Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/11/2007

Woody et le rugby!

 

 On se demande souvent  quelle est donc la foi qui anime tous les hommes inconscients tentés par la pratique difficile et dangereuse du maniement du sifflet. Serait-ce l’attribution d’une mégère maritale qui ferait sombrer nos gaillards dans les affres de l’arbitrage pour s’éloigner le plus souvent possible de celles du mariage. C’est l’histoire à venir qui pourrait (peut-être) répondre à cette question pour le moins existentielle.      

medium_allen.5.jpgMes amis Fontainois cette année là, officiaient en division d’honneur, et comme chacun le sait, l’hiver pour une équipe réserve d’honneur est très difficile à passer. Nombres de titulaires indiscutables ont une fâcheuse tendance à pratiquer l’hibernation, si bien que l’effectif pléthorique du début de saison fond comme neige au soleil.

Gilbert le capitaine valeureux de cette équipe, devant la léthargie hivernale  d’une bonne partie de sa troupe avait rappelé son compère Guy en renfort. Celui-ci, en plus que fin de carrière, avait trimbalé auparavant son immense carcasse dans moult clubs régionaux (Grenoble, Vinay……). Mais quand son ami Gilbert avait besoin de lui ! La terre pouvait     s’arrêter de tourner, le Guy montait dans le car sans se poser de questions.

Déplacement plus que difficile, chez les rudes savoyards d’Annecy le vieux, les bleus et blancs sont à peine quinze pour le coup d’envoi donné par un arbitre haut comme les piquets de touche, fluet comme la pointe des perches, bigleux comme Woody Allen… D’ailleurs c’est bien simple, on aurait dit le portrait  craché de notre illustre cinéaste.

La partie est engagée. Les Anneciens sont rebelles. Les mêlés les unes après les autres n’en finissent pas de ruer, de hennir, de se cabrer. Au dressage bien sûr, notre seconde ligne de  Guytou. Il aime les regroupements sauvages et les touches d’Apaches. Il adore lorsque sa frotte, il exulte quand sa dégaine.

Au bout d’un certain temps, le réalisateur au sifflet, ayant pourtant fait tout son possible pour ne pas le voir, surprend notre indien au détour d’une mêlée en flagrant délit d’arrosage, le talonneur adverse sa victime, encore à ses pieds, lui sanguinolait  sur les  chaussures.

Ni une ni deux, Woody le vire ! Sur la touche sans autre forme de procès.

Le Gilbert à beau râler, le soutenir, prétendre qu’il n’a fait que se défendre… L’arbitre le renvoie !

Le match continu, mais c’est plus le même, nos banlieusards sont aculés, bousculés, leur capitaine aux abois n’en pouvant plus, hèle son puni sur la barrière, et discrètement lui fait reprendre sa place. Deux minutes et une mêlée suffisent pour que les opposants se rendent compte de la supercherie.

Ils hurlent, vocifèrent, en appellent au ciel, aux dieux du rugby et à la terre entière.

Que c’est pas du jeu, que c’est rien que de la triche, qu’ils ont pas le droit, que ça sera tout dit !

Le metteur en scène surpris, s’approche de « l’objet du délit » Monte sur le ballon, se hisse sur la pointe de ses pieds de jeune fille et dévisage le Guy de son œil de loupe.

 Le capitaine Gilbert dans une réplique digne de Cyrano, s’exclame tout d’un coup.

« Monsieur l’arbitre ! C’est pas lui ! C’est son frère que vous avez puni tout à l’heure! »

 Toujours en équilibre sur sa balle, l’artiste s’interroge !

« Vraiment… ! Son frère…. ! Ma foi, la ressemblance est étonnante »

 Le Guy du haut de ses 120 kilos, enlace l’inspecteur, et dans une scène  emplie d’une dose maximale de glamour, lui murmure à l’oreille.

« Normal ! C’est mon frère jumeau… ! »

L’arbitre tout retourné de cet instant d’intimité, valida la seconde barre gémellaire. Le Guy alla au bout de ce scénario quelque peu fantasque, la fin ne dit pas si nos amis l’emportèrent, mais qu’importe ! L’histoire était belle à raconter...

 Histoire que me conta il y a quelques temps les larmes aux yeux et le fou rire au ventre mon pote la Puce, ancien joueur de Fontaine. Mais loin de moi l’idée de me moquer de ces hommes qui toutes les semaines officient pour le plaisir de tous sur les terrains de France et de Navarre.

Sans eux le rugby ne pourrait exister!

26/11/2007

Pater d'espoir ou séances rédemptrices...

 

 

medium_faust.jpg

 

 

Les avants arc-boutants gothiques d’une cathédrale ovale s’échinent sans compter à la capture de la relique bénie…Psalmodiant à poumons rompre dans la coupole sacrée des saintes mêlées, jetant à bras remplis vers le ciel les plus efflanqués d’entre eux…Ils quémandent aux dieux l’ogive magnifiée qui fera de leurs frères arrières les candélabres flamboyants d’un office sans cesse attendu…

Et là, au milieu…

Deux hommes, deux liens, tels des pontifes aboyeurs organisent et s’agitent en serviteurs fidèles de la messe sacrée…La communion en ces instants divins est toujours au rendez-vous, la gloire et la quête de l’hostie victorieuse certaine !

Mais à la fin, la moitié d’entre eux,  pauvres pêcheurs perdus iront s’agenouiller à nouveau…Chercher dans la pratique austère des interminables séances des « psaumes »  répétés un salut  toujours espéré…

En ce moment, les bouches toulousaines communient, et n’arrêtent pas de jouir des saveurs de l'eucharistie triomphante…Les Biarrots, en revanche, vont certainement déguster les bonnes et rédemptrices séances de placages…Pour les catalans l’issue est incertaine ! ne sachant plus à quels Saints se vouer…Les parigots sont hors catégories ! il est de notoriété publique que c’est braves garçons ont renoncé à toutes croyances. D’ailleurs, Méphistophélès serait leur soigneur que ça ne m’étonnerait pas ! Pour preuve, le bon docteur Faust a joué ouvreur au Stade Français dans sa jeunesse…Leur président magnifique et fantasque, lui, ne se prosterne que devant Dalida ! La seule et unique déité qui compte à ses yeux.

24/11/2007

Aubade et fol espoir...

medium_feu_d_artifice.3.jpg

 

Aubade pour Saubade,

Un grain de folie pour Paris,

Il y a des sunlights sur le Stade,

 Le lys jubile et sourit.

Aubade pour Saubade,

Il y a du rire dans son bleu,

Juan tricote sa promenade,

 Et la mine de Fabien va mieux.

Aubade pour Saubade…

 

Peter Pan s’envole à tire d’ailes.

Le lutin se marre et la victoire est  belle...

 

 

 

Et pendant ce temps là, les rouges et bleus grenoblois sont allés cueillir une belle victoire en terre narbonnaise!

L'armada du Connétable Lesdiguières se serait-elle enfin décidée à prendre les armes?

A ranimer la flamme des beaux guerriers d'antan?

A faire vibrer les coeurs d'une vallée?

Quel bel et fol espoir! Comme aurait dit le Sire...

23/11/2007

Pour Ovalove!

J’en étais à me demander si je n’allais pas cesser d’écrire sur « Esprit en mêlée »  En effet, je suis plutôt un vagabond des limbes du web, habitué à lire et écrire par monts et par mots, me régalant de somptueuses découvertes et me roulant aussi quelquefois dans des foutoirs poisseux sans nom…Aimant, voire adorant les échanges et commentaires enfiévrés…

Et du coup, l’exercice épistolaire légèrement onaniste du blog commençait à me peser.

Et puis là, aujourd’hui, je découvre à la suite de mon  « Croquant de Vincent » un joli petit message, presque timide d’une  Ovalamour (c’est beau en français aussi !) de vingt printemps !

Du coup mon esprit se démêle un peu, mon sourire s’ouvre, mon imagination s’enfièvre, mes pensées vagabondent déjà dans mon delirium ovale rien qu’à l’idée de faire plaisir à une jeune amoureuse des rebonds invertébrés d’une balle incertaine…

Merci gentille Ovalove !

pierrot la tombal,            

22/11/2007

Le croquant de Vincent

 

 

medium_loup.2.jpg

 

 

Le croquant de Vincent ne croque pas qu’à Croke Park ! 

Ce Jacquou de bord de touche croque aussi en Garonne.

Il plante ses crocs toujours à la dernière seconde,

Et met du blues dans le bleu de l’Einster.

Alors que le pink des briques ranime le teint d’un artiste black,

Les fourmis des jambes de Bryan en ont leur claque…

Contepomi lui, son beau mondiale cassé en miette, n’est plus un conquistador !

 

Le vert de l’espoir ne sied plus aux cœurs de l’Erin,

L’esprit de leur combat a changé d’âmes…

Les canines de notre loup des en-buts auraient-elles craqué ce beau mental ?

 

Que le grand Cric me croque si ce garçon n'est pas un animal!

 

                                     

20/11/2007

So bad pour Saubade

 

 

 

 

 medium_pluie2.2.jpg                                    So bad pour Saubade,                                        

    Un red Bristol pour Paris,

    Il y a du crachin sur le Stade,

    Et le lys n’aime pas la pluie.

 So bad pour Saubade,

    Il y a du roulis en première ligne,

    Son Argentine est en ballade,

                                         Et Fabien a mauvaise mine.

                                     So bad pour Saubade...

                                        

                                         Peter Pan s'ennuie sans ses ailes.

                                           

                                                                                                                             

18/11/2007

Divagations de piles

 

                                                       medium_pilier.3.jpg

 

Les piliers au rugby, c’est comme les pièces de monnaie dans la poche…Ils ont  un côté pile et un côté face…

 

Les piliers, c’est comme en politique ou en matière d’appareil reproducteur…Il y a la droite et la gauche !  Pour les premiers, entre les deux il y a le talonneur !  Pour les suivants, au milieu c’est souvent un peu mou…

 

Les piliers sont les derniers vestiges de l’Art roman…La voûte en berceau des éternelles mêlées le prouve chaque semaine…

 

Les piliers traversent les styles…Les arcs-boutants gothiques élèvent vers le ciel les cathédrales. Leurs frères ovales eux relèvent parfois des « nefs » ferventes mais houleuses…

 

Les piliers pleins d’expérience maintiennent les jeunes équipes en mal de conquêtes…Je connais aussi des bars branlants qui soutiennent des vieux conquérants que personne ne supporte…

 

Le pilier est versatile, il peut tout aussi bien chanter la beauté du jeu et de l’amour, et l’instant d’après briser le destin d’une princesse au fond d’un tunnel…

 

Les piliers, c’est comme les yeux ou les couilles, ils vont toujours par deux…avec un œil tu vois toujours ! Avec une joyeuse tu peux encore faire une heureuse ! avec un seul pilier tu ne fais rien du tout…

 

Il y a des piliers qui plient tout le monde…D’autre qui se font plier à longueur de matches…Je me demande bien si leurs mères étaient repasseuses ?

 

Pilier c’est une contrainte ! A droite, c’est une punition…pour ceux qui pratiquent les deux côtés, c’est du vice !

 

Les piliers soutiennent depuis toujours  les ponts, les temples, les aqueducs  voire même la tour Eiffel !  Pour les mêlées, ils ont un peu plus de mal…

 

Pilier c’est pas un don ! C’est comme pour la musique, la peinture ou le théâtre, c’est surtout du travail…Pilier, tu le deviens !

 

Le pilier, c’est souvent un trois quarts centre qui a mal vécu son adolescence…Des fois en début de matche ça lui revient…Au bout de trois mêlées, il ne se rappelle plus de rien…

 

Les piliers supportent les bretelles d’autoroutes. Je connais aussi des bretelles qui maintiennent  les vieux piliers…

 

Les piliers en vieillissant font souvent du gras, rarement fortune…Pourtant, c’est au gras que l’on mesure la richesse d’un vieux pilier !

 

 

                                                              medium_taureau.jpg 

 

13/11/2007

Da Vinci Code?

medium_La_Cène.2.jpg Pour les académiciens, le rôle du talonneur en mêlée est avant tout orthographique. C’est une virgule entre deux piliers, voire même un accent  partagé par une seconde ligne…

Le lieu commun en théologie ovale, c’est de comparer le Ratisseur au Christ. Les deux crucifiés auraient un destin commun…

Là je m’insurge ! Si la Passion de Jésus fut quelque peu pénible…Son tourment ne dura que quelques heures… Notre talon en revanche, lui n’est pas cloué sur les pieds et les mains, c’est sur le tarin que l’enfoiré de numéro 5 adverse lui enfonce le clou après chaque en avant…D’ailleurs bien des années plus tard,  après avoir ressuscité de ses nombreux KO, notre fils du Seigneur arbore toujours les stigmates de sa ferveur…Une énorme tête de rivet écrasée  a remplacé le nez franc et aquilin qui avait su charmer toutes les nonnes de sa jeunesse…

Ce garçon pourtant agile et adroit, ne touche bien souvent le ballon qu’en dehors des limites du terrain, uniquement en bord de touche, pour lancer la balle à ses catéchumènes  de remise en jeu…Évidement, il y a bien le fourbe demi de mêlée qui lui glisse la balle sur chaque introduction…Mais là, c’est avec le peton qu’il effleure la belle, et encore, les jours de tempête, quand la houle anime la conquête, c’est avec le front qu’il « bénit » son désir. Du même coup notre gratteur possède une souplesse de félin. Il embrasse plus souvent ses genoux que les joues féminines…Un clou au milieu de la face, c’est pas pratique pour séduire !

Certains piliers mauvaises langues, prétendent que les talonneurs, sont des confrères  qui auraient mal tourné…

 D’autres racontent encore, que les deux apôtres encadrant le Christ dans l’œuvre du grand Léonard seraient deux piliers…

Quelques uns rajoutent encore que ce mystère ferait l’objet du Da Vinci Code 2…

L’Opus Dei serait-il à l’origine du rugby ?

Judas était-il anglais ? 

 

PS: Le premier qui file mes coordonnées au moindre talonneur, je l'excommunie!                                     

11/11/2007

Quand...

                                                 medium_CHAMPAGNE.7.jpg

 

Quand les chandelles illuminent des réceptions fines et délicates,

Quand les cocottes généreuses finissent leurs défilés dans une couche  promise,

Quand un coup de pied tombé relève parfois des types à la dérive,

Quand les passes vont toujours de l’avant tout en faisant croire le contraire,

Quand les belles pagelles raniment la libido des buteurs sans amour,

Quand les jambes de funambules  côtoient le vide le long d’une main courante,

Quand les bouchons font des bulles sans jamais renverser le champagne,

Quand il suffit de trois lignes pour écrire  une histoire plutôt  emmêlée,

Quand un demi gouverne à lui seul pas moins de huit entiers,

Quand on passe, On saute, On croise, On redouble…sans rien connaître à la dentelle,

 

Alors le rugby est beau ! Et les tribunes jubilent…

 

 

Hier soir dans les travées de Lesdiguières, les quatre points étaient alimentaires…

Mais ne faut-il pas se contenter de manger…

Quand on a faim !

                                                  medium_sandwich.jpg

08/11/2007

Carton rouge!

medium_vin.jpg 

Dans tous les sports collectifs les cartons ont la même couleur, que cela soit blanc, jaune ou rouge, leur signification est identique. Puis il y a des jours comme ça, où ces accessoires arbitrales prennent une dimension surréaliste, où leur côté répressif, devient tout d’un coup dérisoire !

Mon histoire se passe en 1998, championnat promotion d’honneur pour mes amis de Fontaine(banlieue de Grenoble).

  Les bleus et blancs ce jour là se déplaçaient à Viuz, Chez les hauts savoyards. Voyages toujours périlleux, sanguins, et pour tout dire couillus. Les deux équipes seniors participaient à la fête, le départ en ce dimanche printanier était donc prévu tôt le matin. A 7 heures, tout le monde pointait dans le car, il ne manquait à l’appel, que trois lascars. Trois poutres maîtresses de l’équipe réserve, trois piliers inamovibles de ce quinze fougueux, de cette équipe deuxième, mais au combien méritante. Les sieurs, Fifi, Guy et Francis étaient à la bourre. Coco l’entraîneur, homme pourtant d’habitude serein, au discourt clair et limpide, commençait à enrager, à marmonner dans sa barbe, à manger son béret. Il venait juste d’en déglutir la première gorgée, quand nos artistes se pointent, s’excusant tant et mieux de leur étourderie. En effet, ceux-ci avaient oublié de prévenir qu’ils partiraient en voiture, le car les indisposait gravement, ils voulaient pour ce match au sommet, être en grande forme, mettre de leur côté, tous les atouts. Rendez-vous était donc pris à 11 heures, devant le restaurant…Le bus s’en allait, alors que nos pieds nickelés montaient dans leur voiture. 

Bien entendu, trois heures plus tard, l’auberge ne vit jamais arriver notre équipage. Pas plus le vestiaire deux heures après, heureusement, même sans eux, nos réservistes arrivaient à se compter quinze, péniblement mais le compte y était. Juste au moment où l’arbitre sifflait le coup d’envoi, les trois braillards pointaient leurs tronches joviales au bord du terrain, la démarche peu assurée, le sac en bandoulière, la face échauffée et le sourire épanoui des gens heureux. A peine le temps de se changer, et de les rajouter à la feuille de match, voilà nos acolytes installés sur le banc de touche, hurlant, gueulant leurs encouragements, beuglant après l’arbitre, menaçant les adversaires. Et ce qui devait arriver arriva. Au bout de vingt minutes, un seconde barre se blesse, qu’une seule solution, faire rentrer le Francis. Le bandeau de travers, un seul œil à la manœuvre tel un corsaire, la moustache ébouriffée et la démarche houleuse comme un pont d’abordage, notre flibustier traverse le terrain, se pose en mêlée et lâche le « renard » coincé entre ses dents sur les chaussures  de sa première ligne. Le ballon, lui n’a pas attendu, l’action se déroule, le regroupement suivant est déjà loin. Les hommes sont au rendez-vous, les lignes de hors jeu aussi, il n’y a que le Francis qui soit à la bourre, il faut dire que la vélocité alcoolique l’accompagne, un seul petit problème, ses rétrofusées sont en panne, il arrive plein fers sur la masse des joueurs au sol et dans un plongeon digne des jeux olympiques, il bascule dans le camp adverse, le nez sur la gonfle. Les adversaires hurlent au scandale, voulant « arroser » ce plongeur fou, l’arbitre excédé par une telle acrobatie illicite, n’hésite pas et brandit sous le nez du trouble fête un splendide carton blanc. Péniblement notre Don Quichotte se relève, IL toise le « gendarme » et son bristol, puis d’un air digne et solennel lui dit :

« Ha non monsieur l’arbitre, pas du blanc ! Du blanc j’en ai bu tout le matin, si vous devez m’en mettre un !Mettez-moi un rouge au moins ! »

L’hilarité fut générale, l’amoureux transi des produits viticoles sortit sans cartons ni trompettes, il partit tout simplement directement à la buvette, voir si le règlement pouvait lui permettre de prendre plusieurs rouges à la suite……

Il est évident que ce n'est pas un exemple...je ne fais pas ici l' apologie de l'alcoolisme, mais heureusement, cette histoire s'est bien terminée... 

06/11/2007

Le Killer

 

medium_morricone.4.jpg

 A lire, avec en fond une musique de film d’ Ennio Morricone, le radiateur au maximum pour que la sueur perle…Une tripoté d’allogènes pour vous éblouir…Et si possible debout sur les épaules de votre conjoint, frère, ami, voisin ou tout autre pékin de passage…

Ha oui ! j’oubliais…Une corde autour du cou accrochée à une poutre du salon finirait magnifiquement l’atmosphère… 

Il est là.

Le regard tendu.

Les bras lui tombant des épaules.

En face,

Deux géants blancs ricanant le toise.

Sa poitrine copine cherche l’air,

Généreuse…Elle le calme.

Les deux autres raillent de plus belle.

Sa tête est vide.

Son destin écrit.

Ses jambes solides.

Les deux échalas unis frissonnent.

Il dégaine !

La balle frappe au milieu,

En plein cœur.

Les deux frères plantés chancèlent,

La transversale, leur frangine les soutient.

Le killer regarde l’encoche des 3 points se rajouter à la crosse du tableau de marque.

Il sourit…

04/11/2007

Couleurs et Consolament

medium_cathares.4.jpg

 Décidément, l’histoire entre les stades est une histoire de couleurs.

Celui de la capitale n’en finit pas de délaver les siennes, entre son beau bleu de mer devenu un triste vert pastel de fond de tranchée…Et son rose moins éclatant qui les fait sortir tout droit d’une bonbonnière ou d’une maison « Barbisante »…

 Le cœur de briques des bords de Garonne, lui, a trempé son pinceau dans le sombre pot de son histoire Cathare. Pour en repeindre d’un noir éclatant le paletot grisonnant d’un joueur du bout du monde…Et faire de lui un nouveau Parfait recevant de ses frères de match le « Consolament », sacrement divin de la religion des chevaliers…

Il fut tout simplement magnifique dans l’exercice de son nouveau sacerdoce…Il faut dire que la mêlée parisienne avait, elle, renonçé à toutes religions…

              

02/11/2007

Sédartryl pour le Stade Français...

medium_vestiaire.jpg 

Aujourd’hui c'est un extrait de « A cœur ovale » qui habillera ma note. Une histoire de vestiaire comme seul le rugby peut en inventer…Contre le Stade Français qui plus est ! Ceci dit je n’ai jamais joué au Stade Toulousain… 

Dans toutes activités humaines il existe des instants saugrenus voire irréels, la pratique du rugby ne déroge pas à la règle. Le lieu idéal pour les  dérapages intempestifs, c’est bien le vestiaire. Un mot décalé, une chose détournée de son usage habituel, et vous êtes en plein surréalisme…..

Hé ben voui mes seigneurs ! Tel que vous me voyez, moi, Pierrot la tombal, j’ai joué contre le stade français.

Ho la ! Tout doux mes bons, c’était pas au stade de France ! Non, non mais à Paray le Monial ! dans notre belle province.

C’était pas l’année dernière… ! 

Prés de 23  piges de ça mes gaziers ! En 32 ème de finale de troisième division !

Ce jour là je succombai  au plus gros fou rire de mon immense carrière.Cette année là, Eric, seconde barre était aussi notre capitaine, un ariégeois bon teint, un défenseur des valeurs ancestrales, avec lui la préparation était avant tout mentale, les remontées de manivelles se situaient surtout au niveau de la tronche, les gros devaient se serrer, se renifler, se reconnaître les yeux fermés, car avec mon lascar tu mourrais sur le terrain ou tu rentrais à pince !

Nous voici donc dans les vestiaires de stade municipal cher à notre Bernard Thévenet national.Quand je dis les vestiaires, je vois un peu grand, je devrais dire « la penderie », ce lieu de culte était si exigu que le galonné décida que les avants se changeraient dans les douches.Nous derrière, on est aux anges, de la place pour étaler toutes nos petites affaires, une glace intacte pour se refaire une beauté avant le début de la fête, on est les rois du monde, on va manger du parigot, on va se faire une ventrée de tête de veau !

Dans le hammam à côté c’est pas la même chose, un bruit sourd de coups de tronches continu nous ébranle les tympans, la voix de notre mentor harangue les adeptes du bandeau et de la vaseline, des hurlements longs et gutturaux résonnent dans cette espace de faïence.

Nous, on moufte pas un mot, on veut échapper aux adoubements  frontaux, on fait canard, le haka de baignoire, ça  nous fout les mouilles.

Chacun vaque à sa préparation, quand tout à coup notre seconde barre Topiol surgit de la douche, les yeux exorbités, son faciès de bergamasque émacié et son allure de grand échalas livide se plante au milieu du vestiaire et réclame un tube de sédartryl.

Le sédartryl  onguent indispensable à tout vrai joueur de rugby, potion magique du muscle rugbyphile, ce baume merveilleux a la fâcheuse habitude de manquer à l’appel. La lutte pour se rendre maître de ce précieux nectar a toujours été légendaire.

Topiol fouille partout et finit par débusquer le fond de tube que Pafio notre ouvreur, planquait sous ses affaires.Il le chipe, et retourne dans la caverne des huit gongs bouddhistes.

Pafio reste con, sans réaction, tout dépité devant ce larcin infâme, il a l’œil triste du singe qui vient de se faire piquer sa banane. Rougebarre ailiers facétieux s’il en est, je ne sais par quel miracle, sort de son sac une énorme seringue, celle-ci par je ne sais quel second miracle, est remplie de sédartryl, il se tourne vers le Paf et lui dit

« T’en veux !»

Il pointe son engin en direction  de son compère, et par une pression énergique envoie une gigantesque giclée sur Paf. Notre ouvreur est crépi des pieds à la tête, non seulement lui mais la totalité des frusques du vestiaire sont maculées. On a comme l’impression qu’un éléphant s’est branlé dans nos vêtements.

Je vous explique pas le fou rire, toute la ligne de ¾ couchée par terre, les boyaux en travers. Les gros à côté, à hurler de plus belle et pas moyen que le capt’aine s’en rende compte, sinon la mort nous attend au bout  de ce bidonnage terrible, ce fut dantesque mais la morale et la concentration furent sauves, nos reprîmes nos esprits, Pafio se massa de partout, même les cheveux. Pour les fringues se fut une autre histoire, mais la victoire nous servit de pressing.

La motivation ce jour là fut quelque peu folklorique, nous vînmes à bout d’une valeureuse équipe parisienne, mais seulement après les prolongations et avec je dois bien l’avouer, d’énormes difficultés.

 Mais le sédartryl est pour moi depuis ce jour un ineffable gage de bonne humeur ! 

NB : cette histoire est rigoureusement exacte !