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27/04/2008

De mite à mythe...

 

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Depuis toujours, il dispute à la naphtaline  la primauté  dans les armoires et autres vieilles penderies, livrant sans retenue aucune, sur les terrains de soie, de coton ou autres tissages, une terrible bataille contre les mites et acariens de tous poils, dévoreurs à l’envie des fibres vestimentaires calfeutrées…Je ne vous ferais pas ici un cours magistral sur les propriétés protectrices des chemises, draps et lainages de mon onguent divin…

Je voudrais simplement vous conter combien ont compté pour mes narines mémorielles,  les qualités légendaires et mnémoniques de cet arôme qui, mélangé à l’huile sainte, m’empêchèrent, et m’empêcheront toujours, d’oublier les instants magnifiques vécus dans des placards-sanctuaires à peine plus grands que les premiers nommés…

Je voudrais…j’aimerais tant…que mes mots alignés, que mes phrases ampoulées, que mes virgules hésitantes, que les ruelles de mes suspensions pas très éclairées…soient baignées par cette odeur magnifique. Et que ces effluves, bien plus que mon triste discours, vous illuminent, et vous fassent découvrir (ou retrouver…) la richesse, la magie, la fortune, les risques, les peurs et les secrets partagés au fond d’un vestiaire encenser par les saintes vapeurs de camphre…

Mais personne au monde n’arrivera jamais à traduire en image, ce que seul un nez pourrait dessiner…Nul ne décrira jamais la transe des faces, les têtes serties, les arcades montagneuses aux arêtes graisseuses, les grappes des bras tressés, et les narines emplies de cotons ivres de sainthol…Comme seule le ferait la bonne et envoûtante odeur d’une bouteille d’huile camphrée renversée sur les corps et les cœurs d’une équipe de rugby…

 Mais hélas, je ne suis pas une bouteille poisseuse et mythique…Alors, il ne vous reste plus qu’à signer une licence dans un club de rugby…ou vous enfermer dans une penderie où le camphre et la naphtaline disputent aux vers, les liquettes et autres zibelines…et surtout, surtout ! A fermer très fort les yeux …et imaginer !

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  Voire aussi, à lire les « Oblongues »(éditions Atlantica) de Richard Escot, inspiratrices de cette histoire de mite à mythe….            

26/04/2008

Visser l'horizon...

 

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Certains ouvriers sont très spécialisés, maîtrisant à merveille le geste professionnel ultime: Ajusteurs, fraiseurs, ébénistes, sculpteurs et autres artistes…Pour la passe, il faut connaître jusqu’au bout des doigts la pratique du vissage. Rien n’est plus beau et plus efficace qu’une grande et somptueuse passe vissée. Elle ouvre les espaces. Elle libère les horizons. Elle enlève aux jambes alertes,  les fers de forçat que les sombres empilements voudraient à longueur de mi-temps leur imposer…

A contrario, je connais aussi malheureusement des adeptes du geste opposé… Avec ou contre leur volonté et une formation manquante…Les apprentis de la transmission sans huile s’évertuent au dévissage à la place de visser…Résultat, rien n’est à l’endroit, tout est de travers. Les passes régalent les chaussettes…Les espaces deviennent des interstices…L’horizon se marie avec la ligne de crête des pelouses…Et les jambes alertes finissent leurs jours sur les bancs de fatales galères…

Et dire que des gens non avertis…voudraient réformer l’enseignement technique…

    

22/04/2008

Ecailles d'ovale...

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 Ma mémoire est comme les murs  tagués des rues d’une ville impossible…Mes tags sont ovales, mes fresques sont rugby…Des pans entiers sont couverts de mots graffitis tracés à coup de rasades, bombés à l’aérosol de la sueur, peints à l’aide des multiples couleurs de  l’amitié…Bien sûr, la peinture s’écaille, mais la trace invisible et indélébile a pénétré au plus profond des murs de mon « esprit en mêlée... »

Illustration protégée, tous droits réservés (cielstudio). 

20/04/2008

L'enfant de l'ombre du Néron...

     

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                                                              Le Néron 

 

Le bel oiseau s’est brisé une aile, le lagon vert des stades ne verra plus de longs mois durant ses magnifiques envols. Les lignes blanches du front des lames, le bord des débords, et le sable fin de l’en-but sont orphelins. D’un seul coup les embruns chagrins ont maquillé de dépit les tribunes. La ola pleure, et ne dégringole plus du mat des gradins toulousains.

A force de forcer, à vouloir toujours voir, à croire encore et encore, à tirer sur la corde, à supplier les ligaments, à implorer les muscles, à prier le mental, à conjurer le sort, et à repartir au vent des joutes intenses, à les rendre toujours plus nombreuses, toujours plus proches…le funeste canif du destin est venu faucher de sa belle estafilade le phœnix adulé.

J’aime ce Vincent. J’aime son sang des montagnes. J’aime ce fils d’à côté de ma porte... J’aime cet enfant de l’ombre du Néron…

J’ai mal avec lui, sa civière était la mienne, sa détresse noyait mon écran de télévision…

Le bon sens commun raconte que les hommes sages sont les hommes forts…Je le sais sage…Je sais qu’il reviendra encore plus fort.

19/04/2008

Les origines...

 

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Le rugby, ce n'est pas le sport roi...C'est tout simplement le sport vrai! Le sport vie! Le sport des origines...Tout ce que j'ai appris(et c'est pas beaucoup...) je le tire d'entre les pagelles, comme une femme te donne la vie quand elle accouche...

16/04/2008

Attitude...

 

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Quand l’attitude veut tout dire. Quand la posture et l’allure se mettent en accord avec l’esprit.

Quand une équipe retrouve toutes les choses  perdues un soir maussade maquillé d’orange et de noir…Quand au détour de l’envie, à la croisée du mental, le jeu l’emporte sur le doute,  alors oser n’est plus une barrière. Les jambes trouvent les espaces, les bras abattent les tonnages, les cœurs ignorent la peur,  et il n’y a que la faim pour  rendre  les hommes « morts ».

Pierre Rochette demi de mêlée du F.C Grenoble. Image de l'emblématique photographe Peppino...

 

13/04/2008

Ouvrage sans valise.

Usinage auprès,

Soin des rebords,

Taraud au cœur,

Pas de débord.

Destin de soc et de labeur,

Vie de pioche et de labour,

Pas d’horizon, pas de cargos,

Un seul ticket...le pick and go,

Envols sans valise,

Virées sans détour,

Chemins sans traverse,

Escales au plus court  

Pas d’étendue, pas de bateaux,

Un seul billet...le pick and go !

 

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12/04/2008

Petite main...

 

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As du pick

 8 du trèfle

 2 au cœur

 4 aux carreaux

10 de der

Le reste sur la pile…

Petite main

Dure la relance

Je passe !

 

08/04/2008

Livingston Best et son avenir...

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On connaissait Jonathan Livingston le goéland découvrant  le monde accroché à son ciel. Il voyageait le cœur léger et l’âme ouverte, toujours plus haut, toujours plus loin…On se rappelle aussi George Best, la perle de Manchester dans les années seventies. Footballeur fabuleux qui brûlait son étoile par toutes les branches…à la fin de sa vie, il déclarait : « j’ai claqué beaucoup d’argent dans l’alcool, les filles et les voitures de sport…le reste, je l’ai gaspillé ! »

Et puis à Grenoble, il y a Jonathan Best ! Je n’oserais pas dire qu’il est un croisement des deux, il n’en a pas vraiment l’allure : Il n’a pas de rouflaquettes, ni de grandes ailes déployées, pas plus les jambes arquées. Il ne mange pas de poisson cru, je ne connais pas la marque de sa bagnole et encore moins si sa compagne est une bouteille de whisky…

Tout ce dont je suis sûr, c’est qu’en trois saisons ce garçon a fait des progrès formidables. D’un joueur plutôt tendre à l’impact, et un brin hésitant pendant le difficile  purgatoire de fédérale... notre  Livingston des bords de l’Isère, s’est transformé en  « dégondeur » de muraille adverse, en preneur d’intervalles dans les espaces impossibles, en gestionnaire averti du giratoire des mêlées emmêlées  et depuis dimanche en surligneur d’essai après rafale de pick and go…

Face à Toulon, nous avons eu droit à un beau matche…même si pour moi, un matche, c’est comme pour les filles…J’aime bien quand elles me sourient, mais je les préfère conquises et fondantes aux creux des bras…Je ne sais pas si notre George Jona Best de Lesdiguières fera carrière chez les reds and blues davils ? Si son astre et ses ailes s’accrocheront toujours dans le reflet des montagnes ?  Si la bière et les donzelles auront raison de sa santé ? Mais ce qui est sûr ! C’est qu’il peut devenir le leader espéré. Il peut. Il doit aider à faire grandir, toutes les belles pousses entraperçues dans la lumière de Mayol…Lui et les autres « goélands » ne sont (peut-être) qu’au début d’un grand et beau voyage… 

Jonathan Best : Troisième ligne (numéro 8),  issu du centre de formation grenoblois.     

05/04/2008

Le vilain faiseur de Drops.

 

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C’est un Drille

Une vilain Druide

A l’allure Drôle

Un nez pas Droit

Une vie Drakkar

De mauvais Draps

Aimant la Drague

Les alcools Drus

Les filles Dragées

Les festins Dragons

Mais il enfante les Drops

 Fait revivre les Drapeaux 

Et saucissonne les victoires.

 

03/04/2008

Le colosse...

Aujourd’hui, J’évoquai avec un ami, l’histoire dramatique de Marc Cécillon, rugbyman emblématique de notre région. A l’époque de son procès, j’avais écrit ces quelques mots, simplement comme un ressenti, à travers tous les discours entendus de droite et de gauche…sans aucune intention de juger ou d'émettre un avis sur l’homme ou sur les faits…De simples mots sortis comme un flash, comme un instantané affectif devant l’immense gâchis d’une telle trajectoire…      

 

Il y a des colosses magnifiques,

Qui traversent les stades,

Renversent des montagnes,

Et franchissent les océans,

 

Il  y a des géants superbes,

Qui mangent les mêlées,

Respirent les conquêtes,

Et signent leur portrait,

 

Il y a des ogres éclatants,

Qui s’enivrent des rites,

Existent par la gloire,

Et avalent les filles,

 

Et puis le terrain s’éloigne

Les montagnes s’alourdissent

Et les continents s'écartent…

La  bataille est indigeste,

Les conquêtes se rebiffent.

L’image disparaît…

 

Alors le joueur admirable s’agite,

Il devient petit homme,

Devient petit bonhomme,

Les ficelles l’entravent,

Tel Pinocchio, il se débat !

 

La peur l’emprisonne,

Sa raison l’abandonne,

Il saisit les grands ciseaux,

Et coupe sans le savoir,

Le seul fil qui le tenait debout...

01/04/2008

Mots de porte-manteaux

 

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Il y a des mots  prononcés avec la sueur de  tes craintes, des paroles assénées par  le fil d'une lame qui te ploie en deux et te multiplie par quatre… Des discours de l’instant, des billets pour après, des voyages viscéraux  sur le tarmac du mental…Il y a des parlers, des éloquences, des sentences affirmées, haranguées, mâchées,  lâchées, comme on lâche les chiens, comme on ouvre un labour, comme on s’enfuit sous les crocs, comme on démarre en amour…

Il y a un vestiaire qui te parle, et puis toi qui écoutes…