélanger, chez-nous, on boit que du rouge limé ! »

 

A suivre…

22/02/2011

Quand le compte y est...

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Tu vois, le rugby c’est bien plus qu’un simple jeu. C’est aussi un endroit où tu viens avec toutes tes peurs, avec toutes tes fêlures, tes fragilités… Quand tu rentres sur le pré, tu les balances sur le tapis, tu les additionnes à toutes les autres, en prenant le pari de  collectivement toutes les dépassées… Il y a des jours comme ça, où  l’addition tombe juste. Sans aucune retenue. Sans rien à ramasser… Et alors, le compte y est !

 

Photo de Mak Boubeker : Le vestiaire des Reichel grenoblois après leur somptueuse victoire sur Narbonne. Avec assis au centre, torse nu, mon frangin Titus, un des entraîneurs de cette heureuse troupe…

 

PS : Interlude affectif au milieu de mon récit scottish. D’ailleurs je me demande si je dois continuer de le publier… ?    

21/02/2011

Tournoiement à Edimbourg: part 3

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 Avec la perception de nos chambres nous découvrîmes les premières lacunes de l’enclume organisatrice. Car Francis, forgeron en fer mou de ce trip, semblait n’avoir pas négocié les petits déjeuners avec nos âtres… Une négociation au fer chaud, quelques lustres de pratique, et  the magic Nico’s bristol nous ouvrir les taules.

La préparation psychologique pour Murrayfield pouvait commencer !

A pintes moins le quart, quelques bornes à pieds, and a few bugs minutes about ! Nous arrivâmes enfin au Colysée écossais : L’esprit des Highlands souffle dans les travées. Les guerres contre l’Albion originelle y saignent encore. Les cornemuses sonnent aux fronts des hostilités jamais oubliées. Elles ouvrent aussi le passage au bus des joueurs écossais, elles dégagent au pas solennel le chemin glorieux. Un instant je m’imaginais natif de cette lande, je pouvais sentir les frissons me gagnaient au son des panses instrumentales. A ce moment précis, j’avais le goût du haggis dans la bouche, et du whisky sans âge coulait dans mes fistules. Je percevais même la vicieuse brise marine s’infiltrer sous mon kilt (brise qui tout le match durant eut un effet chapitesque sur la jupe plissée de mon gravosse…)  

C’est vous dire si j’étais naturalisé !

Le problème, c’est que ces foutus écossais ont tout donné dans leur autocar. Ils ont peut-être un peu continué dans le vestiaire,  ont encore fait illusion au chant des fleurs de leur terre… Et puis après terminé ! Plus personne ! Le foie mangé en un quart d’heure par des gallois affamés. La cornemuse c’est formidable, mais pour gagner un match, ça fait un peu juste, il faut aussi jouer  au rugby…

At the end of the game, le froid commençait à nous gagner les os. Ceci dit, nos gorges trop longtemps échauffées réclamaient leur dû. Les gosiers, c’est comme les vessies quand l’heure sonne, il faut les délivrer… A la chute des tribunes, une baraque à bières nous tendait les bras -Tu sais, on est de ces garçons qui ne se refusent jamais : les baraques, les gamelles, les émotions, les sentiments et les donzelles, on a jamais su les repousser- C’est donc d’un pas déjà amoureux que nous commandâmes une tournée houblonnée. Derrière la banque, trois lascars dans autant de mètres carrés. Saisissant ma bibine, je demande l’addition. Là notre trio limonadier pur malt se matent (putain c’est beau ! on dirait du Gainsbourg…) L’histoire des regards dure une bonne minute. Le premier commence à marmonner :

« Twentyeeeeeeeee…. »  

Le second prend le relais :

« Thirtyeeeeeee…. »

Et le troisième qui avait l’air d’être le plus déterminé :

« Forty eight pounds ! »

Pour toute réponse, un éclat de rire maréchal ! Je jette un regard derrière moi, et je réponds à ce mastroquet escroqueur :

T’es sûr ! On n’a pas invité tout le stade ! Ou alors tu nous prends pour des émirs chassés par une quelconque révolution… On n’a pas de lingots dans les poches, rien que des  vieilles pièces de ta banque royale. Va falloir que tu refasses le compte, sinon je mange le faux certificat de tes luxuriantes études »

« Sorry sir! This is an error. I think twenty height pounds is exactly »

“OK guy it’s better! Tiens, mon pote te rend ton diplôme… »

Et là mon Mich Béru fit mine de lui vomir sur les pompes…

Nous partîmes sans boire la deuxième. Faut dire qu’un demi dans une bouteille en plastoc ne t’engage pas à la biture…

76 000 âmes réhydratées les artères du centre de la capitale. Nous avancions serrés dans le froid humide de la nuit d’Edimbourg. Ne sachant pas encore que la galère allait continuer…

 

A suivre... 

20/02/2011

Tournoiement à Edimbourg: Part 2

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Mon Béru !

Là mes chers lecteurs, bien avant que je vous cause de cornemuses rieuses, de pintes très colorées ou même d’ovale international, il est indispensable que je vous décrive ici même, et dès à présent,  l’instant sentimental de cette tournée, qui aujourd’hui encore, me retourne le cœur...

Ce bon Nigel, notre écossais au clan pas très distinct, ce cher scottish qui nous suit depuis près d’une décennie. Celui qui essaya quelquefois de nous arbitrer dans nos pérégrinations joueuses et  alcoolisées. Celui là même qui fait la fierté de la police britannique et le désespoir du corps arbitral mondial, nous attendait au pied au de notre zingue. En bon chanteur des flowers de son beau pays, notre hôte nous accueillait. Nous étions tous très contents de le retrouver, surtout que pour une fois, nous l’avions privé de sifflet. Plus question qu’il règle la circulation à nos carrefours de matchs. Interdiction lui était faite de siffler nos rucks en sens interdits, et de verbaliser les franchissements  de nos passes en avant. Terminé ! Fini ! Gentil G O et puis c’est tout ! D’ailleurs son fils le remplaçait désormais. Ce qui à vrai dire, n’était pas fait pour nous rassurer…   

La dernière fois qu’il avait officié, s’était à Séville, et les arènes de notre stade s’en souviennent encore… Ce jour là, le torero n’était autre que Pollux, et la bête à trucider, le merle en kilt au milieu. Putain, ce jour là le Nigel nous fit pis que prendre… et à la fin notre cher demi de mêlée l’a pendu…Enfin presque ! Nous l’avons arrêté juste avant qu’il ne l’empale avec un piquet de touche et qu’il ne le hisse à la barre transversale. Tu vois un peu le tableau ! Un écossais avec pieu dans le cul, pendu par les pieds avec sa jupe sur la tête… Tu parles Charles ! Traumatisé le buveur de whisky. Depuis, rien que la vue d’un terrain de rugby le fait pleurer,  et à la moindre balle ovale, il se jette sous une bagnole. C’est vous dire l’état du gazier quand au fin fond de la troupe qu’il recevait, il aperçu son tortionnaire. L’effroi dans son regard, des spasmes dans tous les membres, une légère chiasse perlait à ses ourlets,  et sa mâchoire inférieure, en mode morse, envoyait en permanence des S.O.S. Les sirènes de l’aéroport se mirent à hurler, et les chiens à aboyer.

Et c’est là que le miracle opéra ! Leurs yeux se sont croisés. Leurs cœurs se sont répondus. Leurs mains se sont trouvées, et nos deux tourtereaux sont tombés dans les bras l’un de l’autre. Ils se sont embrassés comme les amants du pont neuf. Merde ! On s’est tous mis à chialer, et une tendre érection à hisser les voiles du pantalon de mon cher Béru. L’instant était magique, nous savions maintenant que la tournée pouvait commencer. Dans le minibus qui nous convoyait vers notre hôtel, une sympathique connivence nous unissait. Il me tardait d’arriver et de prendre nos pénates pour qu’enfin nous emplissions nos poumons de cet air si particulier qui souffle dans les pubs. Et c’est d’ailleurs dans l’un d’eux que la carte toujours aussi bleue Du regretté Nicolas, mit la première de ses nombreuses tournées de bière et que nous pissâmes sur celle du trésorier...

Bon Dieu ! Les doutes qui m’étreignaient au départ semblaient évanouis.

Ce pourrait-il que cette courte tournée soit réussi…?

C’était sans compter sur les lacunes monumentales de Francis l’organisateur, j’allais très vite déchanter…

Et même m’apercevoir qu’en Ecosse les fantômes abandonnent les châteaux pour jouer au rugby…  

 

 

A suivre…

 

19/02/2011

Tournoiement à Edimbourg: part 1

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Voilà, de retour d’Edimbourg, je vous colle la première partie du récit de notre périple de trois jours. Je ne sais pas trop si celui-ci a un intérêt pour  « Esprit en mêlée » alors je compte sur vous pour savoir s’il faut que je continue la publication des autres épisodes...    

 

Les tournées les plus courtes seraient-elles les meilleures ?

C’est ce vieil adage que l’on colle habituellement à la farce, à la gaudriole, et peut-être même à certains engins péniens qui quelquefois ont besoin d’être rassurés sur leurs performances… que j’avais en tête aux aurores de ce samedi matin alors que j’attendais en compagnie de mon cher Savournin, sorte de Bérurier émerveillé que je trimbalais pour son dépucelage de tournoiement. Oui, c’est bien cela qui me traversait l’esprit alors que nous patientions sur ce parking mortifié, exsangue à cette heure indue de ses flux de carrioles carbonées et consuméristes. Mon Béru, lui,  finissait sa nuit contre une bande de caddies emmanchés comme une sombre partouze, et moi je m’interrogeais encore sur la justesse de ce voyage. N’aurais-je pas dû me fier à l’instinct de notre éternel secrétaire, lui qui jusqu’ici n’avait jamais raté une virée, et venait il y a quelques jours à peine de se désister sous le prétexte d’une contrainte filiale un peu foireuse. Comme si son engeance était un prétexte suffisant à le priver du plaisir d’apostropher et de baver sur quelques radasses de comptoirs désireuses de soutirer quelques piastres à ce cuistre. Non ! Décidément son renoncement ne me disait rien qui vaille. Et je commençais à croire que ce voyage en terre Scottish devait peut-être cacher un quelconque fantôme de vestiaires. Et ce n’est pas l’arrivée de ce bon Nicolas affichant une mine de licenciement qui aurait pu me rassurer. Les pognes au font des poches, et des poches au fond des yeux, lui aussi renonçait. Une dysenterie conjugale avait eu raison de lui.  Mais ce saint parmi les saints, venait tel un roi mage nous faire don de sa carte bleue ! Il venait sans partir, nous la remettre en mains sales. Il faut dire que la dite carte était notre visa (pas beau l’astuce !) pour  Murrayfield. En effet, celle-ci avait servi à la réservation des billets, et sans elle, pas de sésames. Il nous la livrait comme ça tout de go ! Avec en prime la martingale ! Il nous la filait ainsi, innocent, avec la clé miraculeuse. 2132 était son code secret. Et cet homme béni nous le révélait. Je tombais à genoux. Un élan ecclésiaste me fit me signer. En ce jour vénérable Saint-Nicolas et le père Noel ne faisaient plus qu’un ! Si j’avais eu le temps j’aurais accroché quelques guirlandes à mon lascar qui forniquait encore avec les chariots. Il faut dire que le don était de taille, car notre trésorier officiel, notre quintal hors taxes de comptabilité, notre Picsou ferrailleur, notre Harpagon zélandais, lui, nous avait offert l’immense privilège de faire voyager le bristol azur du club,  sans nous confier les quatre chiffres souverains. Autant dire qu’il nous filait une bouteille de rouge sans tire-bouchon, une lunette sans les étoiles, voire même une branlette espagnole sans les nichons. Mais le temps filait à l’écossaise (question d’actualité…) et pendant que les retardataires, enfin présents, finissaient d’embrasser les pieds de sainteté, je chargeai les bagages, et je secouai mon pervers qui décidément ne débandait pas contre ses poussettes. Et nous partîmes, sur les chapeaux de roues en faisant de gros poutous à notre bienfaiteur ajourné.

Easyjet n’a que le jet d’assuré ! Car monter et t’asseoir dans ces foutus zingues est plus compliqué que de voyager sur un véhicule de la sémitag. A l’embarquement c’est la curée ! Les plus forts sont les servis, les autres se callent où ils peuvent. Et si t’as pas tes démonte-pneus, tu peux te lever de bonne heure pour t’extraire de ton siège… Courbatus mais soulagés nous arrivâmes quand même à Edimbourg. Où là, le légendaire tournoi nous attendait.

 

A suivre...

11/02/2011

Entre rade et Edimbourg...

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Décidément tout fout le camp sur la rade. Les dieux et les rois sont bretons, et les saucisses de port sont issues, goguenardes,  du haut duché savoyard. Il y a peut-être, maintenant,  plus que les joueurs de babyfoot pour avoir en mémoire tous les noms bénis des beaux guerriers d’antan…

 

Et moi demain, je pars voir si Edimbourg est toujours en Écosse !

Et non je ne vais pas à Dublin, il me semble que les batailles inter-celtiques ont toujours ce charme désuet d’avant…

 

Photo de Matthieu  

06/02/2011

Méd'Art

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Il faudrait avoir toujours un Médard dans le plac’Art,

Quelques artistes en réserve,

Il faudrait avoir toujours quelques gouaches en supplément,

Quelques couleurs en conserve,

Il faudrait avoir toujours la belle musique écrite,

Quelques instruments en verve,

Il faudrait avoir toujours les mots qui font les jolies lettres,

Quelques billets qui servent,

Et alors peut-être aurions-nous un instant de maîtres… ?

 

Décidément le rugby est un art contemporain.

La récupération est la matrice de son expression.

Maximum Méd’Art recycle les veilles balles perdues,

Pour composer quelques ballons, parfois inoubliables…         

02/02/2011

Les mots/les tampons!

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Le placage c’est comme le langage : Il faut laisser les syllabes cascader au fond de la gorge. Laisser aux mots et aux gestes le temps de tinter contre les parois de la caboche. Prendre le temps que les épaules articulent. Bien mastiquer. Bien mâcher la peur sur le bord encore un peu tendre des dents lactées de l’envie. Et puis la parole vient. Le vocable se dessine. Les babilles se défilent. Le courage apparaît. Le désir l’anime. Et là, l’enfant est prêt !

Le placage, c’est comme le langage. Il faut du temps, de l’éducation, une famille, et un brin d’affection…

 

Photo, Alain Meyer