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25/10/2007

Grande lessive à Mirabel!

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 Voilà aujourd'hui je viens vous raconter une petite histoire de tournée...Une de ces aventures vécues qui maçonnent les amitiés de stade. Pourquoi celle-ci? Tout simplement parce que le nouvel entraîneur des -21 français, P. Agostini faisait partie de cette horde. D'ailleurs le "Peck" mon acolyte de cette fable n'est autre que son frangin...Les belles vertus seraient-elles de retour dans les hautes sphères? 

Tout avait commencé autour d’un barbecue, un soir d’entraînement au mois d’août, après avoir suer sang et eau pour affûter nos corps d’athlètes toujours fédéralistes, nous dégustions nos sempiternelles saucisses tout en devisant sur ce que serait la saison à venir…

Quatre godiveaux et quelques bières plus tard, nous en étions à évoquer la destination de la tournée qui parachèverait sans aucun doute, une saison magnifique !

Chacun y allait de son point de chute fantaisiste :

Les pilars, talonneurs et autres secondes barres ne voyaient qu’une seule direction possible, le sud Ouest ! Le championnat de France de cassoulet, et l’élection de miss Andouillette attiraient mes lascars comme le miel les mouches….

Il y avait aussi les amoureux des « rosbifs » Ceux qui ne peuvent pas imaginer se rendre ailleurs que sur la terre de notre père fondateur le regretté William Webb Ellis. Je les soupçonne quand même d’apprécier plus l’ambiance des pubs et le décolleté des petites anglaises, que les minutes de recueillement sur la tombe de l’ancêtre…

La troisième catégorie était la plus vicelarde. C’est celle des gus qui se foutent un peu du côté ovale de la chose…Pour eux, le seul critère d’importance, c’est le rapprochement « culturel »  Les échanges profonds et renouvelés sont la base incontournable du choix de leur destination ! Leur pays préféré s’appelle « Le Club Méd », pourvu qu’ils puissent chanter « Da da dirla da da » sur une piste de danse amoureuse et enfiévrée, le voyage est réussi….

Puis tu as les gonzes qui réfléchissent, les doués du bulbe, les intellos des vestiaires, les organisateurs des lancements de jeu et autres sauteries affectives.

J’ai nommé : « La charnière ! »

Cette année là, mon compère à « l’articulation huilée » s’appelait le Peck ! Le roi de la guitare et du sourire enjôleur vrillé en direction des filles. Doué pour tout ! Sauf pour le placage !

Moi j’aimais ça, nous étions fait pour nous entendre…

Devant la connerie ambiante, et certainement grisés par la franche rigolade qui animait ce grand débat « villégitural », nous lançâmes l’idée saugrenue d’emmener tout ce petit monde voir si  le phoque de « Beau dommage » s’emmerdait toujours sur la glace…. (Voir et surtout écouter la complainte du phoque) tellement le délire fut grand, nous créâmes ce soir là, une organisation qui allait devenir internationale, la ZRTO  ( Zaz Rugby Team Organisation) dont le but plus que louable était(est) de :

« Colporter et répandre à travers le monde, l’univers et les galaxies les valeurs essentielles du rugby »(véridique ! les statuts sont déposés à la préfecture)

Neufs mois plus tard, 25 escogriffes embarquaient à Orly, direction Montréal !

Le voyage fut sans problème, sauf pour les hôtesses ! Nous eûmes droit d’abord à un gros sermon de la chef de cabine, celle-ci nous demandant expressément de ne plus embêter ses monitrices. Puis comme nous avions organisé une mêlée spontanée sur la travée centrale, c’est le co-pilote qui est venu nous demander si nous voulions découvrir les charmes de la police montée canadienne à la descente de l’avion….

Si c’était aujourd’hui, je crois bien que nous aurions droit à un accueil plus que musclé, et un retour immédiat dans nos foyers…

Une fois le zingue posé sous les applaudissements traditionnels, le contrôle à l’accent folklorique des douaniers québécois nous attendait de pied ferme !

Les passagers nombreux, et les vérifications tatillonnes de nos lointains cousins uniformisés, étirèrent les longues minutes d’attente.

  Enfin mon tour arriva ! 

« Bonjourrr ! motif’ de vot’ visit’ chez nous ôtres »(à lire avec l’accent)

  Il me fallut un certain temps pour comprendre ce qu’il voulait. 

« Ben…. Heu …J’suis venu jouer au rugby ! »

  « « Rubi ! » Qu’est ce donc cet’ chose là » ?

Putain ! Voilà maintenant qu’il fallait que je lui explique dans les grandes longueurs la pratique ovale.

  « Ben…. C’est un sport ! Un peu comme le foot américain…Ca  se joue avec un ballon ovale…Deux équipes de quinze joueurs…Sur un terrain à peu près identique à celui des ricains… Mais c’est vachement mieux ! » 

« Ah oui ! Vraiment ! Mais vous jouez sur un terrain en herbe alors ? »

  Là, il commençait à me les briser le cerbère à la mode caribou. J’avais presque envie de lui répondre qu’il se fourvoyait, que nous autres rugbymen, nous fourbissions nos armes sur de splendides tatamis, voire dans des bacs à sable…Mais la raison l’emporta. 

« Tout à fait ! Comme vous êtes perspicace, nos aires de jeu sont recouvertes en général de vertes pelouses. Sauf en hiver !  Il nous arrive quelquefois de jouer dans un champ de boue »

  « Vous possédez donc des souliers spéciaux. Vous pouvez me faire voir  ces ustensiles ? » 

Merde ! Je rêvais, mes crampons maintenant ! j’extirpai du fond de mon énorme sac une poche pastique plus que douteuse, contenant mes fameuses chaussures à l’allure non moins douteuse…

  « On peut pas dire qu’elles soient ben nettes, vous autres les Français vous avez un drôle de sens de la propreté, mais bon…Vous pouvez passer ! » 

Il fallait que je sois venu au Canada pour prendre une leçon d’hygiène… je ne comprenais pas vraiment pourquoi il en voulait comme cela à mes pompes ! Mais bon, j’étais passé, et c’était bien là l’essentiel.

Trois minutes plus tard, j’avais retrouvé mon complice  Peck. La musique des haut-parleurs de l’aéroport Mirabel se fit entendre.

« Ding Dong !!! Les membres de l’équipe de rugby en provenance de France sont tous priés de se rassembler vers les locaux sur la droite des postes de contrôle » 

Tout ça dit par une voix à l’érotisme sauvage. J’avais l’impression qu’une jolie canadienne venait de me susurrer à l’oreille :

« Les jeunes et beaux garçons de l’équipe de « France » de rugby sont priés de nous rejoindre immédiatement, mes copines et moi, on ne tient plus… »

  Peck et moi, nous gonflâmes nos poitrines, la tête bien droite, et le regard clair nous avançâmes d’un pas décidé. C’est lorsque nous avons aperçu l’endroit indiqué que le doute s’insinua…. Une bande de képis nous attendait. 

« Messieurs, sortez vos chaussures de sport, et entrez dans cette pièce ! »

  Vu la tronche des sbires, on s’est exécuté. Un planton de service nous ouvrit la lourde.

Et là, qu’est ce que nous découvrîmes ? Toute notre smala devant de grands lavabos, une brosse à la main, frottant comme de bonnes petites ménagères leurs souliers crottés !

Si mes godillots n’étaient pas très nets, certains de mes camarades avaient eux embarqué un tombereau de boue sous laquelle on pouvait deviner deux malheureuses chaussures…

Il faut dire que la loi canadienne est très stricte. Il est absolument interdit d’introduire sur le territoire toutes matières végétales ou organiques ne provenant pas du continent Nord américain. Nos hôtes avaient une extrême trouille des germes pouvant provenir de la vieille Europe. Devant l’état calamiteux de l’équipement de certains de mes coéquipiers, les services sanitaires québécois n’avaient pas badiné !

Pour sortir de l’endroit, il fallait présenter « chaussures blanches », et pas intérêt de faire les malins…

Nous venions d’inventer le « terrorisme ovale » ! Nous étions morts de rire... Nos pérégrinations ne faisaient que commencer…

Le stade Olympique de Montréal(enfin l’annexe) nous attendait, les plaines d’Abraham(stade et endroit d’une bataille historique) et le Dagobert(immense boîte de nuit) de Québec aussi…

Et je vous raconterai peut-être un jour la descente de la rivière rouge… Descente du diable effectuée sur de gros raftings de dix places, au printemps dans une flotte à 5 degrés et au beau milieu des  rapides de l’enfer…. Un immense souvenir !                         

Commentaires

UN VRAI SOUVENIR!

Écrit par : rencontre erotique | 12/02/2008

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