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29/10/2007

Umagatitude...

 

medium_images.8.jpgVoilà, je vous livre aujourd’hui les mots que j’avais écrits au mois de janvier dernier après le dernier match d’Umaga à Toulon. C’était contre Grenoble, et les commentaires acerbes allaient bon train contre le passage éclair du capitaine des blacks dans la rade toulonnaise…

Aujourd’hui il en est l’entraîneur et cela semble pour le moins bien parti. C’est vrai qu’avec son équipage, il pourrait faire le tour du monde…

 

 

Je crois qu’il en est pour un match comme pour un tas d’autres choses…Les beaux moments, les fabuleux instants, les magnifiques endroits et les histoires mythiques ne s’écrivent, ne s’inscrivent, ne se vivent que grâce à la réunion de paramètres pragmatiques, rationnels, mais aussi  affectifs, mystiques et fusionnels…

Je ne croyais pas du tout, à cette histoire abracadabrantesque qu’un président puceau ovale voulait nous vendre en début de saison. Je ne croyais pas une seconde à cette histoire d’Umagatitude qu’un éditeur de bulles voulait nous faire avaler.

Une pige, 3 mois, 7 matchs, pour un joueur fut-il exceptionnel et capitaine des blacks, je trouvais ça ridicule et déplacé, voire extrêmement cher !

Mais il s’agissait de la rade, du pays du muguet, du théâtre de Mayol, et surtout c’était lui !

Cet enfant de l’île la plus éloignée de la méditerranée, ce lascar empli de sang maori éduqué à la sauce anglo-saxonne, épicé de Haka !

Il a amené dans ses bagages toutes les valeurs ovales et humaines que seuls les grands peuvent trimbaler. Il est venu chargé de sa famille et de toute une culture qu’il ne demandait qu’à partager. Il est venu, il n’a pas triché !

Certains me diront bien sûr qu’il est reparti avec un gros chèque, et alors ! son attitude impeccable et généreuse est-elle proportionnelle au montant alloué ! Sincèrement, je ne le crois pas. Aujourd’hui il part retrouver sa rade originelle, il retourne goûter au crachin de Wellington. En espérant que le souffle d’envie et de victoire qu’il a su faire se lever sur le pré et dans les gradins d’un vieux stade mythique ne disparaisse pas avec lui…..

C’est tout le mal que je souhaite aux amoureux de la fleur du mois de mai !

           

28/10/2007

Par Amour…

 

 

 Plaquer au rugby n’est pas une affaire de goujat !

On plaque en ovale sans jamais briser de cœurs,

On ne largue pas…Au contraire on enlace,

Le « planteur » est du reste un affectif,

Il aime beaucoup et plante à tour de bras,

Le tamponneur ne part jamais sans laisser d’adresse,

Les flancs endoloris le rappellent sans cesse…

Tu ne plaques pas au rugby comme en Amour,

Tu plaques souvent ! mais en aimant toujours…

25/10/2007

Grande lessive à Mirabel!

medium_images.4.jpg 

 Voilà aujourd'hui je viens vous raconter une petite histoire de tournée...Une de ces aventures vécues qui maçonnent les amitiés de stade. Pourquoi celle-ci? Tout simplement parce que le nouvel entraîneur des -21 français, P. Agostini faisait partie de cette horde. D'ailleurs le "Peck" mon acolyte de cette fable n'est autre que son frangin...Les belles vertus seraient-elles de retour dans les hautes sphères? 

Tout avait commencé autour d’un barbecue, un soir d’entraînement au mois d’août, après avoir suer sang et eau pour affûter nos corps d’athlètes toujours fédéralistes, nous dégustions nos sempiternelles saucisses tout en devisant sur ce que serait la saison à venir…

Quatre godiveaux et quelques bières plus tard, nous en étions à évoquer la destination de la tournée qui parachèverait sans aucun doute, une saison magnifique !

Chacun y allait de son point de chute fantaisiste :

Les pilars, talonneurs et autres secondes barres ne voyaient qu’une seule direction possible, le sud Ouest ! Le championnat de France de cassoulet, et l’élection de miss Andouillette attiraient mes lascars comme le miel les mouches….

Il y avait aussi les amoureux des « rosbifs » Ceux qui ne peuvent pas imaginer se rendre ailleurs que sur la terre de notre père fondateur le regretté William Webb Ellis. Je les soupçonne quand même d’apprécier plus l’ambiance des pubs et le décolleté des petites anglaises, que les minutes de recueillement sur la tombe de l’ancêtre…

La troisième catégorie était la plus vicelarde. C’est celle des gus qui se foutent un peu du côté ovale de la chose…Pour eux, le seul critère d’importance, c’est le rapprochement « culturel »  Les échanges profonds et renouvelés sont la base incontournable du choix de leur destination ! Leur pays préféré s’appelle « Le Club Méd », pourvu qu’ils puissent chanter « Da da dirla da da » sur une piste de danse amoureuse et enfiévrée, le voyage est réussi….

Puis tu as les gonzes qui réfléchissent, les doués du bulbe, les intellos des vestiaires, les organisateurs des lancements de jeu et autres sauteries affectives.

J’ai nommé : « La charnière ! »

Cette année là, mon compère à « l’articulation huilée » s’appelait le Peck ! Le roi de la guitare et du sourire enjôleur vrillé en direction des filles. Doué pour tout ! Sauf pour le placage !

Moi j’aimais ça, nous étions fait pour nous entendre…

Devant la connerie ambiante, et certainement grisés par la franche rigolade qui animait ce grand débat « villégitural », nous lançâmes l’idée saugrenue d’emmener tout ce petit monde voir si  le phoque de « Beau dommage » s’emmerdait toujours sur la glace…. (Voir et surtout écouter la complainte du phoque) tellement le délire fut grand, nous créâmes ce soir là, une organisation qui allait devenir internationale, la ZRTO  ( Zaz Rugby Team Organisation) dont le but plus que louable était(est) de :

« Colporter et répandre à travers le monde, l’univers et les galaxies les valeurs essentielles du rugby »(véridique ! les statuts sont déposés à la préfecture)

Neufs mois plus tard, 25 escogriffes embarquaient à Orly, direction Montréal !

Le voyage fut sans problème, sauf pour les hôtesses ! Nous eûmes droit d’abord à un gros sermon de la chef de cabine, celle-ci nous demandant expressément de ne plus embêter ses monitrices. Puis comme nous avions organisé une mêlée spontanée sur la travée centrale, c’est le co-pilote qui est venu nous demander si nous voulions découvrir les charmes de la police montée canadienne à la descente de l’avion….

Si c’était aujourd’hui, je crois bien que nous aurions droit à un accueil plus que musclé, et un retour immédiat dans nos foyers…

Une fois le zingue posé sous les applaudissements traditionnels, le contrôle à l’accent folklorique des douaniers québécois nous attendait de pied ferme !

Les passagers nombreux, et les vérifications tatillonnes de nos lointains cousins uniformisés, étirèrent les longues minutes d’attente.

  Enfin mon tour arriva ! 

« Bonjourrr ! motif’ de vot’ visit’ chez nous ôtres »(à lire avec l’accent)

  Il me fallut un certain temps pour comprendre ce qu’il voulait. 

« Ben…. Heu …J’suis venu jouer au rugby ! »

  « « Rubi ! » Qu’est ce donc cet’ chose là » ?

Putain ! Voilà maintenant qu’il fallait que je lui explique dans les grandes longueurs la pratique ovale.

  « Ben…. C’est un sport ! Un peu comme le foot américain…Ca  se joue avec un ballon ovale…Deux équipes de quinze joueurs…Sur un terrain à peu près identique à celui des ricains… Mais c’est vachement mieux ! » 

« Ah oui ! Vraiment ! Mais vous jouez sur un terrain en herbe alors ? »

  Là, il commençait à me les briser le cerbère à la mode caribou. J’avais presque envie de lui répondre qu’il se fourvoyait, que nous autres rugbymen, nous fourbissions nos armes sur de splendides tatamis, voire dans des bacs à sable…Mais la raison l’emporta. 

« Tout à fait ! Comme vous êtes perspicace, nos aires de jeu sont recouvertes en général de vertes pelouses. Sauf en hiver !  Il nous arrive quelquefois de jouer dans un champ de boue »

  « Vous possédez donc des souliers spéciaux. Vous pouvez me faire voir  ces ustensiles ? » 

Merde ! Je rêvais, mes crampons maintenant ! j’extirpai du fond de mon énorme sac une poche pastique plus que douteuse, contenant mes fameuses chaussures à l’allure non moins douteuse…

  « On peut pas dire qu’elles soient ben nettes, vous autres les Français vous avez un drôle de sens de la propreté, mais bon…Vous pouvez passer ! » 

Il fallait que je sois venu au Canada pour prendre une leçon d’hygiène… je ne comprenais pas vraiment pourquoi il en voulait comme cela à mes pompes ! Mais bon, j’étais passé, et c’était bien là l’essentiel.

Trois minutes plus tard, j’avais retrouvé mon complice  Peck. La musique des haut-parleurs de l’aéroport Mirabel se fit entendre.

« Ding Dong !!! Les membres de l’équipe de rugby en provenance de France sont tous priés de se rassembler vers les locaux sur la droite des postes de contrôle » 

Tout ça dit par une voix à l’érotisme sauvage. J’avais l’impression qu’une jolie canadienne venait de me susurrer à l’oreille :

« Les jeunes et beaux garçons de l’équipe de « France » de rugby sont priés de nous rejoindre immédiatement, mes copines et moi, on ne tient plus… »

  Peck et moi, nous gonflâmes nos poitrines, la tête bien droite, et le regard clair nous avançâmes d’un pas décidé. C’est lorsque nous avons aperçu l’endroit indiqué que le doute s’insinua…. Une bande de képis nous attendait. 

« Messieurs, sortez vos chaussures de sport, et entrez dans cette pièce ! »

  Vu la tronche des sbires, on s’est exécuté. Un planton de service nous ouvrit la lourde.

Et là, qu’est ce que nous découvrîmes ? Toute notre smala devant de grands lavabos, une brosse à la main, frottant comme de bonnes petites ménagères leurs souliers crottés !

Si mes godillots n’étaient pas très nets, certains de mes camarades avaient eux embarqué un tombereau de boue sous laquelle on pouvait deviner deux malheureuses chaussures…

Il faut dire que la loi canadienne est très stricte. Il est absolument interdit d’introduire sur le territoire toutes matières végétales ou organiques ne provenant pas du continent Nord américain. Nos hôtes avaient une extrême trouille des germes pouvant provenir de la vieille Europe. Devant l’état calamiteux de l’équipement de certains de mes coéquipiers, les services sanitaires québécois n’avaient pas badiné !

Pour sortir de l’endroit, il fallait présenter « chaussures blanches », et pas intérêt de faire les malins…

Nous venions d’inventer le « terrorisme ovale » ! Nous étions morts de rire... Nos pérégrinations ne faisaient que commencer…

Le stade Olympique de Montréal(enfin l’annexe) nous attendait, les plaines d’Abraham(stade et endroit d’une bataille historique) et le Dagobert(immense boîte de nuit) de Québec aussi…

Et je vous raconterai peut-être un jour la descente de la rivière rouge… Descente du diable effectuée sur de gros raftings de dix places, au printemps dans une flotte à 5 degrés et au beau milieu des  rapides de l’enfer…. Un immense souvenir !                         

22/10/2007

Surprise!

Quelle surprise ! Je viens d’apprendre qu’un journaliste de France Info à déclamer à l’antenne les quelques vers de « Accroc d’Ellis ». C’était dans le cadre de la chronique du net. Le sujet du jour :  La défaite contre les anglais, et les réactions engendrées sur les blogs de France et de Navarre…

C’est un internaute du forum fcgrenoble.com qui m’a gentiment prévenu.

Y a pas à dire ça fait quand même plaisir de voir s'envoler mes élucubrations ovales... 

 

PS : En allant sur le site www.acoeurovale.com vous pourrez découvrir un livre commis par moi même, Christian alias « Pierrot la tombal » et mon photographe de complice Thomas Bianchin. 

21/10/2007

Un tango dans mon rugby...

medium_images.3.jpgLes héritiers de Carlos Gardel ont écorné ma belle histoire. Leur tango rageur a culbuté mon ultime parcelle d’optimisme. Les fils de la Pampa ont parqué au fond d’un vieil enclos mes dernières espérances…Buenos Aires fête ses artistes et les embruns glacés d’Ushuaia font frissonner mon ovale triste. Les conquistadors en ciel et blême ont abattu dans un parc qui n’avait plus de princes les dernières illusions d’une équipe en fin de vie…

 Décidément cette coupe du monde finit par me laisser un goût de cendres dans la bouche.

Brûler en place privée les généreuses retransmissions télévisuelles publiques – Incinérer les  valeurs traditionnelles du rugby – Cramer les belles légendes – Calciner les magnifiques héros, les beaux esprits…

L’ovale a rejoint le monde matériel. Mon sport n’est plus une religion ! Ses ouailles n’ont  plus de bible, ses druides ont perdu la potion magique.. 

Plus rien ne pourra désormais empêcher qu’il ne soit plus qu’un produit !

Vendu, bradé, aliéné, monnayé, débité à tous les marchands du temple. Cédé par tous ceux là même qui écrivirent son histoire en partie…

Même les finales ont sacrifié leurs essais, le jeu ne vaut plus maintenant que par l’enjeu. Le ballon ivre de coups côtoie désormais les étoiles, les chandelles illuminent les stades et les tribunes n’ont plus de feu d’artifices…

L’Afrique du Sud est en couleur, l’Angleterre en sursit…Les blacks sont en 2011, la France à genoux…Et nous, nous avons un nouveau ministre…      

 

18/10/2007

"Comptes" ou légendes

Voilà depuis quelques semaines à peine, j'écris mes mots et délires ovales sur le  blog "esprit en mêlée". Espace d'expression "enfanté" sur les conseils de Lio et surtout sur l'insistance de Mezetulle et sa Choule. En si peu de temps j'ai déjà eu droit à la rubrique "coup de coeur", et aujourd'hui à celle de "Paroles de blog". Pour arroser ça, je publie aujourd'hui un texte que j'avais écrit au tout début de la coupe du monde...

Peut-être en partie prémonitoire...  

Cinq éditions passées suffiraient-elles à donner une âme au mondial ovale ? Le souffle qui anime les légendes et crée les histoires mythiques vient du secret des vestiaires, enfle dans les arènes des tribunes, voire persiste et s’immortalise dans les pupilles cathodiques au fond des canapés agonisants…

Résurgence la plus fraîche, Johnny Wilkinson ! Le métronome, le bombardier, la perle emmena sa troupe vers la gloire, la reine séduite en fit un lord, sans se douter que les titres rendent les héros fragiles…D’une manière plus collective, les fidjiens m’ont toujours séduit. Pour l’épreuve inaugurale cette équipe de jobards avec des piliers trois quarts aile, des ailiers en forme de seconde ligne, et des secondes lignes de débordement inventèrent « le ballon à poignée » tous le tenaient d’une main, manette par trop délicate, elle se brisa plusieurs fois aux portes de la terre promise et priva les fidjinambulistes de plusieurs essais…

Nos bleus en demie sur les terres australiennes marquèrent à l’ultime minute sur une action du bout du monde, Blanco plongeant dans le coin de la poche de l’en-but kangourou…Un régal ! Pour la finale à Auckland, mis à part l’échec de la France, tout ce qu’il me reste, c’est un matche à six plombes du mat’, c’est un casse-croûte au réveil devant la télé avec ma bande de potes, mis à mort d’un saucisson  pendant les hymnes, rasade de Gramenon(côte du Rhône) sur chaque actions. Nous refîmes le matche toute la journée durant… Pour le finir le lendemain à l’aube, laminés, fourbus, vaincus mais fiers de notre performance !

Au Parc en 95, les princes n’étaient pas anglais, Les épines de la rose labourèrent le beau Serge…A Twickenham Campese mangea les aiguillons, et ne laissa que la tige à la perfide Albion !

Autre grand souvenir, King’s Park, les divinités africaines étaient contre nous, la déesse de la pluie fit pisser sur Durban toutes les vaches du continent, et finit par raccourcir  les bras d’Abdelatif à qui il ne manqua que dix centimètres pour atteindre son paradis…Eden qui ne pouvait échapper à tout un peuple. Son président ex taulard pour délit de faciès arborait cette finale la chasuble de son capitaine, et lui remit la Webb Ellis dans une ferveur incroyable, un instant magique ! Ce jour là, Lomu, l’extraterrestre bulldozer volant ne pouvait rien contre 44 millions de sud africains…Moi devant ma télé, j’avais les larmes aux yeux et du sang zoulou coulait dans mes veines…

Il me reste aussi  au fond du cœur une demi-heure de rêve, 99 pour 33 pions en trente minutes, du jamais vu pour les rois du monde ! Les guerriers au haka transformaient en l’espace de trois essais en de tristes poteaux télégraphiques, plantés, amorphes, jetant aux tribunes en délire et à la terre entière de pathétiques SOS…                   

Voilà, pour faire un début de mythologie planétaire et ovale, il suffit de peu de choses :

D’un lord magnifique,

D’un ballon à poignée,

D’un plongeon en terre promise après douze mille passes,

D’un casse croûte au son de la Marseillaise,

D’une tige de rose, 

D’un sortilège africain, 

D’un ailier intergalactique, 

D’un peuple + 1 président charismatique, 

De trente minutes de rêve….

Je ne peux oublier que les plus belles Iliade sont parfois frappées par le drame. Qui se rappelle  Max Brito, ailier de la Côte d’ivoire, la nuque fracassée dans un regroupement contre le Tonga…J’espère et je prie pour que les instances du rugby mondial se souviennent de ce gars là…Et  je prie de la même manière pour que la grande globalisation médiatique et financière n’oblige pas dans quelques années un  Blanco  à l’instar  d’un Platini  pour le foot à se demander ce qu’il est advenu de son sport …

Peut-être faudra-t-il que je rajoute à ma liste pour l’édition 2007 ;

Une grande et belle désillusion….

Mais ça, on ne le saura que dans trois  ou quatre semaines…

16/10/2007

Les valeurs de Broncan...

Broncan ! Rien que son nom tonne, résonne et roule comme une bronca de tribunes, un soir de révolte, dans les travées du Moulias…

Il y a dans ce patronyme explosif toute la sagesse du bonhomme…Broncan, c’est un druide, peut-être un chef indien ou alors un vieux singe, un gorille, un dos argenté ! Un de ceux à qui on n’apprend pas à faire les grimaces, un de ceux  qui transportent toute leur immense fortune sur leurs dos…Et qui n’ayant plus de place sur leurs épaules, finissent par charger le trop plein sur leurs cœurs.

Broncan, je ne le connais pas ! Mais je le devine,  c’est le genre de type à te faire aimer n’importe quoi ! Je suis sûr, que même moi qui était un cancre international, j’aurais aimé l’Histoire si  le père Henri me l’avait racontée…

J’aime ce type parce qu’il croit en lui et surtout il croit en ses hommes. J’affectionne ce carafon pour son parcours, pour ses certitudes et pour sa rectitude…J’aime lire ce qu’il écrit, je me retrouve dans ses bafouilles, je m’imagine dans son vécu…Il me rend mon humanité plus belle, il me rend mon jeu comme je l’aime, il me fait croire que professionnel ne rime pas avec bordel…Il m’oxygène mon ovale, il met du ciel bleu dans mon rugby…

Il est de ces hommes qui te font croire à l’impossible, il te change un travailleur sage et besogneux en un gladiateur invincible. Il n’utilise pas les hommes, il les révèle…c’est un homme de la terre, façonné au labeur, bâti dans le limon affectif, harnaché des valeurs essentielles qui le font avancer et passer d’une histoire à l’autre sans jamais laisser de cadavres derrières lui…

Broncan ! Je crois tout simplement que c’est un Seigneur…

Mon intention n’est pas de tirer sur l’ambulance…Mais  pour moi, Broncan est l’exemple même de l’entraîneur de rugby. Il pratique son métier sans jamais renier les valeurs viscérales et affectives qui ont construit sa vie. Il nous en a encore donné l’exemple pendant ce mondial avec la généreuse et accrocheuse  équipe de Géorgie.Peut-être faudrait-il que certains s’en inspirent…Je sais ! c’est un peu tard… 

14/10/2007

Accroc d’Ellis

 

Vincent n'était pas à Croke Park,

Les esprits étaient à Cardiff,

Et le mental était de sortie.

 

 

Les maillots de nuit avaient la couleur du doute,

Le bleu roi avait perdu ses princes,

Et la rose pouvait fleurir tranquille.

 

 

Le stade était de France,

La victoire était d'ailleurs,

Et les larmes d'ici...

12/10/2007

Conte de fée...

Certaines femmes sont faites pour être abandonnées, d’autres encore qui ne le seront jamais. Presque toutes aiment les hommes, quelques unes le jeu, et d’autres encore les jeux des hommes……

Il y a aussi une de ces dames sans âge, de petite vie et de grandes vertus, nymphe mystérieuse à la jeunesse éternelle, à la grande douceur.

Sa peau suave et soyeuse ondule sous les doigts, son corps a étreint plus que de raison, nombre de têtes étourdies et sanglantes se sont blotties sur son sein.

Celui qui l’intéresse n’a pas le port altier, elle ne veut aucun roi, aucun prince pas même un bourgeois. Seul le cassé, le fourbu, le meurtri a grâce à ses yeux. Il lui faut des amants à terre, couchés, salis, vaincus, magnifiques et fiers dans l’adversité.

Elle aime se pencher sur les lèvres gisantes, elle goutte avec bonheur aux baisers de sang, aux nuques ruisselantes, aux muscles meurtris, aux chevelures en bataille et à l’ivresse des prés, aux clameurs des combats.

Son désir est bucolique, ses amours étoilés, pour elle pas d’alcôve, pas de couche, pas même un drap ! C’est sous le soleil et la lune qu’elle se donne sans compter, qu’elle enlace ses galants et ranime les envies. Sa chair tendre et humide fait renaître les mortels, sa caresse est divine, presque irréelle…

Et pourtant depuis un moment, notre belle se sent seule, délaissée. Plus un soudard pour réclamer ses atours, pas un bien-aimé pour rallumer la flamme. Elle qui se donna corps et âme, elle qui fut fidèle à tous ses amours, aujourd’hui se trouve  abandonnée et vieille…

Son teint est blafard, son cœur desséché. Les baumes, les onguents et autres astuces cryogéniques auront eu raison de son sort ! Car désormais elle est inutile, ne soulage plus personne. C’est dans un sombre vestiaire, au fond d’un triste seau, que gît la divine, magique, fabuleuse……..et irremplaçable « éponge miracle »

Peut-être faudra-t-il un prince du stade de France brandissant la Webb Ellis pour ranimer la belle au seau dormant...Les contes de fées et autres histoires merveilleuses ne sont-elles pas une spécialité française...                       

10/10/2007

Ils sont humains...

Je ne sais pas vous, mais moi je les ai trouvés bien les blacks samedi soir !

Je les ai vus enfin comme une équipe « normale », pas comme on veut nous les vendre, pas comme cette image parfaite et lustrée de joueurs invincibles et bodybuildés…Pas comme nous les livre leur équipementier favori utilisant le haka comme on utilise le ketchup pour vendre des saucisses. Je les ai trouvés empruntés, brouillons, sans visions et sans espaces…Allant même jusqu’à oublier ce que veut dire le mot drop…

Et du coup, je trouve ça plutôt rassurant. Le rugby professionnel n’a toujours pas engendré les mutants de l’ovale. Le doute peut encore vaincre la Nouvelle Zélande. L’impitoyable incertitude du sport habite encore au pays des longs nuages…

Les joueurs tout en noir sont encore humains !

L’équipe de France les a battus ! Bernie et ses jetons de casinos au fond des poches, The door et ses jambons de bazars, Nanard et son portefeuille de ministre posé bien en vue sur sa table de nuit a réussi son pari, éliminer la meilleure équipe du monde. Je n’apprécie pas plus que ça Laporte,  je n’aime pas tous les cliquetis des breloques publicitaires qu’il déclenche. Comme je n’aime pas non plus les 15% de réduction que nous vend Herrero avec son assureuse de copine, pas plus que la pression qui ne devrait pas tarder à faire exploser Galtié à force de la faire monter.

Je n’aime pas tout ce cirque ! Je n’aime pas la semaine des affaires et les shampoings qui te font marquer des essais sans une pellicule…

En revanche, j’aime l’équipe de France. Je l’aime parce que les types au garde à vous au moment des hymnes, c’est toute mon enfance ! C’est le tournoi des cinq Nations, c’est Roger Couderc, c’est le souvenir de mon père, c’est mes potes de cour d’immeuble, c’est des matches réinventés dans la froidure de l’hiver…

Samedi dernier au coup d’envoi, une boule me mangeait l’estomac. J’ai plaqué 190 fois avec les bleus. J’étais même à hauteur quand Traille a fait sa passe en avant ! J’ai triché un peu dans les rucks, j’étais même hors jeu plusieurs fois. J’ai tiré des maillots, j’ai labouré quelques dos, j’ai râlé souvent…

D’aucuns diront l’arbitre n’a pas été bon, il n’a rien sifflé, n’a rien vu, n’a rien compris, n’y connais rien…

Et moi je réponds, l’arbitre qui officiait pour France/Argentine n’a pas été excellent non plus…Mais ce soir là les pumas méritaient leur victoire. Ils la méritaient parce qu’ils avaient ce petit supplément d’âme, cette envie, cette grâce qui accompagne les guerriers et font retentir les coups de sifflets dans le bon sens…

Comme disait J-P Rives, l’arbitre fait parti du jeu, comme la pluie, le vent et les tribunes…      

08/10/2007

Recommence Vincent!

Les hommes libres ont-ils besoin de leurs racines ? Est-ce que les grands hommes gardent le souvenir du terreau maternel primaire…?

A l'opposé, peut-on vivre et grandir sans la mémoire de nos pas initiaux, sans les cicatrices et les odeurs des joutes originelles…

L'hiver dernier dans un stade toujours « balafré »  du « bloody Sunday » malgré les 87 années cicatrisantes …Dans ce haut lieu de la mémoire républicaine  irlandaise, un garçon nous a modestement montré l’exemple…

Le regard « clair », l’esprit tout autant, les jambes libérées et la tête haute,  après un match superbe ponctué d’un essai banderille planté au cœur d’une équipe n’ayant ce jour là que trois feuilles à son trèfle. Le beau Vincent, le troubadour de l’aile, retrouvait une place de « clerc » parmi les « notaires » ovales. IL fit mieux que d’assister ses « maîtres »,  il parapha lui-même au bas de l’acte,  emportant  du coup le fameux talent d’or !

Et que croyez-vous que fit ce garçon parti depuis quelques lustres conquérir les titres et les cœurs dans le club centenaire d’une ville rose ?

Il ne dit rien sur ses exploits du jour, préférant sans fausse modestie encenser le collectif en bleu et coq ! Mais surtout, oui surtout ! Il ne manqua pas l’occasion de saluer sa terre originelle, sa vallée « matricielle », sa ville de cœur et son patelin d’enfance….

Ce garçon brisa la coquille de son jeune talent devant les travées du vieux stade Lesdiguières à Grenoble. Toute l’enceinte s’en souvient, et lui se le rappelle… Comme il se rappelle ses balbutiements au Fontanil et à Saint-Égrève…

Décidément, ce garçon est un homme plein des qualités qui font les grands joueurs, mais surtout les hommes sages…

Recommence Vincent!

Refais-nous encore une paire de fois le coup du "torero" devant les cornes acérées des "buffles" de la Reine. Et cueille ensuite les lauriers d'une Webb Ellis qui te tend les bras...

Fais le ! tu le mérites…                        

07/10/2007

Une moitié de couleur...

Il y a décidément des soirs comme ça ou tout chavire,

Une équipe en moitié de bleu mais pas en demi de chauffe, l’autre avec le gris de son dos qui lui escalade le mental,

Des éléments tout à l’envers, une touche maladroite et des plaqueurs à la pelle toujours en bleu de labeur,

Des géants océans qui croient que tout arrive, imaginant  au bout de peu que l’ouvrage est accompli,

Et puis à coup de courage  la besogne façonne le vainqueur, l’habit  de corvée gagne en lumière,

Tandis que le  rimmel gris des artistes trébuche des joues, déteint sur les cœurs, et  décolore peu à peu la belle ferveur du haka initial,

Le bleu rafle le stade, l’azur renverse les tribunes, le noir délavé des paletots tourne au grisâtre... Les blacks ne portent pas leur propre deuil…  

05/10/2007

Parole de capitaine...

Il y a 3 choses qui ne servent à rien dans la vie :
les couilles du pape, les seins d'une nonne et aller parler a l'arbitre après un match

(Jean Pierre Rives)

Pour les deux premières, on est sûr de rien...En revanche il n'y a aucun doute pour la troisième!

Parfois les vérités sont un peu triviales...Mais pleines de bon sens!

Jean-Pierre Rives quel grand capitaine!

04/10/2007

Ovale bancal

J’aime les choses bancales

Les jouets cassés

Les hommes  abîmés

Les mêlées branlantes

J’aime les choses bancales

Les jardins en fouillis

Les lits dévastés

Les vestiaires en guenilles

J’aime les choses bancales

Les gueules brisées

Les sourires fêlés

Les scores fragiles

J’aime les choses bancales

Les ciels hésitants

Les cœurs  froissés

Les tribunes en vrilles

J’aime les choses bancales

Les filles perdues

Les amours déçus 

Les botteurs en déprime

J’aime les choses bancales

Les victoires arrachées

Les bières éventées

Les chansons en prime

Et aussi, les ballons….. Qui ne tiennent pas debout !

 

Voilà, j'avais offert ces mots à Mezetulle après la lecture de  sa rencontre avec C.Dominici. Je les publie ici pour que éventuellement ils fassent tenir debout les espoirs d'une équipe qui ne sait plus si sa couleur vitale est le bleu de la nuit ou le blanc de l'aurore...

03/10/2007

Les liaisons dangereuses !

  La mêlée au rugby est une histoire d’attaches.

 Une chose affective et mouvante faite de liens, d’amarres, d’entraves et d’accroches…Un animal sans cesse ranimé, réinventé par des hommes ayant le pouvoir fantastique d’enfanter l’animal…

 

 

Pour la mêlée, les liaisons  sont toujours vitales mais jamais dangereuses. Au contraire de la duchesse De Merteuil et du Vicomte de Valmont  multipliant à l’envie les liaisons hasardeuses, se nourrissant  de succès fugaces et sans importance. Les liaisons de la mêlée, elles, doivent être solides,  fidèles, sûres, et simplement tournées vers l’unique conquête faisant battre les huit cœurs qui l’animent…La gonfle !

Et oui ! cette étrange bestiole ovipare ne sort pas son oeuf de ses propres entrailles,  il faut qu’elle arrache aux viscères de sa congénère le seul ovocyte qui traîne sur le territoire…

 

 

Les combats de procréation sont toujours acharnés, souvent même féroces, voire démontés et fumeux. La délivrance peut-être difficile…sanglante…Mais les forceps parfois à portée de mains, les accoucheurs d’arrière garde finissent toujours par faire de chaque nouveau-né un élan d’espoir…

 

 

Mêlées ou démêlées, liées ou déliées tout cela fabrique de belles histoires d’hommes à la fin…

 

 

C’est vrai ! l’histoire commence toujours devant…La mêlée française aura-t-elle des liaisons assez « dangereuses » pour faire plier la "sombre armada" des lointains océans…Alors dans ce cas,  ce pourrait-être le début d’une magnifique légende…                       

02/10/2007

Une option: La dépression...

Oui, je vous le dis sans le moindre tressaillement ou la plus petite once de honte, je souhaite et j’espère  l’équipe de France au fond du trou !

 

Pas simplement une  fugace crise de doute et de remise en question quelquefois salutaire…NON !

Ce que je veux pour ces joueurs, c’est le gouffre sans fond, la déprime abyssal-Le précipice vertigineux de la dépression nerveuse-« Le border ligne » du suicide-Un contrat pour « mannequinât  prozacal »

 

Oui je veux tout ça et toute la semaine ! Je les désire bien tristes et morfondus. Je les souhaite avec les chaussettes remplies de leur plus beau moral. Leur admirable tempérament envahi du vilain cafard.  Et cela jusqu’à samedi aux environs de 23 heures…Et là j’en suis sûr, une fois que cette équipe habillée de bleu  au corps et à l’âme aura bien broyé du « Noir »…

 

Juste après, ça ira beaucoup mieux !

 

PS 1 : Pour tous ceux en état de fragilité mentale et affective…Je consulte tous les jours sur rendez-vous.

PS 2 : Manque de bol les blacks vont jouer en gris !     

 

01/10/2007

Passe croisée…

 La passe pour les alcôves, trottoirs humides ou autre bois sombre parisien est très souvent payante…Au rugby bien que tout aussi intéressée, la passe est toujours offerte !

 

La passe ovale est un don, une offrande de soi même. Une obole répétée dans la quête dominicale des jubilations sportives…D’ailleurs sur le pré la passe est changeante. Elle peut-être tour à tour, dans l’axe, à hauteur en profondeur, voire vrillée ou même…sautée, ce qui nous amène par inadvertance à croiser notre passe avec la susdite initiale et payante…

 

Du reste au rugby, la passe n’est pas éjaculatoire, ce n’est pas un but, une fin. Elle est tout simplement la continuité d’une action, d’un mouvement, le prolongement de soi-même…Seule la transmission est importante, qu’importent les sacrifices, quels que soient les tourments, la Passe doit ricocher, rebondir et continuer jusqu’à atteindre le lieu divin et espéré de l’entre pagelles…

 

Comme quoi l’écart n’est pas si grand entre la passe sportive  vertueuse et celle moins athlétique et glorieuse dispensée dans des « stades » aux tribunes moins garnies…

 

Pour la coupe du monde, quelques souteneurs cathodiques se sont emparés des charmes rebondissant  de notre Ovalie. Faisant passer sans vergogne nos passes désintéressées sous les tristes lampions des maisons télévisuelles et closes…Hôtels blafards décorés de bouquets tristes et nauséabonds, comptant sur la beauté juvénile de nos passes alertes pour attirer vers eux les clients tourmentés que nous sommes…

 

Mon amour pour la passe y résistera-t-il  ?

Bataille navale…

Parfois le marin est belliqueux, la conquête meurtrière,

Le champ de bataille houleux, l’écume des tribunes irisée de sang et de sirènes,

L’engagement est total, les équipages armés, les sabres des plaqueurs dégainent,

Les manœuvres sont intrépides, les salves tueuses, les mêlées sont en prière,

L’arrière oriflamme hardi résiste sans broncher sous les chandelles des boulets.

Les mâts des touches vers le ciel tendus sans cesse cisaillés,

Les ponts de chaque navire tour à tour conquis et puis rendus,

L’assaut vainqueur cent fois espéré, mille fois recommencé,

Et puis de guerre lasse dans un dernier effort,

Les grappins d’abordage sont lancés au bastingage de l’en-but,

La victoire a choisi son camp, les pirates vainqueurs exultent,

Ici pas de butins, pas de prisonniers, seuls les points et les bières suffisent,

La mer se calme, le roulis des gradins s’apaise, la marée se retire,

Le soir au fond des bouges, aux creux des reins, au bord des gorges,

Des matelots étourdis, racontent à des filles intrépides, une bataille jamais finie….