Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/10/2008

Le rugby enchanté!

 

medium_vincent3.JPG

 

Il y a mille façons de ritualiser la tentative elliptique d’un engin ovale entre des perches…Les simagrées, minauderies ou autres coquetteries pour préparer le mental d’un pied pourraient souvent prêter à rire. Et puis il arrive qu’au détour d’un stade, bien loin des averses déprimées arrosant sans vergogne la belle détermination d’un Wilkinson…Vous puissiez croiser un botteur assoupi, puisant en quelques secondes de sieste toutes les forces telluriques du continent des origines pour que les âmes et les esprits accompagnent triomphalement l’arme de la victoire…

L’Afrique est enchantée ! son rugby ne l’est pas moins…  

 

Photo: Vincent Wartner   

28/10/2008

Comme promis...

Comme promis, je vous poste aujourd'hui l'histoire écrite pour "A coeur ovale" et citée par J.C Collin dans son livre "Au dessus de la mêlée..." 

Un bandeau rouge et dix centimes dans ma poche.

medium_entraineur.4.jpgIl y a des entraîneurs remarquables par leur science, leurs compétences, qui vous font des discours de thésard : La touche, ce n’est pas une touche, mais une organisation collective de conquête aéro-tactile. La mêlée, ce n’est pas une mêlée, mais une union mécanique des forces de poussée horizontale.

A l’opposé, tu as l’entraîneur viscéral, le sanguin, l’affectif, celui qui te fait pleurer en te parlant de la grippe de ta grand-mère. Celui qui te regarde dans les yeux en te jurant que t’es le meilleur joueur du monde. Celui qui te dit que le rugby, c’est la guerre, et qu’à la fin du match il ne veut pas voir un adversaire vivant.

    

L’histoire qui suit parle un peu de tout ça,  à Saint-Égrève, il y a vingt ans, un soir de semaine, en fin de saison au cours de la finale universitaire UFRAPS Paris contre UFRAPS Nice :

L’entraîneur des Niçois n’était autre que le grand Daniel Herrero. Il y avait environ une quarantaine de spectateurs en tout et pour tout, les deux équipes s’échauffaient dans leur embut respectif, le père Herrero était appuyait contre la main courante. Je m’approche et l’interroge sur l’issue du match à venir.

 

Le gitan au bandeau rouge me toise et commence une de ses explications dont il a le secret :

« Tu vois les Parisiens là bas, ils sont immenses, une équipe terrible, solide devant, des gazelles derrière, ils ont plein de joueurs du Racing (Xavier Blond était leur capitaine), ces types ils sont dix fois meilleurs que mes gars. Dans mon équipe moi ! J’ai Pim Pam et Poum, deux volleyeurs, un judoka, un lanceur de javelot. Mais tu vois ! Si tu as dix centimes dans ta poche, mise les sur mon équipe. Tu vas voir des morts de faim, des jobards, des gonzes qui vont rien lâcher, les parigots ? il va falloir qu’ils nous passent sur le corps pour la gagner cette finale. »

Ca n’a pas manqué, les Niçois étaient de partout, ils plaquaient à tour de bras, y en a pas un qui a vu la couleur des yeux de son vis à vis tellement ils avaient la tronche à ras du gazon pour dégommer les titis parisiens. Ils ont fait de la résistance, bien sur, ils ont perdu, mais seulement de six petits points. A la fin, Daniel  est rentré sur le terrain, le bandeau de travers, la larme à l’œil. Il embrassait ses volleyeurs, son judoka, son lanceur, ses véliplanchistes, son jongleur et la bande de gymnastes et de nageurs qui complétaient sa horde.

Tout ça pour dire que le rugby, c’est dans le cœur et dans les tripes, ça commence avec un mental de potache, de guerrier de cour d’école. C’est fait de gnons, de coups qui, dès ton enfance font de toi un conquistador, un chef de meute, un bandit de vestiaire, un pendard de comptoir. Et même si tu es en Top 14, en Pro D2, en F1 ou même en série régionale, il te faut ça ! Bien sur, ça ne suffit pas, mais si tu n’as pas cela, tu n’as rien !

 

C’est vrai que le rugby a évolué, c’est vrai que tout est plus technique, plus précis, plus professionnel. Mais si le prix de cette évolution, c’est l’abandon des valeurs et de l’esprit de ce sport, je vous le dis sincèrement, ça ne sera plus le mien.

 

 

Dessin de Poupard pour l'excellente BD "Les rugbymen"              

 

26/10/2008

Surprise chez Paulo!

Samedi soir j’étais d’anniversaire !

Les 62 ans de Paulo, psychologue et rugbyman patenté. Je vous rassure, je suis beaucoup(beaucoup…encore plus) plus jeune que mon pote Paulo. Nous avons partagé les joies du stade alors que j’étais un tout jeune junior que ses grandes qualités(je sais ! J’ai le melon…) faisaient courir avec les grands…Mon fêté d’hier soir jouait à l’arrière, un coup de pied énorme, une muleta à la place du placage, une crise de nerf toujours sur le feu en faisaient un joueur indispensable(sauf en défense…) et un fort en gueule à la psychologie parfois déroutante…(Je sais, tous les psys sont comme ça…). Je livrai (cadeau attendu) à mon récipiendaire notre dernier Ruck photographique et littéraire. Un large sourire illuminait sa face vieillissante(putain ! y va pas aimer) et tout en feuilletant son présent il me déclarait :

« Tu sais que tu es cité dans le livre de Jean-Christophe Collin « Après la mêlée.. » livre sorti en début d’année et qui retrace la dernière coupe du monde »

Moi : « Non ! Tu déconnes… »

« Si je t’assure ! Attends, je te montre »

Et là, il m’a sorti le bouquin en question, à la page 104, J-C Collin, pour illustrer le fait que les Français étaient allés puiser dans les ressources du mental pour faire chuter des Blacks qui, à priori, leurs étaient supérieurs dans tous les compartiments du jeu,  livre un passage de « A cœur ovale » où je raconte ma seule et unique rencontre avec Daniel Herrero qui était alors l’entraîneur de l’UEREPS de Nice, et qui affrontait ce jour là, l’UERPS de Paris en finale.

Promis! Dans la semaine je vous poste cette histoire qui s'intitule:

"Un bandeau rouge et dix centimes dans ma poche"

25/10/2008

L'arc!

 

medium_vincent2.JPG

 

Ils n’avaient qu’une seule arme.

Un arc !

Qu’ils tendaient à tout rompre.

Le grand trait partait tout droit, à la verticale.

Presque toujours, il pourfendait le même animal.

Un oiseau sans plumes,  de poids égal.

Ils l’avalaient très vite, le digéraient à peine.

Et nourrissaient avec les reliefs le restant de la troupe.

 

Photo: Vincent Wartner

22/10/2008

Ovale libéral?

 

medium_finances.2.jpg

Le rugby est-il un jeu ultra libéral ?

Une fois que j’ai dit ça vous allez croire que le pierrot est tombé la tête la première sur l’angle saillant de sa tombal(e). Que la dureté minérale aura eu raison de ses fulgurantes capacités neuronales…Que la folie folle à fait tourner le lait des mamelles de sa poésie. Que son analyse ovale ne sera plus jamais romanesque. Que la triste réalité bancaire a déteint sur son phrasé. Que ses graphiques affectifs sont désormais comptables. Que sa comptabilité n’additionne plus les beaux gestes gratuits et soustrait TTC tous les errements sans amour…

Mais pourtant je vous le dis !

le rugby n’a de cesse depuis des années de laisser de la marge, de libéraliser les règles fondamentales, d’élargir les marchés, de susprimer les investisseurs du large…Et pourtant ce sont les défenses qui  ont le vent en poupe, les parades qui progressent, les barrages qui se renforcent,  les bolcheviques protectionnistes monteurs de moellons sur la ligne des 22 qui capitalisent, les fabricants d’ouvreur canonniers  qui se marrent, les stockeurs de drop et de pénalités qui se fendent la poire…

Non décidément, libéraliser l’ovale ne sera jamais rentable pour les banque(ttes)  des amoureux des gros rendements…

Dans le même temps, je ne suis qu’un petit épargnant qui a les yeux plus gros que le ventre…

Malgré lui, l’IRB sera bientôt la seule banque au monde que l’on n’aura pas besoin de renflouer !

Et d’aucuns disent que le rugby est un sport de droite…

19/10/2008

Lesdiguières: La belle jeunesse...

 

medium_FCG-CSBJ_Reichel_04_1_.JPG

 

Hier, par un soleil d’indien refusant de tuer son été, j’ai vu Lesdiguières en fête…Pas un Lesdiguières paré des atours empesés (parfois) du côté professionnel de l’ovale…Mais un stade empli des vibrations alertes de la belle jeunesse. Un stade tout enguirlandé des admirables arabesques que dessinèrent les jambes insatiables des Reichel grenoblois.

Une première mi-temps somptueuse ! Quarante minutes symphoniques. Les cuivres tout à l’avant  faisant sonner les cor(p)s de leur puissance chasseresse. Emmenant tout à trac, les fines sonneries des  choristes du large. Un régal ! Une osmose parfaite, un équilibre divin entre l’obligatoire détermination du mental et la splendide lucidité des têtes bien faites…

L’alternance parfaite du large et du profond, du jeu au pied posé comme des virgules, ponctuations nécessaire pour que les passes gardent leur souffle. Des essais magistraux tutoyant les deux bords avant de plonger étourdis tout au fond du décor…Du grand, du simple, du vital rugby…Sans vouloir empeser encore plus le moral défaillant des adversaires du jour, je dirais simplement que pour toute équipe d’où qu’elle vienne, des hautes sphères du jeu rémunéré ou des culs de basse fosse de l’amateurisme famélique…Enfiler le maillot n’est pas suffisant, engoncer sa belle musculature dans un joli paletot tout décoré des belles réclames ne suffit pas, et ne suffira jamais à faire sonner les rucks et battre les cœurs.

Hier la belle troupe grenobloise sans kilos ni tambours a gagné une bataille…

La suite au match retour …

 

Quel bel après-midi ! Grenoble 41  Bourgoin 11 

PS : Mon frangin est l’entraîneur heureux de ce magnifique enthousiasme…

Photo: Sylvain Frappat        

15/10/2008

En Afrique...

 

medium_Afrique2.JPG

En Afrique les chaussures des rugbymen n’ont pas de bandes, pas de virgules, pas de panthères sur leurs figures…En Afrique, les godasses faméliques sont comme leurs propriétaires…Devant la misère, elles rient !

 

 

Photo:(de l'excellent) Vincent Wartner, à découvrir ici: http://www.vincent-wartner.com/

 

Belle découverte faite chez cette diable de "Fenêtre ovale" (en bas à droite...) qui s'entrouvre tourjours un peu plus sur le monde..  

 

12/10/2008

Euréka!

Euréka !

Après plus d’une année, et après moult appels au secours laissés sans réponse…Je viens enfin de découvrir comment il faut procéder pour ajouter une liste de blogs amis tout en bas de ma colonne de droite…

Allez donc visiter tous ces braves gens, ils le méritent ! Ils se démènent sur le « wouaib » pour mon plus grand plaisir. Recherchant, écrivant, décrivant, découvrant le vil et le superbe, le grandiose et l’infiniment petit. Décortiquant les choses ovales, sportives et humaines aussi…

 

Et juste avant ça, les Toulousains entraient à la maternité pour accoucher aux forceps de leur premier enfant européen. Un Toulouse laborieux, un Toulouse d’atelier, forgeant les fers d’une défense dans les feux infernaux des aciéries de leurs rucks. Arc-boutants, bouteurs de baignoires anglaises jusqu’aux ultimes minutes…Et finissant quand même par l’emporter grâce au pied du fils de son père. Ne dit-on pas que les grandes équipes rafistolent toujours les victoires à la fin… 

 

Et aussi, j’ai passé mon premier week-end avec le dernier de nos bébés. Ruck’n’Roll est enfin arrivé !

Drôle de découvrir l’objet qui trottait dans ma tête depuis longtemps. Quelques mois d’écriture pour embarquer le Thomas de chez Bianchin dans cette aventure. Mêler images somptueuses avec des textes délirants et (parfois) poétiques pour évoquer l’esprit de la balle, la précarité de ses rebonds et toute l’ardeur que les hommes mettent pour les saisir…

« Ruck’n’Roll » est un livre atypique, une chose née de ma caboche en mêlée, et je dois bien vous avouer que je l’aime…             

medium_RNRCOUV_1_.3.JPG

http://www.rucknroll.com/

09/10/2008

Le grand jour...

medium_Drapeaux4.JPG

 

Le jour pointait déjà.

Le soleil s’étirait à peine, le ciel de ces heures lui tendait les bras.

Au fond du vallon, une brume éméchée titubait encore.

Sur les flancs,

De chaque côtés,

Face à face,

Les deux armées alignées dormaient encore.

 

medium_Drapeaux3.4.JPG

07/10/2008

Short Stories

medium_short.png Les stories de Benoît Jeantet sont en culottes courtes. Mais en vérité, elles sont habillées avec le costard doré de la classe. Il fait tinter les syllabes sans jamais faire de tintamarre, il entrechoque les sons et ses idées, et te dessine un paysage… Il habille son rugby comme on déshabille une fille. Son ovale est anodin, il est ce peu des gens de beaucoup, et ce sublime des moins que rien. Ses écrits ont l’odeur urinaire des couloirs de métro, il y a du sang qui cogne à ses lignes. Ses nouvelles sont belles et dérisoires comme un premier amour tatouer sur un bras. Il aime à raconter un sport qui accroche son olympisme dans les anneaux laissés par trop de demis sur le zinc d’un comptoir. Il affectionne les types tiraillés et les secondes lignes de deuxième zone. Il déborde tout au long de la ligne blanche de son récit et te colle un rafut  à l’instant de plonger dans l’herbe grasse de sa fin. Il va chercher dans les tréfonds des  âmes en mêlées…Et je dois bien l’avouer, me fait plonger dans la mienne…

Ce sacré Jeantet a des appuis de feu une plume à la main !               

06/10/2008

A l'intérieur...

 

medium_porte.2.jpg

 

Prendre l’intérieur, ce n’est pas toujours un cambriolage,

c’est parfois ouvrir une porte sans pour autant être un monte en l’air,

Prendre l’intérieur, c’est le risque de recevoir l’épaule du sniper qui te guette,

Mais c’est aussi l’espoir de la fuite qui t’appelle…

Prendre l’intérieur, c’est se refuser à la passe,

avec la folle certitude de l’offrir un peu plus loin.  

 

01/10/2008

Alcool de chrysalides

medium_©T.bianchinCielstudio_3_.JPG

Il y a des soirs d’hiver où les bouilleurs de crus alambiquent plus que de raison les absinthes du  mental. Pour peu que les vapeurs de la distillation des poires se fassent tout au bord d’un en-but, on peut voir s’entrechoquer les casques plus souvent que les verres d’eau de feu…

 

J’espère que le feu jaillira de l’alambic de Lesdiguières, et que les bouilleurs du cru feront fumer le  métropolitain  sur les rails souterrains de la défaite… Cette équipe grenobloise me fait penser à celle de Auch il y a deux ans, maîtrisant  plus que jouant avec ses adversaires…J’aimerais pour samedi un matche référence, une afficionada  brillante, une corrida à deux oreilles, une soirée matamore, du sang sur le sable, des mouchoirs qui s’agitent, des héros sur les épaules, et de la bière aux pompes sans que celles-ci ne soient funèbres...

Les Dut, Lakafia et consort me font extrêmement plaisir. Toute cette jeunesse chrysalide  sortie fraîche éclose du cocon fédéraliste est en chemin pour opérer une transmutation qui pourrait bien les faire s’envoler vers les plus hautes sphères professionnelles, mais ne vendons pas les belles couleurs de nos papillons alors que la peinture n’est pas encore sèche sur leurs jolies ailes…

Attendons ! Et espérons en leur beau destin…

 

PS : Cette magnifique photo de Thomas Bianchin est peut-être un peu mal choisie. C’était un triste soir d’hiver,  contre Narbonne, la saison dernière…Juste pour conjurer le sort !