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29/09/2007

La Belle et la Bête...

Quelle belle chose que la mêlée…

Cartésienne,

Méthodique,

Logique, 

Humaine,

Pour commencer.

Puis les bras se tricotent…

Les reins se tendent…

Les appuis s’ancrent…

Les deux bêtes s’amarrent…

Les deux hydres n’en font plus qu’un,

Et la bête respire,

Fume par  givre,

Glisse par boue,

Eructe toujours,

Chavire et s’éviscère  souvent,

 Et Parfois même…

 Explose !

Leurs « caravelles » sont belles…

 Voilà, maintenant je le sais !

 

Je sais pourquoi depuis deux semaines, attentif et sans en rater une miette, les yeux rivés à mon écran et le cul en mouvement permanent sur mon fauteuil, je guette  la moindre aspiration d’espace, le moindre placage manqué, tampon oblitéré, voire mêlée démontée ou passe offerte….

 

Oui, il m’a fallu tout ce temps pour réaliser et pour comprendre la fameuse alchimie qui me colle à ce jeu, qui me scotche les tripes au moindre haka ou à la plus petite larme qui dégringole sur la joue d’un pilier « quintalifère » au moment où la musique fait se lever le stade et s’époumoner ses frères. Quand je dis tout ce temps, je n’évoque pas par-là les quelques malheureuses journées de ce début de tournoi planétaire…Non ! Je veux parler des quarante années qui m’ont vu m’échiner sur le pré et par tous les temps. Quatre décennies pour réaliser que dans ce magnifique sport le manque d’enjeu ne tue pas l’émotion, que dans ces duels, dans ces rencontres, le cœur des acteurs et tout aussi important qu’un vulgaire tableau d’affichage…

 

Qu’elles sont belles ces petites équipes ! Qu’ils sont magnifiques ces plombiers talonneurs, ces ouvreurs apothicaires et ces trois quarts aile de prétoires…Qu’elles sont belles leurs valeurs, qu’elles sont admirables leurs émotions. Je me prosterne devant leur envie, leur hargne, leur volonté. Rien n’entame leur courage, pas même une volée de « flèches » plantée au fond de leur en-but. Même quand les jambes rendent grâce et se refusent aux ordres, les âmes et les têtes continuent encore et toujours…

 

Les plus beaux  parmi tous ces braves, ce sont les héroïques héritiers du fringuant Vasquo de Gama, découvrant les joutes mondiales avec la même hardiesse et la même bravoure que le firent leurs ancêtres prestigieux armés de leurs fragiles caravelles pour ouvrir la redoutable route des indes…

 

IL n’y a que le rugby et de tels jouteurs magnifiques pour enflammer un stade en dépit de la marque. Il suffit d’inonder le maillot, d’avoir un cœur gros à manger l’horizon, et une bannière à défendre pour que les tribunes bariolées embrassent la cause et enfantent des héros utopiques mais fiers…

 

Et dire que les tristes clowns en col blanc de la grande et inamovible International Rugby Board veulent nous arracher ce qui fait le sel et le sang de cette Webb Ellis. Ils désirent sans vergogne nous priver  de ces équipes intrépides, les renvoyer se faire pendre dans la cour de leurs écoles pour amateurs avertis…Et pourtant, je vous le dis, tous ces  « guerriers  bravaches », tous ces spadassins homériques sont la seule et unique garantie de l’esprit de ce jeu…