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30/08/2010

En TGV ou en omnibus...?

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Je n’étais pas à Lesdiguières ce samedi. Je n’y serai pas non plus pour la prochaine journée, je suis donc à classer dans la catégorie des supporters volatiles… Il faut dire que trop d’amis à trinquer, et quelques verres à fêter m’éloignent plus que de raison de mon rendez-vous ovale. La chose me manque… En ce début de saison je n’aurai donc vu que quelques soixante minutes amicales contre la pugnace équipe d’Aix en Provence, et là je dois dire que mon cœur s’est pincé en découvrant Gwendal Ollivier, notre emblématique capitaine, sous d’autres couleurs que celles de son paletot natal. Pierrot Rochette l’accompagnait à la mêlée sous sa nouvelle bannière, ainsi que quelques autres d’ailleurs… En plus d’être volatile, je dois être aussi un peu midinette, j’ai toujours du mal à voir partir les gens que j’ai aimé.

Pour ce qui est de l’équipe de cette année, je n’ai donc quasiment rien vu. Mais les commentaires élogieux et la presse optimiste avaient rendu à mon tempérament vaporeux et mon âme sensible tout l’allant nécessaire pour imaginer les plus grandes espérances glorieuses. C’est donc penché au bastingage de mes agapes drômoises et le cœur bardé de certitudes, que je téléphonai, au dernier souffle du matche,  à ma vigie des tribunes avec l’espérance que celle-ci me décrive enthousiaste, toute la beauté d’une équipe aux avants conquérants et irrésistibles, dévastant à l’envie, les belles dispositions d’un adversaire maintenant en prière… J’aurais aimé aussi, qu’elle me parle des  admirables jambes de l’attaque rouge et bleue, qu’elle me raconte comment les artistes remarquables avaient écrit à l’encre de leur sang tout un tas de contes, de fables et d’histoires, allant même jusqu’à signer dans la plus belle des littératures toute une ribambelle de somptueux essais… Je désirais tellement tout ça !

Mais mon funeste factionnaire de son téléphone cellulaire maudit, ne me rapporta que tristesse et effondrement. La prose inaugurale de nos auteurs du premier soir ressemblait à l’écouter à quelques verbiages dignes de la communale. Il n’y avait aucune musique dans leur poésie, aucune éloquence dans leur triste représentation. D’après lui, il fallait tout gommer, tout effacer, repartir du début, presque à l’alphabet, tout recommencer… Je ne sais s’il faut l’écouter, je ne sais pas s’il faut de la patience ou un peu de temps. Tout ce que je sais, c’est que pour aller plus loin, il faut rester ensemble… C’est  Vincent Platel qui me l’a dit au détour d’une de ses photos après le match contre Oyonnax…

Ensemble on va peut-être plus loin, mais j’aimerais bien que ce soit en TGV, plutôt qu’en omnibus… Et la grande vitesse commence en gare de Tarbes !

 

 GRENOBLE 9 / MONT DE MARSAN 12         

 

23/08/2010

Match Aller

 

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Voilà, de mes détours de vacances bretonnes je voulais vous ramener quelques clichés volés de pagelles improbables de cette terre où les mats sont en mer plutôt que plantés… Je voulais vous en faire des jolis dans ce soleil en couche pour des nuits océanes et des tournées infinies. Je désirais tellement dénicher quelques vieux vestiaires oubliés tels des dolmens assoupis. J’aurais tant aimé de mon numérique déclic vous démontrer comment il y a quelques sept ou huit mille ans des hommes avaient percé le secret de l’immortalité en plantant des alignements de menhirs qui font qu’aujourd’hui mon âme pourtant volatile aime tant à les imaginer… J’aurais souhaité vous emmener plus bas sur cette côte du grand large, vous faire voir ces bas-reliefs qui respirent encore,  gravés par des marins oubliés dans la pierre tendre des tours Rochelaises, témoignages lapidaires des douleurs de geôle, pour des hommes privés de fortune mais pas de leurs mains … j’aurais tant désiré vous montrer tout ça. Mais par étourderie ou négligence, j’oubliai pour ce périple mon appareil photographique. Certainement un sentiment inconscient de mon évidente maladresse à la réalisation d’une prise acceptable…

Alors puisque je n’ai pas de vues, je vous parlerai de lecture.

Dans mes moments de nonchalance estivale, de temps-mort allongés, j’ai dévoré un livre « Match aller » Livre de Julien Capron, lu sur les conseils de Christophe Borhen. Il s’agit d’un roman épique, dans une république inconnue, où le rugby est le sport roi qui entretient la flamme des guerres éteintes mais pas oubliées… Nous sommes plus précisément à Volmeneur, port sombre, aux quais industrieux et humides, où le quinze  local tout de noir vêtu, un phare comme emblème accroché au cœur, courre  depuis plus de dix finales après le titre tant convoité. Ses joueurs, immenses gladiateurs répondent aux noms de : Gabar de Galtafasse, AbderrHamane Trinquetaille, Vaast Dragoulémane ou encore Athanase Cramarin le capitaine. Pour le premier match de la saison, quatre vingt mille personnes enflamment le stade du Brise Lames. La victoire est au bout, mais un cadavre calciné attend les joueurs dans le vestiaire. Le premier d’une série qui va mettre l’improbable inspecteur Fénimore Garamande sur la trace d’un tueur adepte des joutes sanglantes de la mythologie grecque…

Je ne vous en dirai pas plus, seulement que j’attends avec impatience, « Match retour » La suite…     

 

19/08/2010

C'est la rentrée!

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Je n’ai jamais pu supporter la lucarne noire de mes salles de classe. Comme une impression de vide. Ce carré black avait des effets de carré blanc sur mon esprit en constant zoom périphérique. Pas moyen de me lier d’amitié avec ce sombre souteneur, qui, entre deux tintements récréatifs laissait tapiner sur son râble, sans aucune vergogne, toute sa ribambelle de frangines poudrées et hystériques. Je classais dons définitivement l’école dans la catégorie des bordels, et je passais  mon chemin…  

Moi, j’ai toujours préféré aux effluves d’encre celles plus enivrantes du camphre. Là, dans un univers de faïence et de patères essoufflées, un vieux tableau inculte à l’ardoise édentée laissait mes seuls précepteurs gras et hirsutes me raconter à grand traits cabalistiques et griffures hiéroglyphiques d’étranges histoires de croisés sans Christ, d’intervalles sidéraux mystérieux ouvrant toutes les mers,  de doublements et redoublements sensés engendrer miraculeusement la multiplication des pains et des points. Ils m’enseignaient la rédemption, le ressuscitage. Ils me faisaient entendre la sainteté, et les psaumes d’après matche. M’éclairaient de la relation pas si évidente entre l’entrée en bélier et la béatitude…   Je buvais leurs évangiles. Je m’agenouillais devant leur science. Je me signais devant tant de bonheur. De cette université religieuse, je fus un assidu disciple. Mais aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, je suis plus riche de cette bible que d’un quelconque diplôme scolaire…  

 

  

Photos Philippe Roussel         

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