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16/03/2009

Le chanteur talonneur.

 

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Il y a des semaines comme ça où tout un tas d’événements te tombent sur le coin de la face. La semaine écoulée en fut un parfait exemple. Mon tourment débuta aux aurores de la huitaine, un archevêque atrabilaire et viril, excommuniait droit dans sa soutane tendue par sa vigueur autoritaire, une mère de famille et une troupe de toubibs pour l’avortement d’une petite fille de neuf ans enceinte d’une grossesse gémellaire, basses œuvres de son immonde violeur de beau-père…J’ai un profond respect pour les croyances humaines, mais que dire des institutions hiérarchisées qui définissent les contours fielleux des dogmes, leurs galons ecclésiastes doivent comme pour les adjudants avinés leurs monter à la tête. Ou alors, c’est peut-être à force de rien avoir à faire que  leurs sens endormis se réveillent en sursaut et échappent agiles au contrôle des neurones fatigués de leur propriétaire…

En presque fin de semaine, j’avais encore le goût amer de cette histoire sur les papilles de ma conscience, quand j’appris le drame musical : Bashung venait de rendre les clés de son âme ! Le Sieur Alain, j’avais eu rendez-vous avec lui, cet automne, au Summum de Grenoble. Comme les trois mille autres rencards, je fus subjugué par la classe du bonhomme, un concert d’émotion retenue, de musique divine et de textes surnaturels…Un vrai, un grand bonheur…

Quel rapport avec le rugby me direz-vous ! ?

Et bien justement, ce fameux soir, j’ai eu le sentiment que le gars Bashung  est entré sur scène comme on entre sur un terrain de rugby. Sans fioritures. Sans superflu. Rien que les épaules rentrées et son chapeau vissé, avec le cancer comme unique adversaire. Il venait combattre la bête et donner de l’amour et de la chaleur. Cette salle comble sentait l’humain, la vie partagée, la douleur comprise et les maux adoucis. Ce soir là, notre artiste a donné à ses tribunes les chavirements d’un essai marqué après mille passes. Ce soir là, il était en première ligne et plongeait aussi derrière sa mêlée…Ce soir là, il était aussi tous les archevêques de la terre réunis, il était le grand prêtre magnifique d’une messe accomplie…

Ce soir là, il avait ce qu’il a manqué à une équipe de France déjà en deuil de lui…

Ce soir là Bashung était un talonneur, chanteur et immortel !          

Commentaires

Très touchée par le décès de ce grand chanteur, dont j'ai su apprécier le talent que très tardivement, avec l'âge...
Merci pour cet hommage Pierrot

Écrit par : margaux | 16/03/2009

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