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31/01/2009

Le week-end dernier...

 

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Je n’étais pas dimanche à Lesdiguières. Un pressentiment m’en avait éloigné. Quelques vieilles nostalgies et une jeunesse guerrière m’avaient invité au stade près de  la mairie, à Saint-Égrève. La bas, j’ai vu une poignée de Crabos et une bande de Reichel jetaient à la face de l’hiver et sous les rires du soleil de janvier une envie pas vraiment ordinaire. L’envie, ça n’est pas toujours jolie. C’est fait de hauts et de bas, de crasses et de splendides, de fautes et de rédemptions. D’alternances magnifiques entre le moche et le sublime, mais surtout, l’envie affiche en 4 par 3 les valeurs des gros cœurs.

Les plus jeunes ont estoqué leurs roses adversaires sur la fin. Après la mise à mort, ils se sont serrés très fort sur le sable de l’arène. Et puis, ils sont allés comme un seul homme faire la haie pour l’entrée de leurs aînés. Eux ont pénétré groupés comme une tortue romaine que le besoin d’en découdre aurait dissipé…Le combat et l’estocade des plus grands n’ont pas été moins beaux. Lorsque l’envie s’attelle au courage et que cet équipage est mené par le talent, alors forcément joueurs et spectateurs en prennent pour leur comptant.

J’ai retrouvé toute cette belle engeance au comptoir du Néron. Une réception conviviale et joyeuse où nos lascars vainqueurs se rassasiaient…Accoudé, je buvais ma bière quand j’ai appris le résultat contre Albi…Dépité, je me consolais avec les rires des guerriers en devenir. Tout en les observant, Je me demandais s’ils avaient conscience que peut-être, ils vivaient leurs plus belles années de rugby. Qu’à cet âge là, tout est plus simple et plus facile. Que d’être ensemble, réunis était pour eux la plus belle des choses.
Je me disais aussi, que le rugby professionnel est certainement plus compliqué.  Qu'il nourrit son homme, mais ne comble pas forcément le rugbyman…
En espérant  que les jours à venir me fassent mentir…

NB : victoire des Crabos et Reichel grenoblois contre le Stade Français, et défaite du FCG contre Albi

Photo Mak boubeker : Equipe Reichel  

29/01/2009

A genoux...

 

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Il y a des balles ovales qui sont comme des livres de prières.

A genoux au pied des patères crucifiées,

L’homme puise dans le souvenir des saintes trajectoires,

La foi renouvelée...

 

 

Photo Thomas Bianchin

28/01/2009

En cage. (part 2)

medium_cage.2.jpgLes tourments devenaient maintenant infernaux, un étau incroyable le cernait de toutes parts, comme si les murs de sa cage avaient décidé de le digérer. Comme le sentiment de n’être plus qu’un aliment, qu’un entremet, qu’une sorte d’amuse-gueule pour mâchoires affamées éructant entre chaque bouchées. Cette gueule démoniaque possédait même de foutus crocs. Une canine pernicieuse exerçait sadique, une pression du diable qui lui enfonçait les côtes sur le flanc gauche. Ses flottantes étaient sur le point de se noyer, encore quelques secondes et elles allaient toucher le fond vertébré de sa piscine thoracique. La douleur le fit ahaner. Un soubresaut digestif de la bête le plia en deux, son front contrit embrassa surpris ses genoux penauds. La vision de ses chaussures sous cet angle inattendu lui fit esquisser un sourire, l’éclair d’une dague plantée dans ses reins le lui arracha d’un trait net. C’est à ce moment là que ses souliers décollèrent. Ils s’élevaient du sol contre sa volonté. Une poussée puissante et régulière lui soulever le fondement, tandis que sa tête attaquait en rase-mottes. Etre aviateur était depuis sa plus tendre enfance le plus beau de ses rêves. Il s’imaginait en voyageur des grands espaces éthérés, pourfendant conquérant les bleus alizés, fendant en vainqueur les lignes blanches des cordillères aux cimes inviolées. Il s’imaginait tout ça, mais surtout pas être un as de la voltige, faisant des loopings la tête en bas le corps mâché par la pression atmosphérique au ras des touffes, engoncé dans une carlingue broyeuse qui n’aurait qu’une envie l’écraser…

Mario se demandait combien de temps il pourrait encore tenir. Ses cervicales malmenées hurlaient à la mort. Il ne discernait plus maintenant les murailles de son cachot. Les perspectives géométriques avaient explosé. Les trois dimensions s’emmêlaient. Il commençait à comprendre le sens de la quatrième. Un sentiment quasi religieux l’envahit. Ne serait-ce pas ça la révélation ? N’avait-il pas tout simplement rendez-vous avec Dieu… ?                               

 

 à suivre…               

19:30 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

26/01/2009

Chaplin Attitude.

 

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Quelquefois les enfants font des hommes qui traversent les stades et l’existence du pas désinvolte des grands et beaux destins…

Comme une légèreté tatouée,

Comme un secret enfoui,

Comme une Chaplin attitude accrochée à la vie…

 

Photo Thomas Bianchin pour le livre "A coeur ovale"

24/01/2009

Demis et divagations.

 

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Au rugby les demis sont généralement des gens entiers qui vont par paires.

Etrangement, si vous les additionnez, vous obtiendrez un résultat que deux ne divise pas.

 

Les demis moi je les bois, alors qu’ils sont presque toujours imbuvables.

Il faut dire que pendant un temps certain j’ai été une de ces moitiés ingérables…

 

En principe, un demi ça mousse et  ça déborde,

moi ceux que je connais ne débordent pas souvent, aboient tout le temps, et leur écume n’étanche pas grand monde…

 

Les demis sont souvent brillants sur le bord d’un zinc,

Plus les uns se vident, plus les autres sont pleins…

 

Deux moitiés de joueurs peuvent te faire gagner un match,

J’en connais aussi qui te font perdre tout un championnat…

 

Les demis ne connaissent rien à la musique,

La preuve, ils n’ont aucune mesure...

 

Un demi, c’est habituellement  un œil, une passe, un pied, une bouche,

Moi j’appelle pas ça une moitié, c’est tout au plus un tiers ou un quart, voire moins…

22/01/2009

En cage. (part 1)

medium_cage.jpgMario ne savait plus depuis combien de temps il était là. Il lui semblait que sa tête résonnait telle une volée de beffroi un soir de nativité chrétienne. Il ne se rappelait de rien. Son état civil était un vague reflet dans l’onde agitée de ses souvenirs, et l’inconfort de sa position actuelle était tout simplement mystérieux. Il faut dire que même si les cloches commençaient à se lasser d’annoncer l’enfantelet, sa calebasse à l’envers en position de tondeuse à gazon finissait par lui emplir le cerveau du mazout frelaté qui coulait habituellement dans ses veines. C’est vrai que notre lascar s’oxygénait plus souvent les globules au bord des comptoirs perfuseurs plutôt que dans des stages commandos en haute altitude…En guise de stage, il était servi ! Outre le fait d’avoir l’encéphale tourné vers les antipodes, un carcan infernale lui maintenait les épaules vers l’arrière comme si quelques tortionnaires guantanamesques avaient décidé de le faire parler…Cette dernière pensée lui glaça les os et inonda son échine. Et si effectivement il se trouvait dans ce trou à rats de la CIA?  Il n’avait jamais caché ses accointances pour les peuples en déroutes, les bondieuseries de l’oncle Sam le faisaient gerber, et ses origines mi-Mauresque mi-Sangria avaient endeuillé la palette de ses yeux pour le restant de ses jours et  les mille générations qui viendraient après lui. En parlant de filiation, notre héros avait une paternité encore hésitante, ce n’était pourtant pas faute d’avoir débusqué les mères potentielles, mais dès qu’elles posaient sur lui un regard énamouré, notre hidalgo dont le cœur battait fort entre ses cuisses, prenait ses jambes à son cou pour échapper au grand Amour qu’elles juraient de lui faire avaler... A cet instant précis, notre don juan regretta de ne pas avoir cédé aux trompettes maritales. Sa situation ne s’arrangeait pas. Son corps écartelé menaçait de faire grève, un débrayage impromptu  pourrait bien mettre un terme définitif au rythme aléatoire de sa respiration…Et tout ça sans progéniture, la vie de nos jours était vraiment trop dure!

 

  à suivre…               

19:00 Publié dans Nouvelles | Lien permanent | Commentaires (0)

19/01/2009

La Femme Ovale

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Pénombre complice

Lueur séminale

Vestiaire en cloque

Naissance de la Femme Ovale.

 

 

Photo Thomas Bianchin

18/01/2009

La 200 ème note...

 

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S’ils respectent les temples et les dieux des vaincus, les vainqueurs seront sauvés.

 

Eschyle, Agamemnon. 

 

 

 

Cela vaut entre les lignes d’un stade, mais aussi et surtout entre les frontières et les cœurs des hommes…

15/01/2009

Vice et versa ?

 

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On peut tout imaginer quand on voit une première ligne distraite au moment d’entrer en mêlée. On pourrait même penser qu’à cet instant précis, une créature accorte défilant le long de la main courante accapare nos trois gaillards…

 

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C’est idiot, mais je suis à peu près persuadé que l’inverse ne sera jamais vrai… 

 

 

Photo Mak Boubeker: FC Grenoble et Rugby Sassenage Isère

13/01/2009

Bandeau musical

 

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Depuis l’an 1 de l’ère Webb Ellis les secondes lignes ont toujours déchiffré la musique. La clé de sol du mental accrochée à leurs bandeaux, ces mélomanes avertis goûtaient à l’harmonie de la mélodie...Que cela soit au cœur des symphonies emmêlées ou dans la folle improvisation des mauls. Toujours au diapason, nos lascars ne s’écartaient jamais de l’œuvre à accomplir. De nos jours l’engeance toute neuve des Spanghéro et autres Dauga, planquent au creux de ses oreilles un subterfuge mnémotechnique sonore qui lui permet de jouer sans vraiment connaître le solfège…

 

Photo T. Bianchin                             

12/01/2009

A mon Cor(dingley) défendant...

 

medium_Australia9_gallery_283x400.2.jpgA mon Cor(dingley) défendant, je suis obligé de reconnaître la faiblesse récurrente du jeu grenoblois. J’en suis également à avouer contrit que les râleurs chroniques et les tronçonneuses productrices des monceaux de sciure au pied des tribunes commencent (presque) à me paraître sympathiques. Cette fois ci mes chers amis je ne revêtirai pas ma burkha, Al Quaïda peut bien me lancer une fatwa aux fesses, aujourd’hui je ne me voilerai pas la face. Le jeu des rouges et bleus est en complète contradiction avec les saintes écritures ovales. Et il faut croire au saint Esprit et de pas avoir l’esprit tout à fait sain pour continuer à venir communier dans la cathédrale de Lesdiguières. La ferveur religieuse s’est enfuie de ce lieu pourtant sanctifié. Ce stade mythique à des airs de chambre froide, l’air y est polaire et une morgue au réveillon doit être moins ennuyeuse que la vie de travées engoncées que nous subissons depuis plusieurs semaines…J’aime le jeu. J’aime les joueurs. J’aime vibrer, espérer et rire. J’aime me lever le cul de mon siège, j’aime coller une grande claque dans le dos de mon voisin. J’aime les bières euphoriques et les sourires de cercueils de nos adversaires malheureux. J’aime la jubilation de la gagne mais aussi les belles défaites courageuses…

Samedi soir, seule la passe de Sam(Cordingley ) m’a fait croire en des jours meilleurs. Une petite demi-heure sur le pré et la luminescence de sa transmission a éclairé le moral en berne des jambes en panne de nos gars de derrière. Deux ou trois de ses jets fulgurants ont ouvert les espaces et libérés les esprits. Je crois en notre australien, je crois en ses qualités de meneur de troupes. Mais je ne jette pas pour autant aux orties le jeune Rochette, j’apprécie ce garçon, j’estime son tempérament et son intelligence. Et je suis sûr qu’au contact de son aîné, il se fera encore meilleur…

L’échéance de la semaine prochaine à Colomiers sera révélatrice. La sentence à mon avis impitoyable. La condamnation sans appel : L’espérance des phases finales ou la mollesse sordide du ventre mou…                  

07/01/2009

Vidéo Surveillance...

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 Vous pourriez  me croire vous qui parcourez cet « Esprit en mêlée » un peu limité dans l’usage de l’Internet - Et vous auriez raison ! - Pas une seule vidéo pour illustrer le plus télégénique des sports, pas une seule image,  pas le moindre mouvement, pas la plus petite action géniale ou comique, pas la moindre mêlée relevée ou bagarre générale…Non rien de tout ça ! En dehors du fait que je ne comprends rien aux fonctions idoines des interconnections tentaculaires de l’informatique en ligne. Je n’aime pas la vidéo ! J’ai horreur de ça. Les séances obligées chez le voisin de palier vous faisant profiter de ses villégiatures à travers le monde, m’insupportent…Les 75 ans de la grand-mère, le départ en retraite, le match du dimanche après-midi sont des événements magnifiques pour les participants. Mais il suffit de passer toutes ces petites magnificences dans l’autocuiseur de l’objectif d’une caméra vidéo pour que tous les beaux instants et les bons sentiments se ratatinent, se rabougrissent, deviennent  gris, mesquins, fades et pour tout dire à vomir.

S’il y a un art qui ouvre le regard, qui élargit votre fenêtre, qui rend à l’homme son imaginaire, qui laisse s’inventer les histoires…c’est bien la photo ! La photo n’oblige à rien. Elle témoigne. Elle est le premier temps d’une valse à écrire. Elle est le livret d’un opéra en devenir. La photo fait ce qu’elle veut, elle peut-être moche ou sublime à loisir, elle peut même être les deux en même temps. Elle peut révéler, célébrer, casser, pourrir et rendre pourtant nobles les hommes en survivances,  infâmes les plus beaux palais,  Castafiore les plus grinçantes crécelles, et plus libre que l’air les âmes emprisonnées…

Je me contenterais donc(tant que mon esprit restera emmêlée…) de vous faire partager les talents de quelques amis chasseurs d’images…Et si certains d’entre vous, chers visiteurs anonymes,  possèdent l‘étincelle fabuleuse du regard photographique, envoyez-moi vos clichés à caractère ovale, et je me ferais un plaisir de les publier en y accrochant bien sûr, les mots qui me montent au clavier à chaque fois qu’une photo me fait frissonner…       

05/01/2009

Alignés...

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Alignés entre ombre et lumière,

Alignés avec le ventre mangé et l’envie pour seule faim,

Alignés au son des sillons assoiffés et des larmes en débord,

Alignés le bleu sur le cœur et le soleil dans les gradins,

Alignés pour croire en son étoile et inventer son ciel.

 

 

Photo Thomas Bianchin: Un après midi en bleu à Durban…  

02/01/2009

Pensée à deux balles...

 

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 Je me disais : « Pourquoi s’évertuer à courir après une balle alors qu’ailleurs, c’est elle qui vous rattrape… »

01/01/2009

Nathan aux voeux.

 

 

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J’aurais pu choisir Chabal et sa tignasse, Michalac et ses appuis ou alors Vincent Clerc pour sa gentillesse. J’aurais pu faire ces choix et  bien d’autres encore…Mais je voulais pour cette nouvelle année qui sera, j’espère pour vous pleine d’étreintes, de liesse, de moments partagés…Et vide de chagrins, d’amour rompu et d’âmes envolées…Je voulais donc vous parler de Nathan, petit homme en ovale qui met tout son monde à l’envers et renverse son univers. De ce gamin qui déborde de sa différence toutes les lignes de son stade. Petit garçon que ses potes rattrapent par le maillot pour qu’il partage avec eux, épaules contre  épaules, au cœur de leurs rucks de l’enfance toutes les règles compliquées qui bâtissent une équipe de rugby. Il joue à Vincennes. Philippe, son père est l’éducateur convaincu de cette troupe.  Il croit aux bienfaits du partage, de la transmission,  aux valeurs affectives du jeu pour ouvrir en grand le soleil de son fils(et d’autres…) quelquefois lunaire.

Ha, j’oubliais ! Nathan est autiste, mais je suis persuadé que dans un monde tolérant, cela n’a pas  beaucoup d’importance…

 

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 Vous pouvez découvrir le blog de Philippe De Joncheere « Le bloc note du désordre » où clichés, pensées, états d’âmes, coups de gueule et croquis s’entremêlent dans un magnifique « fatras »...Et puis le mercredi, c'est rugby! 

http://www.desordre.net/blog/blog.php3