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23/03/2008

Rien qu'une larme dans tes yeux...

 

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Je pourrais parler du match Grenoble-Narbonne. Je pourrais m’étendre sur l’indigence du jeu. Je pourrais décrire la tristesse qui m’accompagnait quand je m’échappais des travées en déprime. Je pourrais même me laisser aller tant mon humeur est grise, à maquiller de noir l’allure mortuaire des tristes ombres qui erraient sous des projecteurs trop lumineux comme des âmes portant tout le chagrin d’un stade, qui ne demandait pourtant qu’à rire de bon cœur avec elles…

Je me risquerais peut-être même à dire que tout ceci est une histoire d’amour ou plutôt de manque d’amour, de fuite d’amour, d’amour élastique, d’affection volatile, de sentiment délité.

J’irais éventuellement,  jusqu’à évoquer cet abandon caractérisé de l’affection des acteurs pour le jeu, l’estime pour les couleurs laissée pendue au vestiaire, la morsure faite dans le pacte  de ferveur d’un public à ses hommes…Je pourrais baver sur l’un, casser cet autre…dire le pourquoi, le comment, donner mes belles solutions, manier sans tendresse le scalpel…

 

Je pourrais possiblement, pour oublier cette triste soirée, évoquer l’incertaine fête que l’on nous avait bien vendue, opposant deux grands stades dans l’enceinte d’un troisième nommé De France…mais je ne le ferai pas.

 

 

Je veux, ici, maintenant, évoquer tout simplement, le plus beau moment d’émotion ressenti hier dans ma longue journée pleine d’ovale. Ce saisissement, cet émoi, je le dois à Fabien Galthié, quand il évoquait dans le beau documentaire télévisé « histoire en mêlée », la finale de 2000 opposant Paris et Colomiers. Finale perdue par son équipe columérine, sans lui, pour cause de genou en vrac lors de la demi-finale…Dans ce moment d ‘anthologie, il raconte l’immense désarroi qui l’envahit, quand ses coéquipiers entrèrent sur le stade…Vingt ans dans ce club, vingt années partagées avec ses potes, depuis l’école de rugby, jusqu’à ce moment suprême, deux décennies avec en ligne de mire ce rêve collectif, et lui, ce jour là, il se retrouvait assis dans la tribune, perdu dans le public sans pouvoir étancher ce torrent de larmes qui délavait sans vergogne son beau dessein de gosse…Le plus magnifique dans toute cette histoire, c’est que huit ans après, en le racontant, les sanglots lui bâillonnaient la voix, et une petite et timide larme pointait à la lucarne de ses yeux…

 

Voilà, ce qu’il manquait hier, à cette équipe grenobloise, c’est pas des kilos, du pognon ou toute autre peinture…C’est tout simplement une larme au coin des yeux qu’il manquait aux rouges et bleus. Le rugby est avant tout, une histoire de désir, d’envie et tout simplement d’amour

Commentaires

Ben pareil pour moi...En ce qui concerne Fabien Galtié et l'émotion qui lui monte aux yeux lorsqu'il revoit les images de ses "potes depuis minimes" qui entrent pour la finale sur le terrain, sans lui...Parce que le match Grenoble-Narbonne, je l'ai pas vu! J'ai vu par contre cette aprèm, Evreux-Poitiers en filles, et j'ai cru qu'on allait avoir des flocons! [comme à Oyonnax today...]

Écrit par : Snödroppe/Sophie | 23/03/2008

...Fabien Galt...H...ié...sorry...je lui oublie ses poteaux!

Écrit par : Snödroppe/Sophie | 23/03/2008

M.... moi aussi! je rectifie...

Écrit par : pierrot la tombal | 23/03/2008

il fait mouche votre texte pierrot...il prend aux tripes, là où vos mots à l'estomac font voyager... quant à ce moment fort où Galthié, qui a quand même eu la larme un peu facile en d 'autres circonstances, bine d'accord avec vous, ce coup-ci tout n'est qu'émotion retenue...fort...très fort...

Écrit par : benoit jeantet | 25/03/2008

Les commentaires sont fermés.