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15/01/2010

Double axel!

Comme c’est d’actualité, et pour faire remonter le morale de Vinosse…Je publie un extrait de « A cœur ovale » Livre qui est épuisé à ce jour… 

 

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Le congélateur de Lesdiguières avec sa pelouse rendue  minérale par la température de banquise, m'a remis en mémoire un épisode survenu il y a quelques années de cela, à Bellegarde, en seconde division. 

Cet hiver là était terrible, un temps de chien, nous jouions les matchs comme de pauvres artistes, par intermittence. Quand la météo se montrait docile, on en lâchait un.  A ce petit jeu là, le classement prenait des allures de loterie nationale. En effet, les rencontres ne pouvaient être reportées plus de deux fois, sans que la péréquation joue à notre place ( un savant calcul entre les matchs gagnés et perdus et ceux ne pouvant être disputés nous donnait un nombre de points fantaisistes, 1,32 par exemple). Les raisonnements d'apothicaires allaient bon train, chacun sortant sa calculette pour savoir quel était son avantage. Ce dimanche là, nous avions rendez-vous pour la seconde fois de la saison, chez nos amis belligardons (ce n’est pas tout à fait ça, mais je trouve le mot joli). Au départ, le dimanche matin, à Saint-Égrève, un temps pouilleux, du froid, de la pluie, une envie de rester sous la couette à faire une séance de judo avec ma ceinture noir préférée me tenaillait le ventre. Mais quand y faut  aller, faut y aller !

Nos hôtes ne nous ayant pas prévenus d'une quelconque annulation, la cohorte monte dans le car, direction les contrées sauvages de l'Ain !

Le voyage se passe comme à l'habitude, rythmé élucubrations et autres conneries ordinaires, mais plus nous approchons en direction de notre camp de base, plus la météo se gatte. Lorsque nous arrivons à destination, une belle couche de neige recouvre le paysage.

Le scepticisme gagne la troupe, les supputations vont bon train. La tendance générale portée vers l’annulation nous conduit au resto et à l’exécution d’une belle entrecôte. La pression mentale n'est pas à son comble, la rigolade, par contre, est avec nous. On a même rencard avec deux ou trois carafes de rouges, c'est vous dire ! L'équipe B s'en va la première pour la rencontre initiale. Nous les rejoignions peu après, au moment ou l'arbitre sortant du terrain, leur signale qu'ils peuvent rester en civil et organiser un tournoi de belote.  Quand je dis terrain, il faut que je précise ! Du terrain il n'y a plus que les dimensions : la pelouse, en partie déneigée par nos adversaires, est encore recouverte d'une fine couche de neige et la pluie verglaçant de la nuit, l'a transformée en une magnifique patinoire.

Impossible de tenir debout ou alors avec des patins !

Etant persuadés de l'inexistence du rugby sur glace, nous jetons nos sacs au fond du vestiaire, attendant comme une formalité, l'annulation arbitrale. Le froid nous saisissant, le brouillard tombant le rideau, nos semelles s’impatientent. C’est alors que nous voyons arriver bras dessus, bras dessous, deux compères hilares : notre siffleur, son sac sur l’épaule, et notre escogriffe de président local. Ce dernier gentiment tire notre référé jusque sur le stade.

Revenant, ils nous annoncent, sans autre forme de procès : « Messieurs, on joue ! »

Putain ! On n’en revient pas. Ce type est dingue.

Je fonce le trouver et je lui précise : « Excusez-moi de vous demandez pardon mon cher ! Je voulais juste vous informer, qu'il y a une petite méprise. On a oublié nos luges, ça va pas être possible ! »  Il m'envoie me faire pendre, le gazier, me confirmant le déroulement du match, et que si nous n'avons pas envie de jouer, pas de problème. Il ferait taper le coup d'envoi, sans nous ! Ah, on a joué ! C'est sur ! Nous, montés sur des crampons de 22, on avait fière allure. Nous t’avons fait un échauffement de ballerines, à la barre. Sitôt que nous lâchions la rampe, l'ivresse nous saisissait, une instabilité de Cap Horn, un cauchemar. Nos adversaires, tous en crampons moulés, pas une assurance tous risques, mais quand même, la houle était beaucoup moins marquée pour eux. Nous attaquons le match, premier ballon, premier en avant. Première mêlée, elle s'écroule. L'arbitre un peu inquiet demande si personne ne s'est fait mal.

Deuxième fois, elle s'écroule à nouveau.

L'arbitre siffle. Pénalité pour nous (on a jamais su pourquoi !)  Pafio notre botteur, saisit la balle, une broche et une massette, fait un trou et positionne sa gonfle. Il prend ses marques, recule de trois ou quatre pas, fait un signe de croix (en général, ce n’est pas son habitude, mais là, vu les circonstances…)  Il s'élance et là un truc incroyable ! Il nous fait un double axel, enchaîne par un triple boucle piquée... mais dommage, il rate sa réception, il s'affale sur le dos et passe en glissant à côté du ballon dans une gerbe d'eau glacée.

Nous : morts de rire. La tribune : en délire.

Les juges 5/1 5/2 5/0 5/3 5/1  5/0 4/9

Une pantalonnade !

Nous avons continué sans crosse et jusqu'au bout ce match de hockey ovale nous perdîmes 9/3, l'arbitre nous refusant un essai (on ne sait toujours pas pourquoi !) A mon humble avis, notre lascar d'arbitre était cousin par sa mère avec l'autre échalas présidentiel, ou alors, il lui devait du pognon, ce n’est pas possible autrement ! Bellegarde évita la péréquation, et nous, nous fûmes les « dindons glacés » , ou les « marrons farcis », c'est au choix, comme vous le sentez mes très chers et bons lecteurs.

Commentaires

L'arbitrage à la maison, je trouve çà des glaces.

Écrit par : Pascalou | 15/01/2010

Ouais, je commente enfin...

Ton anecdote est plaisante et tu la racontes bien...

On souffre à postériori pour les pôvres gars qu'on du obéir à ce président idiot, ou bourré !!!

Ce dimanche c'est la pluie qui a convaincu St Pierre des Corps, d'annuler...

On espérait organiser un match amical chez nous, mais j'ai peur qu'on nous l'interdise aussi...

Pff... ce qui nous manque aussi, c'est le rassemblement de midi autour du comptoir et des tables... Les bouteilles de la cave à Gino... Le vieux Cognac de V... le bon repas...

Écrit par : Vinosse | 16/01/2010

Comme je te comprends...J'ai le goût du cognac sur les lèvres!

Écrit par : pierrot la tombal | 16/01/2010

Les commentaires sont fermés.