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23/02/2011

Tournoiement à Edimbourg:part 4

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Bon, vous allez me dire que je m’acharne sur le programmateur. Vous allez même peut-être penser que je lui en veux, qu’il m’a surement fait quelque chose : Que possiblement, jamais il ne me donne le ballon, qu’il me saute toujours lors de nos plus belles actions, et que peut-être même il le fait avec nos femmes… Et bien là, je vous répondrais que vous avez l’esprit bien mal placé. Que je n’ai rien contre lui personnellement, mais que j’en ai surtout après ses nombreux atermoiements.

 

Ce garçon est étourdi,

Voir même un peu absent.

Qu’il erre,

Qu’il divague,

Oubliant les petits’dej’,

Se gourant aux réservations,

Son budget est élastique,

Nos bourses pour lui sans fond…

 

N B. Passage mis en mode poésie car ce garçon est lunaire, un rien  évanescent…

 

Et puis il faut dire que ce fameux samedi soir n’a pas aidé à me le faire aimer. Car notre planificateur chéri, n’avait rien planifié : Même pas listé une cambuse avenante, ni même validé un sombre bouge, encore moins coché une église, voire un estanco ou même un mobil home, où quelques soubrettes édentées au teint de Ale livide et au regard de Leffe éventée auraient permis à une horde aux abois de mordre dans quelques fricots d’arrière cuisine et de se tremper les dents dans divers lambics frelatés. Alors que personne ne l'ignore, les soirs de 6 nations à Edimbourg, nous ramènent aux plus belles heures de l’union soviétique où les magasins d’état avaient essentiellement comme étale, sur leurs trottoirs efflanqués, la queue éternelle de ses clients plantés. Oui mon cher lecteur, dans la capitale kiltée, et dans le déclin d’une journée ovale, il est plus difficile de s’accrocher au coup d’une pompe à bière qu’à celui de la princesse Anne. Et je ne te parle même pas de l’exploit de se sustenter…

C’est pourquoi et contre notre gré, que nous divaguâmes dans les rues luisantes, au son des chants étouffés s’échappant des gargotes où nous ne pouvions pénétrer. Au fil du temps, nous perdîmes des âmes, laissant moult compagnons dans l’huile indécise de friteuses surannées ayant fris toute la mer d’écosse et ses patates associées… Nous nous retrouvâmes qu’une poignée à battre le pavé devant une trattoria en vapeur, boursoufflée de ses tables par trop enlacées… Une négociation sévère, au front d’un patron volubile nous avait laissé l’espoir d’une table prochaine. Frigorifiés mais déterminés, nous attendions pires que des horse guards de la Queen, dévisageant le moindre suspect  susceptible de dynamiter notre futur casse-dalle. Quand arrivèrent deux types, dont un, en fauteuil roulant,  et leurs donzelles souriantes et emmitouflées. Sans moufeter, ils nous font un splendide cadrage-débordement (en sofa roulant ce n’est pas fastoche…) et s’engouffrent dans le palais à pasta. Le patron les embrasse, et les installe pile poil à l’endroit de nos auges. Coup de mou dans la garde royale, morale en mode inanition, estomacs dans le goudron. Alors que nos regards faisaient du gringue à nos pompes, un cri terrible secoua l’Ecosse. C’était notre Papy, l’ancêtre corse, soixante et quelques années de trafiques en tous genres (et pas des plus jolis…) qui venait de péter un câble. Il hurlait à la mort, ou plutôt à la faim (et pas la fin…) L’injustice que nous venions de subir, l’anéantissait. Il frappait contre la porte. Braillait qu’il voulait tout faire sauter, qu’on ne le connaissait pas, qu’il était d’une île de frapadingues. Qu’il allait crever les pneus de l’autre crevure, et que si c’était des roues pleines, il les lui ferait bouffer.

On sait mis à trois ou quatre pour le maîtriser. Il a fallu le camisoler avec nos écharpes. Béru l’a bâillonné avec un vieux string de sa chère Berthe qui traînait dans ses poches (il a toujours un fétiche d’elle sur lui, c’est rapport à son odeur qu’il adore…) Un moment après, une autre table s’est libérée. On a pu calmer nos hypoglycémies. Pour l’ancien, c’est une autre histoire. Assis sur sa chaise, toujours saucissonné dans nos fichus, on l’a nourri à la petite cuillère, et c’est pas facile avec une ficelle de string coincée dans les dents…

 

Une heure du mat’, nous sommes tous rentrés à l’hôtel. Devant notre chambre, la 102, mon gravosse me dit :

« T’irais pas t’enfiler le dernier… ? »

Moi:

« Why not my friend!”

Et bras dessus, bras dessous, on a pris la direction du bar !

« Two whisky please ! »

« Which one ? »

Et là mon sublime compère de répondre :

« N’importe ! Tu peux même les mélanger, chez-nous, on boit que du rouge limé ! »

 

A suivre…

Commentaires

T'as toujours des photos émouvantes !

Écrit par : Pascalou | 23/02/2011

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