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31/01/2008

Le plongeur

 

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 Il courrait, serrant son cœur contre les battements de l’autre. Une ligne de fuite blanche lui servait de guide, et tout du long, des gorges enfiévrées hurlaient son nom. La gueule grande ouverte, il mordait l’air. L’envie de quelques longueurs d’avance exorbitait ses yeux. Les bielles de ses jambes hurlaient leurs douleurs. L’odeur de l’en-but lui chavirait l’esprit, devenir plongeur était depuis toujours, sa seule obsession…         

28/01/2008

Fantasme....et réalité!

 

 

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C’est une femme, qui a le soleil planté tout en haut du ciel de ses jambes. Dont le sourire mutin est un carnaval qui cache les belles canines d’une redoutable croqueuse. Qui attache ses cheveux pour que l’horizon de sa nuque soit votre seul paysage. Qui séduit avec les yeux, tout en défilant innocente, avec tout le reste. Elle a les mains douces, expertes et caressantes, qui  saisissent volontaires la chose offerte…

 

 

Et l’expédient d’un geste vigoureux…à plus de vingt mètres ! 

 

 

Ah ! J’oubliais !  Elle est demi de mêlée, dans une équipe de rugby féminin !

 

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27/01/2008

La touche...

 

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La touche :

Vaisseau conquérant hissant sa voilure volontaire sur des mats éphémères,

 

La touche :

Galère, où des rameurs en perpétuelle révolte jettent leurs rames humaines au ciel,

 

La touche :

Ligne de front singulière, où l’unique obus enfante mille éclats, sans jamais être mortel, 

 

La touche :

Invention utopique pour remettre sur une piste sans bord, un dé sans facettes, qui n’a qu’une envie…S’enfuir !

24/01/2008

Etre né quelque part...

medium_mappemonde.jpgIl y a ceux qui sont attachés à leur terre, ceux qui ne jurent que par le rayon de soleil qui vient chaque jour darder de son feu le même coin de jardin ancestral…

Il y a ceux qui assurent que la seule garantie d’authenticité que l’on puisse reconnaître, c’est celle du sang. Assurant sans contestation possible, qu’il faut moult générations accumulées pour être digne de représenter  son pays, sa région, son village, voire sa rue ou sa famille…

Et puis tu as les gens d’ici ou d’ailleurs, ceux qui ne s’attachent à rien, préférant les joies des routes qui défilent, des paysages qui changent, et des rencontres toujours renouvelées…

 Tu as aussi une autre catégorie ! Celle de ceux qui  au premier regard, a la première  poignée de main, au premier sentiment échangé dans un vestiaire ou à la première entrée en mêlée, voire au premier coup de casque, font  partie de la horde, membres à part entière de la généalogie, fils naturels d’un géniteur local…

Tu en es sûr ! Tu en es certain, Ils sont tes  frères !

S’il y en a bien un qui est issu de cette caste dans la troupe grenobloise, c’est notre sud’af, notre pilonze de « droite ». Ce garçon aux qualités physiques éminemment  bouchères, cet athlète recordman de la descente de bière est devenu en l’espace de quelques mois, et ce malgré sa mauvaise blessure, l’icône de Lesdiguières, la poutre maîtresse d’un édifice en reconstruction. Si l’on ne m’avait pas montré son certificat de naissance, je le croirais volontiers natif de La Tronche, de Saint Martin d’hères ou tout au plus de La Mure, voire des terres froides…

Mais non ! Ce frangin, notre frangin a vu le jour en terre d’Afrique, Tout en bas de ce continent vaste et sauvage. A croire qu’un maquignon voyageur parti de son Vercors ou de sa Chartreuse natale est allé trimballer ses guêtres et sa blouse noire au fin fond du Queensland et du Transvaal…

J ‘imagine notre lascar un soir de goguette après une négociation difficile pour trois vaches et un taureau,  tombé en amour pour une jeunesse afrikaner belle comme un cœur. Et puis son affaire faite, il est reparti gentiment vers sa douce province du Dauphiné. Laissant sans le savoir dans le ventre fécond de sa dulcinée, un petit baigneur qui trente ans et des poussières plus tard allait nous revenir en « joli bébé »…

Je vous le dis, je vous l’affirme, Le Jhoann quoiqu’on en dise, quoiqu’on en pense, il est bien de chez nous !

Et je me fous des tests de paternité et autres analyses génétiques, ce type a une mentalité, un esprit…Il est de toute évidence d’ailleurs…Mais depuis que je le vois en rouge et bleu, je me plais à croire que du sang grenoblois coule dans ses veines…            

        

21/01/2008

La chandelle (fin)

 

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Et puis comme par miracle, entre deux rasades de jus de nuages, l’ogive vint se jeter entre ses bras. Amoureuse, offerte, docile et souriante, sans la moindre esquisse d’évasion, elle était calée contre lui à écouter heureuse, son cœur envoyer de tonnants et rapides signaux de fuite à ses jambes déboussolées…

 

Mais la belle n’était pas descendue toute seule. C’est tout son passé familial  qu’il captait avec elle. C’est l’âme de son arrière-grand-père, fauché par la grande guerre après seulement deux capes tricolores, à l’aube d’une carrière qui s’annonçait pleine d’assauts, de charges, de débords, et de conquêtes auxquelles il n’avait jamais imaginé mêler la mitraille…C’est encore la vista et les jambes de feu de son papé, conquistador du Brennus dans les heureuses et rock en roll années cinquante. Ce grand-père, avec qui il avait balbutié ses premiers émois et jeux ovales…C’est aussi et enfin le caractère de chien de son géniteur…sa fougue, sa magnifique hargne, sa volonté farouche qui l’emmenaient toujours plus haut, toujours plus loin…

 

C’est toute cette charge affective qui vint le frapper au moment de cette réception magique et presque irréelle…

 

Soudain, il se sentit transformé ! Toutes les qualités de sa lignée se greffèrent à sa chair:  Le beau destin en bleu –Les cannes de champion olympique –Le caractère trempé d’acier. Tous ces ingrédients parentaux et historiques se mirent à bouillonner…Maintenant, il ne voyait plus d’adversaires en face de lui. Maintenant, il était dans l’arène ! Il n’avait plus qu’une horde de taureaux furieux, ronflant et ruant  qui  le chargeaient.

 

Une première feinte de corps aidée par une muleta imaginaire, mit deux adversaires à genoux dans la boue. Puis il s’enfuit sans un regard pour ses 22 en pleurs… D’un magistral coup de pied à suivre pour lui-même, il effaça toute une ligne de cornes…Réception d’acrobate, course oblique en quête d’un soutien, puis une magistrale fausse croisée planta sur le cul les plus agiles des taures. Il avait maintenant tout l’espace devant lui, et l’ultime vachette en point de mire…Sa course était fluide, son cœur tranquille. Ses sens comme démultipliés le rendaient inaccessible. Quand il l’estoqua d’un splendide cadrage-débordement, il aperçut les yeux incrédules et vides de son vis à vis…Il courrait maintenant, pour couper hilare, les deux oreilles d’un en-but agonisant…

 

Quand il plongea dans l’aire offerte, le ciel en deuil se déchira, et trois traits d’astre vinrent frapper sa couche d’extase…Allongé, heureux, il ne se relevait pas. Il aurait aimé que cet instant ne finisse jamais.                                                         

19/01/2008

La couleur des étoiles

 

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Le rose timide a pris un gros coup de soleil.

Le carmin accroché aux corps met du bonus au cœur

La balle a toujours son passeport quelle que soit la couleur

Et tout au coin du stade, le bon sang de Vincent nous émerveille…

     

16/01/2008

La chandelle (suite)

 

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En l’air, la manifestation des cumulus dégénérait, quelques policiers zélés avaient dû charger…La panique gagna toutes les strates des nues et comme si le diable en personne avait décidé de l’humilier, une pluie infernale se mit à verser sur notre dernier rempart. L’épingle de la balle n’y résista pas,  son destin de satellite s’achevait…

 

 Presque aveugle, de l’eau plein les yeux,  sa première finale perdue lui traversa l’esprit : Un temps de chiot tout pareil qu’aujourd’hui, une chandelle sœur jumelle de celle éclairant son ciel maudit. Un instrument devenu anguille, un truc de jongleur, une chose impossible…En ce  jour funeste de finale cadets, la gonfle s’était échappée de ses mains. La garce préféra l’étreinte d’un vil troisième ligne…Les deux amants s’enfuirent serrés l’un contre l’autre pour goûter étourdis aux délices d’une couche d’en-but. Ce jour là, il ne fut pas champion…Ses jongleries scarifièrent à jamais le beau mental d’entraîneur de son père. Celui-ci mortifié réalisa subitement que son rejeton ne capturerait jamais un coq sur son cœur…  

 

Il n’avait jamais aimé la pluie, ni l’eau d’ailleurs…Ce qu’il prisait avant tout, lui le solitaire de l’ombre des pagelles, c’était l’aventure collective, la communion d’avant batailles, l’eucharistie d’après triomphes, les rédemptions assoiffées des sombres déroutes…C’était toutes les choses vivantes que l’on respire au plus profond de l’âme rugby…Les chansons hurlées sous la lune à l’heure où les loups se reconnaissent. Les pantomimes sur la scène d’un zinc sous les hourras d’un public conquis. Le bonheur de la passe délivrée qui ouvre dans un intervalle d’espace et de temps toute la liberté de course et d’envie à ton frère de stade. C’était "l'ennemi" abattu d’un trait d’épaule, une mêlée qui rigole, un drop enjôleur, une tribune en sueur… 

 

Le son lui revint d’un seul coup ! Il perçut en premier le souffle tourmenté  des adversaires en chasse. Puis juste derrière, l’explosion du vacarme du stade. Son regard aux abois cherchait le ballon et sa chute, sans parler de cette traîtresse  ligne des 22 mètres, qui elle aussi avait disparu…

 

 

A suivre...                                      

15/01/2008

l'Art Vern*

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 L’ Art Vern*

Ca va par monts et par mauls

Ca pousse dans le limon volcanique des rucks

Ca dessine des lignes d’horizons ovales

Ca sculpte les piliers, ça croque les gazelles

Ca surréalise la vision de l’en-but

Ca impressionne Monet et le tableau d’affichage

Ca fait venir du monde au musée Michelin

Ca fait le bleu et le jaune sans trouver le ver

Ca vient de loin et pourtant ça rend encore plus belle l’Auvergne…

 

*Art Vern: Trouvaille géniale de Benoit Jeantet sur son blog  « Rugbymane », endroit magnifiquement Ovale, courrez-y !  http://rugbymane.blogspot.com/2008_01_01_archive.html

 Je n’ai pu m’empêcher de divaguer sur cette belle image…Vern Cotter entraîneur d'Arverne (A.S.M) 

13/01/2008

La chandelle

medium_chandelle.2.jpgC’était un matche aux coutelas, une de ces parties cadenas où le jeu est plutôt carcéral. Une de ces après-midi d’hiver où la lutte sur le pré ressemble plus à un entrelacs de judoka  plutôt qu’à toute autre chose. Un combat où les deux belligérants recherchent la prise de manche, agrippent l’encolure, mettent les jambes en travers, empêchent l’adversaire, détruisent les intentions, massacrent les envies et font pleurer les tribunes…

  Les gazelles pointaient au chômage, les belles foulées soigneusement rangées se tenaient bien au chaud dans les souvenirs…Les chisteras, passes croisées ou redoublées sont des filles du soleil, elles aiment les peaux bronzées, les buvettes assoiffées, les bandas en rut et les belles  filles en fleurs. En ce jour de froidure tout ce joli monde avait changé d’hémisphère…

Notre arrière commençait à trouver le temps long. Les minutes s’égrainaient, et son tête-à-tête avec sa  ligne des 22 mètres finissait par lui peser…Il allait de droite à gauche usant ses mains sur le haut de ses flancs au rythme patriarcal des avants enfumés…

 Les deux troupeaux emmêlés conservaient dans une gestation prolongée l’enfant pourtant désiré par tout un stade…L’ennui plus que le climat de frigo commençait à ankyloser tout ce joli monde. Et puis tout d’un coup, un demi accoucheur aux mains de forceps mit au monde le beau bambin. D’une passe limpide et plongeante, il servit le nouveau-né dans le couffin des bras de son ouvreur. Celui-ci d’un geste ample et sûr, balança en même temps sa jambe et son fardeau très haut dans le ciel. Le public assoupi eut un sursaut. Une clameur soudaine sembla prolonger la fulgurante ascension… 

L’arrière lâcha des yeux sa ligne amoureuse pour suivre inquiet ce fabuleux missile. Ses mains fatiguées de ses hanches, lâchèrent prise…Alors qu'étonnamment, dans un instant d’éternité l’engin restait épinglé aux lourds nuages pourtant en procession, le tumulte s’arrêta tout net... Il n’y avait plus aucun bruit tout autour. Comme si ses tympans venaient de rendre grâce… Cependant tout là haut, la gonfle le visait toujours. Une envie de fuir le fit tressaillir. Une suée froide lui noya le dos. Un désir de maudire toute la lignée de ses aïeuls rugbymen lui monta à la gorge…Pourquoi l’avait-on traîné depuis sa plus tendre enfance sur ce terrain de souffrance ? Pourquoi fallait-il que telle une malédiction familiale, il enfile lui aussi après quatre générations ce foutu numéro 15… ? Il aimait pourtant mille autres choses: Lire étendu sur son lit jusqu’à engourdir son corps pendant que ses méninges partaient en voyage…Pédaler comme un fou des heures durant sur une route fantôme comme si le monde finissait juste au bout…Croquer le cœur d’une fille au creux d’un fossé pendant que ses frères explosaient le leur au rythme des coups de gueule d’un entraîneur tortionnaire…Il aimait aussi boire pour faire durer la nuit et vomir avec elle son aurore…Il aimait encore le sang chaud, le vin frais, les baisers mouillés et le sourire de sa mère…

 

 À suivre…                          

12/01/2008

B-O: Déclinaison...

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B-O

Blues  Océan

Balbutiement d’Orgasme

Branle-bas  Ouaté

Besoin d’Oxygène

Brèche d’Ovation

Blessure d’Ouest

Bon-point Occis 

Badinage Oblique

Bafouille Osée

Bonne Objection

Blessure Offerte

Blanc Obscure

Baiser d’Occasion

Brisure Ovale..

 

Au fond de l’horizon, le soleil endormi n’embrasait plus le ciel…Le blanc de l’écume des vagues prenait une triste teinte grise. Depuis un moment, deux couleurs manquaient à l’appel…

08/01/2008

Toulouse Air Force

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La balle à voile réelle,

L’ovale à tire d’ailes,

Les élytres s’envolent,

Et le jeu qui décolle…

  La voie des airs au cœur,

Le large des lignes en fuite,

L’espace ouvert frondeur,

Et les jambes de Vincent qui s’agitent…

    

07/01/2008

La Choule décrypte mon coeur ovale...

 

 

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Vous pouvez faire un passage (voire une grande halte, tellement cela foisonne...) sur le blog « La Choule » de Catherine Kintzler. Elle y commet un magnifique décryptage de l’ouvrage « A cœur ovale », livre réalisé par Thomas Bianchin(photos) et moi-même pour les textes.

http://lachoule.blogs.paramourdurugby.com/

Un grand merci à toi Catherine, le rugby me fait encore et toujours faire de belles rencontres…  

06/01/2008

Le réveillon ne voulait pas mourir...

medium_cotillon.jpgSoirée de fin de trêve –Week-end d’épiphanie–Enterrement de restes de dinde – Réveillon ne voulant pas mourir…

Hier soir, les projos de Lesdiguières n’avaient pas la brillance des boules à facettes des boîtes de nuit…Le jeu était aphone, le cuir n’a pas chanté…Les artistes avaient encore le smoking de travers et des bulles plein l’esprit. Cotillons mâchurés et serpentins en fin de vol jonchaient la piste, entravant sans répit la belle volonté des trajectoires fatiguées. A croire qu’un balai négligeant les avait oubliés tout exprès….

Deux ou trois noceurs alertes firent un peu illusion, esquissant ça et là certaines  figures aimables, voire quelques charges et autres farandoles avenantes…Mais décidément quand le cœur n’y est pas, les corps font semblant, et le spectacle s’ennuie…

Un seul pied était déjà en 2008 ! Sa chaussure s’était démaquillée, les dorures de la Saint-Sylvestre étaient oubliées…Parfois, un soulier en bleu de chauffe console les humeurs chagrines, et  suffit à rendre au classement son sourire…

Dans les tribunes la bringue était bien finie, la Bonne Année depuis longtemps embrassée. Seule l’effervescence d’Alca Selzer inondait les travées. L’engourdissement de gueule de bois saisissait l’assistance, et rien de ce qui se passait sur le pré n’aurait pu être un remède miracle  pour spectateurs barbouillés…

Et pour comble de blues, les huîtres défuntes des derniers jours se mirent à pisser sur ce paysage…A la fin de cette grappille, je relevais mon col, et m’en allais sous le déluge. Les rues brillaient comme un urinoir.  Il y a des soirs comme ça, où le rugby prend du vague à l’âme. Des soirs où deux mi-temps n’enfanteront jamais une troisième. Des soirs où la bière semble tirée des coquilles…

 

 

GRENOBLE - LIMOGES: 27/18

05/01/2008

Les WC étaient fermés de l'intérieur...

 

medium_061022_Monestier_-_GUC_21.jpgAujourd’hui, une histoire que m’a narrée un ami, Michel Perrin, vieux lion  et pilier grenoblois ayant sévi à la fin des années 70 début des années 80. A l’époque ou le disco rendait son dernier soupir dans les boîtes de nuit grenobloise. Au moment ou le mouvement punk naissait dans la banlieue de Londres. A l’instant même où Boy George commençait à se fariner le minois. Notre gaillard arborait lui, une magnifique tignasse, accompagnée d’une non moins magnifique barbe. L’esprit hippie habitait notre homme. « Peace and Love » était son slogan. Jusqu’à ce qu’il se retrouve dans le vestiaire grenoblois. Jusqu’à ce qu’il croise le père Liénard, Monsieur Jean ! Là, notre athlète pubescent pacifiste dut mettre un peu d’hormones dans ses bons sentiments….

 

1983-Stade Lesdiguières-réception de l’A.S.Monferrandaise

Le match en terre auvergnate avait été un vrai massacre, un pugilat infâme, une partie de coups de savate mémorable…à la fin du compte les rouges et bleus s’étaient inclinés 23/12…Le père Liénard avait une qualité que personne aujourd’hui ne pourrait lui contester, il avait de la mémoire…La réception au stade Michelin, il l’avait en travers ! La préparation d’avant match à Lesdiguières est depuis ce jour restée dans les annales…

Toute la semaine le patron avait ruminé, prévenant ses « gros » qu’il faudrait pour cette réception un menu exceptionnel, que c’était un jour de fête, que le sens de l’hospitalité entre Vercors et Chartreuse n’était pas un vain mot, et que tous ceux qui ne savaient pas recevoir devaient le dire tout de suite...Ils ne seraient pas conviés aux agapes…Lui ne voulait pour cet accueil que des gens disposés à rendre au centuple les merveilles distribuées quelques semaines plutôt… 

Autant vous dire qu’en rentrant au vestiaire, c’était pas carnaval, tout le monde avait le masque, mais c’était pas pour rigoler… Le seul à avoir l’esprit ailleurs et ses pensées occupées, c’était le frangin de notre pilier pileux, la fusée du bord de touche, le Thierry de chez Perrin. Lui avant les matches, son souci ce n’était pas de faire la « bise » à son adversaire, c’était plutôt du côté de ses viscères que la préparation était difficile. A chaque match, son intestin n’en finissait pas de se vider. Certains vomissent…Lui, vidangeait par l’autre extrémité ! En rentrant de l’échauffement, juste avant l'exhortation guerrière du chef, notre gazelle fonce aux waters, et entreprend de laisser dans la fosse les derniers vestiges de son repas de la veille.

Dans l’antre, à côté, le père Jeanot s’anime, il grimpe sur les bancs, matraque sur la table. Puis se plante devant la porte du lieu ou notre « mécano » finit de nettoyer son échappement…Il appelle son cinq de devant, les regarde droit dans les yeux et hurle en tambourinant contre l'huis ; 

« Putain les gars ! Est-ce qu’il y a quelque chose qui va vous arrêter cet après midi ? Est-ce qu’il y a un type qui va vous empêcher d’avancer cet après midi ? Est-ce que cette putain de porte va vous emmerder aujourd’hui ? Montrez-moi que vous n’allez pas vous laisser casser les couilles pendant 80 minutes ! »

A l’intérieur le Thierry  se fait tout petit, la porte tremble, résonne, mais résiste. Jusqu’à ce que les lascars, sur l’ordre du chef, commencent à y mettre des coups de tronche ! 

Ibanez inaugure, « Vlan » Un fracas du diable ! Notre chieur commence à faire liquide ! Fombonne a la main ou plutôt la courge  « Boum » le chambranle vacille ! Le short sur les chaussures, le vidangeur mange le rouleau de papier !

Et là, un truc énorme !

Le buffle, J-M Romans prend trois mètres d’élan, et fracasse complètement la lourde !

Assis sur son pot, notre artiste fait coucou de la main à son visiteur impromptu !

Le Romans surpris ressort illico en regardant le coach avec un air ébahi…

Après, Rousset, Gébus et Willy ont bien tenté de faire illusion en mettant leur obole sur le cadre déglingué de la pauvre fermeture, mais le cœur n’y était plus, le gros du boulot était déjà accompli…

Planqué, dernier de la file, ayant échappé au rituel martial, le Mich Perrin vit sortir son frérot, blanc comme un linge jurant mais un peu tard, que l’on ne l’y reprendrait plus !

 

Pour la petite ou la grande histoire, le match fut aussi « engagé » que la manche initiale, et les rouges et bleus remportèrent cette partie, 25/9 !       

01/01/2008

La Belle Ovale

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 La Belle Ovale,

C’est la certitude de l'inconstance,

C’est l’infidélité des trajectoires,

C’est la trahison des rebonds,

Ça croise des chemins et saute des passages,

Ça part en vrille et déborde les chagrins,

Ça vit en plein cœur et puis ça se fait la malle,

Ça fait croire à l’amour, et ça aime toutes les mains,

Ça chérit les bras, mais c’est pas souvent les mêmes,

Ça vous promet à jamais, et ça coupe court,

Ça vous fait croire au bonheur, et vous y croyez toujours…

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