Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/01/2010

Sur les bancs de mon premier amour.

 

minpousDSC_1415.jpg

 

J’étais un de ces enfants malingres qui élargissent leurs épaules en les accrochant au cintre de leur cœur. Je débarquais de ma Lozère natale, dans le même temps que je découvrais ma nouvelle école,  je tombais amoureux fou pour la première fois de ma vie. Et drôle de coïncidence, le rugby me tombait dessus lui aussi. Je crois bien que je dois ma passion pour l’ovale aux yeux extraordinaires de ma nouvelle et jeune institutrice, je débarquai dans sa classe avec l’échine aussi liquéfiée que celle d’un voyageur clandestin. Elle avait à peine plus d’une vingtaine d’années, et moi, je culminais au sommet de mes sept ans, mais dès qu’elle posa son regard sur moi, je sus immédiatement qu’elle serait une des femmes importantes de ma vie… Mon CE1 fut prodigieux, j’écoutais ma déesse, je buvais ses paroles. Pour elle rien était trop beau, les seuls cadeaux que je pouvais lui faire, c’était des bouquets de 10 sur10, des brassées de Très Bien. Je dévalisais mon « fleuriste », je la couvrais des mille bijoux de ma réussite. A chaque fin de mois, j’attendais la distribution des bulletins de classement avec un indicible bonheur (à cette époque antédiluvienne, le classement fatidique du premier au dernier de la classe était de rigueur…). Je savais que l’ordre à rebours de cette remise faisait de moi le dernier récipiendaire, et immanquablement, elle s’approchait de moi en accrochant son sourire à mon cœur en pamoison, puis elle passait sa main élégante dans ma tignasse revêche et dans un souffle, elle me faisait sa déclaration d’amour :

« Et bien sûr, comme toujours, le Premier, c’est Christian ! »

Cette année là, je fus le leader incontesté de la classe. Premier, tout au long de l’année ! Mais cette passion ne se cantonnait pas à l’école, le samedi après-midi, elle m’accompagnait encore. A chaque tournoi, mon penchant me gonflait le cœur. Je voulais prolonger mon triomphe scolaire jusqu’entre les lignes de mon terrain de vie. Je me persuadais que ma princesse était au bord de l’arène, qu’elle portait mes couleurs, que mes exploits sportifs nous attachaient plus encore. Je pesais 30 kilos, mais j’entrais sur les terrains avec un moral de bulldozer (je dois quand même vous avouer que quelquefois, les chantiers furent bien pénibles…) tous mes triomphes étaient pour elle, et toutes mes défaites me glissaient sur la peau…

Malheureusement, l’année suivante, j’intégrais la classe supérieure. Quand je dis la classe, je devrais plutôt dire la « cage ».  En effet, le responsable de l’endroit tenait plus du dresseur que de l’instituteur. Un énorme martinet en scoubidou rythmait la triste litanie de l’énergumène. Les coups et les punitions pleuvaient, les livres me semblaient tristes, et le tableau noir portait le deuil de mon amour perdu. Cette année là, je décidais d’enterrer à jamais les diplômes que je n’ai jamais eus…

Il n’y a que le rugby qui n’a jamais vu flétrir les fleurs prometteuses de cette première saison, la charge affective embarquée dans ce jeu et ses foutus rebonds ne m’a jamais abandonné,  elle a façonné le drôle que je suis devenu. Entre un possible avenir universitaire et un amour perdu, mon cœur de potache et mon esprit rebelle avaient su choisir…Pour le meilleur ? Pour le pire ? Très sincèrement, je ne saurais le dire…

 

 

 

Photo: Alain Meyer, trouvée ici.            

 

Entre gamelles et chas...

phoca_thumb_l_img_6863.jpg

Certains diront que c’est une histoire de cuisine…D’autres encore jureront que c’est une affaire d’aiguilles et de couture… Mais je trouve assez étonnant, ce sens inné de la femme pour les proportions…

 

Photo trouvée ici.

26/01/2010

Seul?

On s’assemble,

On s’unit,

On se réunit,

On se mêle,

On s’emmêle,

On s’accorde,

On se raccorde,

On s’amasse,

On s’attache,

On se lie,

On se rallie,

On s’agrafe,

On se tresse,

On s’arrime,

On se maintient,

On se cheville,

On s'additionne,

On se totalise...

Mais se pourrait-il, au bout du compte, que l'on soit tout à fait seul…

2010 01 16 SF Paris Bath027.JPG

 

Photo de Matthieu   

23/01/2010

Papa Tango Charlie

091018_GUC_F_-_Val_d_Ainan_63.jpg

Bris d’empennage,

Rupture d’envol,

Pas de piste,

Pas de tour,

Pas de contrôle…

 

Photo, Philippe Durand

21/01/2010

Question d'amour...

2010 01 19 entrainement SF jour025.JPG

 

Entre une vieille demoiselle ayant perdu la tête pour quelques  amants volages de passage et d’autres oiselles, pagelles sans Eiffel, en attente patiente, de quelques voyous sans mots doux. Je me dis que souvent, tout est une question d’amour…

 

Photo de Matthieu         

18/01/2010

Invictus.

minpousDSC_1392.jpg

Quelquefois ont peut avoir avec soi tous les dieux de l’univers,

Ne pas connaître la moindre peur,

Etre le capitaine du reste et de son coeur,

Et ne pas maîtriser tout à fait son destin...

 

 

Photo toujours trouvée au fond de cette mine. 

16/01/2010

Face à la mer...

fem4557_108777545445_642005445_3225228_7257018_n.jpg

Les grandes histoires d’amour défient le temps sur la couenne des platanes,

Certaines plus frivoles s’amusent à narguer les vagues et l’océan,

La passion est une chose qui se consume, les arbres en savent quelque chose…

Alors que face à la mer, l’amour a tout son temps ! 

 

 

Photo trouvée ici, grâce à elle.

15/01/2010

Double axel!

Comme c’est d’actualité, et pour faire remonter le morale de Vinosse…Je publie un extrait de « A cœur ovale » Livre qui est épuisé à ce jour… 

 

patinage-artistique-joannie-rochette_diaporama.jpg

 

Le congélateur de Lesdiguières avec sa pelouse rendue  minérale par la température de banquise, m'a remis en mémoire un épisode survenu il y a quelques années de cela, à Bellegarde, en seconde division. 

Cet hiver là était terrible, un temps de chien, nous jouions les matchs comme de pauvres artistes, par intermittence. Quand la météo se montrait docile, on en lâchait un.  A ce petit jeu là, le classement prenait des allures de loterie nationale. En effet, les rencontres ne pouvaient être reportées plus de deux fois, sans que la péréquation joue à notre place ( un savant calcul entre les matchs gagnés et perdus et ceux ne pouvant être disputés nous donnait un nombre de points fantaisistes, 1,32 par exemple). Les raisonnements d'apothicaires allaient bon train, chacun sortant sa calculette pour savoir quel était son avantage. Ce dimanche là, nous avions rendez-vous pour la seconde fois de la saison, chez nos amis belligardons (ce n’est pas tout à fait ça, mais je trouve le mot joli). Au départ, le dimanche matin, à Saint-Égrève, un temps pouilleux, du froid, de la pluie, une envie de rester sous la couette à faire une séance de judo avec ma ceinture noir préférée me tenaillait le ventre. Mais quand y faut  aller, faut y aller !

Nos hôtes ne nous ayant pas prévenus d'une quelconque annulation, la cohorte monte dans le car, direction les contrées sauvages de l'Ain !

Le voyage se passe comme à l'habitude, rythmé élucubrations et autres conneries ordinaires, mais plus nous approchons en direction de notre camp de base, plus la météo se gatte. Lorsque nous arrivons à destination, une belle couche de neige recouvre le paysage.

Le scepticisme gagne la troupe, les supputations vont bon train. La tendance générale portée vers l’annulation nous conduit au resto et à l’exécution d’une belle entrecôte. La pression mentale n'est pas à son comble, la rigolade, par contre, est avec nous. On a même rencard avec deux ou trois carafes de rouges, c'est vous dire ! L'équipe B s'en va la première pour la rencontre initiale. Nous les rejoignions peu après, au moment ou l'arbitre sortant du terrain, leur signale qu'ils peuvent rester en civil et organiser un tournoi de belote.  Quand je dis terrain, il faut que je précise ! Du terrain il n'y a plus que les dimensions : la pelouse, en partie déneigée par nos adversaires, est encore recouverte d'une fine couche de neige et la pluie verglaçant de la nuit, l'a transformée en une magnifique patinoire.

Impossible de tenir debout ou alors avec des patins !

Etant persuadés de l'inexistence du rugby sur glace, nous jetons nos sacs au fond du vestiaire, attendant comme une formalité, l'annulation arbitrale. Le froid nous saisissant, le brouillard tombant le rideau, nos semelles s’impatientent. C’est alors que nous voyons arriver bras dessus, bras dessous, deux compères hilares : notre siffleur, son sac sur l’épaule, et notre escogriffe de président local. Ce dernier gentiment tire notre référé jusque sur le stade.

Revenant, ils nous annoncent, sans autre forme de procès : « Messieurs, on joue ! »

Putain ! On n’en revient pas. Ce type est dingue.

Je fonce le trouver et je lui précise : « Excusez-moi de vous demandez pardon mon cher ! Je voulais juste vous informer, qu'il y a une petite méprise. On a oublié nos luges, ça va pas être possible ! »  Il m'envoie me faire pendre, le gazier, me confirmant le déroulement du match, et que si nous n'avons pas envie de jouer, pas de problème. Il ferait taper le coup d'envoi, sans nous ! Ah, on a joué ! C'est sur ! Nous, montés sur des crampons de 22, on avait fière allure. Nous t’avons fait un échauffement de ballerines, à la barre. Sitôt que nous lâchions la rampe, l'ivresse nous saisissait, une instabilité de Cap Horn, un cauchemar. Nos adversaires, tous en crampons moulés, pas une assurance tous risques, mais quand même, la houle était beaucoup moins marquée pour eux. Nous attaquons le match, premier ballon, premier en avant. Première mêlée, elle s'écroule. L'arbitre un peu inquiet demande si personne ne s'est fait mal.

Deuxième fois, elle s'écroule à nouveau.

L'arbitre siffle. Pénalité pour nous (on a jamais su pourquoi !)  Pafio notre botteur, saisit la balle, une broche et une massette, fait un trou et positionne sa gonfle. Il prend ses marques, recule de trois ou quatre pas, fait un signe de croix (en général, ce n’est pas son habitude, mais là, vu les circonstances…)  Il s'élance et là un truc incroyable ! Il nous fait un double axel, enchaîne par un triple boucle piquée... mais dommage, il rate sa réception, il s'affale sur le dos et passe en glissant à côté du ballon dans une gerbe d'eau glacée.

Nous : morts de rire. La tribune : en délire.

Les juges 5/1 5/2 5/0 5/3 5/1  5/0 4/9

Une pantalonnade !

Nous avons continué sans crosse et jusqu'au bout ce match de hockey ovale nous perdîmes 9/3, l'arbitre nous refusant un essai (on ne sait toujours pas pourquoi !) A mon humble avis, notre lascar d'arbitre était cousin par sa mère avec l'autre échalas présidentiel, ou alors, il lui devait du pognon, ce n’est pas possible autrement ! Bellegarde évita la péréquation, et nous, nous fûmes les « dindons glacés » , ou les « marrons farcis », c'est au choix, comme vous le sentez mes très chers et bons lecteurs.

13/01/2010

L'écho des montagnes de héros...

a1cefrbls2.jpg

Depuis quelques songs Bashung a déchiré son élastique,

Et le Vercors noie son spleen en buvant tous les nuages de son ciel.

Tout en bas, l’affliction, les frimas  chloroforment  les estrades en sommeil,

Et même le green a tiré le drap sur la couche de ses pageots,

Pas de mêlée, pas de train, pas de ruck à travers la plaine, 

Pourtant, des travées au berceau, subsiste encore l’écho

De toutes les sueurs, de tous les bravos,

Subsiste encore l’écho, des montagnes de héros,

Subsiste encore l’écho, des montagnes de héros…

 

Photo de François Martine:  Stade Lesdiguières et son drap d'hiver. Avec en fond le Vercors ivre de ses nuages...

11/01/2010

Puisque Camus...

Puisque Camus est à la mode...

Le charme: Une manière de s'entendre répondre "oui" sans avoir posé aucune question claire.

maitena-biraben-335045.jpg

Et oui! J'ai choisi, Maïtena Biraben pour personnifier cette citation de Camus, car elle est (pour moi...) le genre de femme que je pourrais prendre dans mes bras avant même qu'elle n'ait esquissé le premier sourire...Le charme à l'état brut! Pas une question de mensurations, de silicone ou toutes autres conneries artificielles. Elle est sympa, intelligente et pleine d'humour. Et qui plus est, elle est complètement dingue de rugby! Ce qui, vous l'aurez compris, finit de faire fondre mon petit coeur... 

10/01/2010

Burqa!

080628_Fete_GUC_13.jpg

 

Le vieux rugbyman a le sens de la décence,

Quand il est tout à la fin du bal,

Il se voile la façade.

Toujours est-il que quelques uns,

Auraient préféré sans Coran,

Qu’il se voile les restes…

 

 

Photo, Philippe Durand

09/01/2010

Le bonheur!

091018_GUC_F_-_Val_d_Ainan_56.jpg

 

Il y a des restes d’enfance,

Des sourires fugaces,

Des instants indicibles,

Des offrandes sans autel,

Des rêves sans sommeil,

Il y a le bonheur tout simplement…

 

Vous l’aurez peut-être déjà remarqué, j’aime le rugby des filles. J’aime la fraîcheur de leur envie, la joie de leurs emmêlements, l’enchantement de leur enthousiasme. J’aime ce qu’elles sont,  tout simplement !

 

 

Photo, philippe Durand. 

08/01/2010

Sous les frondaisons carbonées...

2010 01 03 MRacing-Bourgoin 004.JPG

Si tu cherches bien. Si tu batailles un peu dans cette drôle de sylve amazonienne, où la canopée des arborescences immobilières se dresse figée, offerte, tournée vers des cieux ou les anhydrides carbonés, insectes invisibles, dévorent insouciants, l'avenir au conditionnel, d'une faune incertaine... Puis, si tu insistes. Si tu coupes et découpes les lianes mouvantes des échangeurs prospères, les fougères géantes des aciers luxuriants, les ramures électriphères ou sémaphoriques emmêlées, et si tu traverses sans crainte les marécages putrides et asphaltés où bien d'autres avant toi ont laissé leur vie...Alors, peut-être pourras-tu atteindre l'endroit où s'élèvent gracieux, quatre colosses identiques, espèces d'acajous géants dont les corolles phosphorescentes illuminent sans peine une trouée vivante et surnaturelle. Si tu arrives jusque dans ces parages, rapproche-toi. Avance-toi jusqu'à atteindre le treillage de l'enceinte. Et là, déchire-toi les yeux à regarder dans ce clos zoologique où pas un seul animal n'oserait quitter sa jungle pour s'y laisser enfermer, admire une bonne trentaine de tarzans sauvages se disputer une vieille calebasse comme si leur vie en dépendait... Et là, peut-être, tu comprendras que le jeu, le rugby, ses tribus et leurs Dieux incertains font  partie des croyances originelles...

 

Photo de Matthieu, tirée de son blog Lovaleaubond                       

06/01/2010

Pierrot la tombal: La vérité...

969_2.jpg

Je viens de m'apercevoir à l'instant, que ce reportage gentiment réalisé par Télé Grenoble, est maintenant en ligne sur Youtube. Alors si vous voulez savoir la vérité vraie sur le type qui tape sur les cailloux et qui ne joue pas les requins, mais qui kiffe grave le rugby et que même des fois il essaie de courir encore...Mais que comme cela devient de plus en plus difficile, maintenant il s'amuse surtout à courir après les mots...Ovales les mots bien sûr!

05/01/2010

De tout mon coeur!

__016775_jpg_250668h.jpg

 

NB. Je ne résiste pas à l'idée de publier le mot que j'ai écrit pour la nouvelle année à ma vieille bande poussive de Gros Elans fatigués...

 

 

 Avec tous les pouvoirs qui me sont conférés…

 

J’aurais tellement aimé souhaiter la douce année et la fringante santé à toute  la Grosélande.

J’aurais tellement souhaité posséder le cabas divin plein des fabuleux sortilèges me permettant au gré de ma volonté de distribuer à tous, et surtout aux plus méritants d’entre vous, les piastres, les carrosses, les écus, les palais, et les shéhérazades  si souvent gagnés dans nos affrontements épiques lors des vendredis soirs enflammés… Je me serais mis à genoux pour avoir le pouvoir de changer vos jambes trop arquées, vos muscles livides, vos dos avachis, vos ventres enceints, vos mines déconfites, vos chevelures illusoires, vos yeux cernés et vos testicules élastiques… Oui, j’aurais voulu avoir le pouvoir de changer tout ça !

Pourtant, vous avez maintes choses prolixes. Il n’y a qu’à voir, la profusion étoilée de vos varices gonflées par un excellent cholestérol. L’abondance de rides et autres vergetures maillant à merveille vos doux épidermes de sauriens ne valant pas grand-chose. Le son creux, voire bouddhique et caverneux de vos couilles se frappant l’une contre l’autre et portant aux oreilles de magnifiques donzelles la musique enchanteresse mais preuve de la terrible vérité du vide éternel qui les habite à jamais… Je pourrais aussi faire entendre l’horloge de vos cœurs de midinettes s’emballant un peu plus chaque année, alors que la diminution des kilomètres à pinces que vous parcourez est proportionnelle à l’emballement cardio-vasculaire de la chose qui ne vous sert plus qu’à survivre plutôt qu’à aimer…

Si j’étais Dieu j’aurais pu vous accorder mille choses !

J’aurais pu vous promettre le bonheur et l’érection pour l’année qui s’ouvre et peut-être un peu plus encore… Mais je ne suis qu’un simple mortel. Et comme je ne suis pas en meilleur état que vous, j’oublierai tout ça.  Et je vous demanderai simplement de serrer les fesses et de vous accrocher aux branches, pour que je garde l’indicible espoir de vous conserver dans la liste éminente et précieuse des personnes ayant l’ineffable honneur de m’avoir comme ami…

 

Cordialement,

 

Votre dévoué et sincère Prince…

 

Pierrot la tombal (1er) 

04/01/2010

Soleil au zénith, pied fantôme et sourire à jamais...

 

2517096.jpg

C’était dans les folles seventies, quand les trente glorieuses allaient finir de se marrer…Il était un de ces ouvreurs Peter Panesque, virevoltant et torero, ignorant tout des placards, bouchons et autres douceurs caramélisées… Pour lui, le placage ne se conjuguait qu’au féminin. Il plaquait à tour de bras tous les parterres des filles en fleurs qui ornaient, sonores,  la main-courante… C’était un de ces drilles qui n’en démordent pas, croyant dur comme fer que le soleil de leurs vingt ans ne descendra jamais du zénith de leur stade… Que ce maillot d’amour protégera éternel, l’épiderme de leur jeunesse. Que leur bonne humeur et leurs jambes alertes n’accrocheront jamais les rides des saisons qui passent. Il buvait la vie par le bout de toutes ses mi-temps, ne voyant jamais finir l’horizon des comptoirs chantants. Et pourtant chez lui la prêtrise était innée, ses sermons duraient  quatre vingt minutes, rythmés par la litanie religieuse du chapelet sanctifié, des drops miraculeux qu’il dessinait entre les perches icônes, et dans le ciel sulfureux de ses dimanches seigneuriaux.

Mais aujourd’hui, le drille s’est affaissé. Sa mine par trop de fruits sacrifiés cède à la déconfiture. Son sang sur le feu d’une vie enfiévrée n’en finit pas de s’épaissir… Et j’ai appris l’autre jour, par mon grand frère, cet autre héros qui l’accompagnait lui aussi dans ses tours magnifiques et pendables. J’ai appris que ce seigneur des avants, des pendants, et des sacrés après-matches, avait eu par la Faculté obligée…Avait eu son arme, sa belle arme magique, son pied sacré, coupé sans autre forme de procès. Et qu’il devrait aujourd’hui, marcher avec seulement le fantôme de ce qui avait fait de lui le prophète glorieux de mes quinze ans…

Et mon frèrot de me dire avec le regard embué…

"Que même si le diable de diabète a gagné, et que même si plus jamais son vieux pote Gégé, son numéro 10,  ne fera passer un ballon par dessus la barre, son sourire lui,  sera toujours accroché à sa face enjouée. Et que ça ! même un toubib, ne pourra jamais  lui couper ! "